‹ Histoire du protestantisme et de la Ligue en BourgogneChapitre 88 sur 104 · II · texte numérisé non relu

II

■Relire de Charles IX au duc d'Aumale, gouverneur de Bourgogne, pour faire observer IVdil de paix. — *? avril 1501 (nouveau style.)

Mon couzin,

Je voy par tout mon royaulme le faict de la religion estre en telle combustion pour la diversité des opinions dont les peuples sont aujourd'huy divisés les ungs des autres, et tous si oppiniatrés, qu'il y a danger que de là s'engendre telle aigreur et altercation entre eux, que finablement ils soient pour venir aux armes, comme en plusieurs lieux il s'est desjà veu... Dont aiant, avec la royne, Madame ma mère, mon oncle le Roy de Navarre, les premiers de mon sang et autres princes et seigneurs de mon conseil, longuement

consulté et cherché les moiens pour guérir ceste maladie et arrester son cours, il n'a esté trouvé un pluseur moien pour le présent, que de faire par tous les gouvernemens de mon royaulme, bien soigneusement garder et entretenir les ordonnances qui ont esté faictes par moy, depuis mon advènement à la couronne, tendantes à l'union et repos les ungs des autres : et où il subviendroit quelque sédition, ou élévation pour ce fait, avoir recours à l'édit de Romorantin fait par le feu roy, mon très-cher seigneur et frère...

Et pour ce que je vous prie, mon cousin, sur tout le service que me désirez jamais faire, faire en votre gouvernement publier et réitérer s'il est besoing, lesdites ordonnances, les bien et soigneusement observer par tous mes officiers, chacun en son regard, tenant la main que le premier qui fera sédition, assemblée illicite, et pour quelque occasion que ce soit, esmouvera le peuple à prendre les armes et faire quelque mutinerie et élévation, de quelque religion qu'il soit, que la pugnition promptement en soit faicte sans renvoyer devers nous, si exemplaire, qu'elle serve à contenir les mutins et préserver les gens de bien de l'injure et violence des meschans. Ayans, pour vous donner plus de moien d'exécuter ceste mon intention, commandé et enjoinct bien expressément à Tavanes, bailly et seneschaux, de aller résider en leurs charges, et là tenir la main à l'observation de mesdites ordonnances...

{Archives de la Côted'Or et de V ancienne Bourgogne, délibérations des États. — Registre A. 3.)

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