‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 186 sur 199 · NOMBRE DES ENSEIGNEMENTS ET DESCHAIRES .TRAITEMENT DES PROF · texte numérisé non relu

NOMBRE DES ENSEIGNEMENTS ET DESCHAIRES .TRAITEMENT DES PROF

alloué à chaque professeur. Les professeurs dispersés, entre autres le savant Bressieu, maître de de Thou et de Lamoignou, ne tardèrent pas à se réunir et à reprendre leurs fonctions, et le haut enseignement se trouva ainsi rétabli. A partir de l'an 1002, leur traitement, dont ils s'étaient vus souvent privés pendant le cours des troubles, fut payé avec la plus grande régularité. Le roi accueillit avec intérêt les réclamations qu'ils lui adressèrent à cet égard, et dans l'audience qu'il leur accorda, il leur prodigua les témoignages de l'estime et de la bienveillance. « J'ayme mieux, dit- il, qu'on diminue de ma despense, » et qu'on m'oste de ma table pour en payer mes lecteurs, >) je veux les contenter, M. de Rosny les payera..» Dès le lendemain, ses intentions furent remplies et ses ordres ponctuellement exécutés. Il ne s'en tint pas là : quelque temps après il augmenta leurs appointements du tiers, et les porta de 600 livres à 900 livres d'alors, environ 3,240 francs d'aujourd'hui '.

' Les LeUres-patenles données par le roi le 26 juillet 159^, el le Rôle des lecteurs et professeurs du roi dressé par l'archevêque de Bourges, se trouvent avec plusieurs autres actes mentionnés ci-après dans les archives du Collège de France. J'en dois la communication à l'amitié de mon aucien collègue, M. Sédillot, secrétaire du Collège. — G. Duval, l'un des professeurs royaux, expose une partie de ces mesures dans son ouvrage ayant pour titre : Le Collège royal de France. On observera que l'autonr écrit à la date de 1644. Il s'exprime ainsi àla page 14 : « Henri quatrième de très glorieuse mémoire, et à » bon droit surnommé le Grand, disoit un jour il y a quarante-deux » ans, ou environ (je le sçay de personnes dignes de foy et d'autho- )) rite qui estoieul prosentes) comme quelques lecteurs faisoient plainte » à Sa Majesté de ce qu'ils n'estoient payés de leurs gages : « J'ayme » mieux qu'on diminue de ma despeuse, etc. » Ainsi Duval fixe à l'an 1602 la réforme finaucière par suite de laquelle les professeurs royaux furent désormais payés exactement. — J. Grangier. autre professeur royal, témoigne et du nombre des chaires remplies sous Henri IV, et de l'augmentation faite par ce prince au traitement des professeurs royaux, dans son écrit intitulé : Libellus supp/ex; Paris, 1624, in-4''. Page 7 il dit : « Singulos professores qui tùm forte très suprà decem

778 L. vil. en. VIII. RECRCTF.MENT DES HOMMES LES PLL'S HABILES

Dans le temps même où il rétablissait matériellement l'institution par cette série de mesures administratives et linanoières, il s'appliquait à lui rendre la vie morale en donnant au corps des professeurs un personnel éminent par la science, et en comblant sous ce rapport les vides, qu'après les saturnales des guerres civiles, les circonstances contraires y faisaient maintenant : en 1597, Pa.sserat, frappé d'apoplexie, était écarté de sa chaire ; Monantheuil et quelques autres annonçaient quïls étaient épuisés par l'âge et les travaux. Pour les remplacer dignement, et pour augmenter encore le nombre df^s maîtres excellents, Henri, à la fin de 1598, appela des diverses provinces à Paris les hommes les plus in.struits et les plus habiles dans l'enseignement ' . A leur tête était l'illustre Casaubon, qu'il tira de Montpellier pour lui donner une chaire royale de grec et de belles-lettres, avec l'idée de ramener à Paris et dans toute la France le goût et la culture de la grande érudition. A la date du 3 jan-

» erant, centenis aureis (qui vulgô scutati nunc vocantur) annuis ho- » noratiores esse princeps augustissimus voluil, jussit : ut cùm ad sti- » pendium sexcentùm franciscorum quos vocant, nova erogatio ac- )) cesslsset, nongentis quisque libellis mereret. o L'exposé de quelquesunes de ces mesures fait par Goujet, dans son Mémoire historique et littéraire sur le Collège royal de France, tome I, pages 180, 182, nous paraît rempli d'obscurités ou d'erreurs. L'auteur dit, ou donne à entendre, que la réforme par suite de laquelle les professeurs furent payés exactement date de l'année 1594, et que Sully était alors surintendant des finances. Sully n'entra au conseil des finances qu'à la fin de 1596, il ne devint surintendant qu'eu 1599, et la réforme relative au traitement des professeurs royaux n'eut lieu, comme on vient de le voir, qu'en 1602. Il nous semble que dans plusieurs passages de l'ouvrage de Goujet, la sûreté de l'érudition n'égale pas son étendue, et que l'exactitude laisse à désirer.

' Lettre du roi à Rosny du 9 octobre 1598. « Je suis bien ayse que " vous ayez pourveu à ce que M. de Casaubon aye de quoi amener » sa famille à Paris ; quant à pour sa pension, j'y adviserai, lorsque » vous serez près de moy. » (CEcon. roy., ch. 83, t. I, p. 287 B. — Lettres miss., t. V, p. 47).

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