LIV. 1. CH. HI. FORCES RASSEMBLÉES PAR LE DUC DE MAYENNE
vers son camp lescorps détachés en Champagne et en Picardie. En attendant ces renforts, 1l employa toutes les res sources qu'ilavait sous la main. Dans les nombreux engagements quieurent lieu, il mit sans cesse en œuvre la milice bourgeoise de Dieppe : il grossit les rangs de son infanterie et de sa cavalerie des gens de cette population valeureuse, où quiconque pouvait porter un mousquet était devenu soldat. Des secours d'argent ne lui étaient pas moins nécessaires que des secours d'hommes, et 1l les trouva dans le dévouement des Dieppois. Ayant exposé son extrème nécessité à leurs magistrats municipaux, il recut d'eux cinquante mille livres pour la solde, pendant quelque temps, de ses stipendiés nationaux et étrangers : ces fonds, déposés sur-le-champ dans sa caisse, furent portés au camp d’Arques, où il put faire la montre à ses troupes !.
Toute cette conduite de Henri offre un merveilleux mélange d’audace et de prudence, de hardiesse généreuse et de calcul. L'intrépidité cependant y dominait, si nons nous en rapportons à l’impression de ses compagnons d'armes et de péril. « Le roy, dit d’Angoulesme, se voyant approcher d’une force inégale à la sienne, par une résolution invincible de se perdre à la teste de sa petite armée on d’emporter la victoire, ayant confiance au droit légitime de sa deffense, soutenue par la puissance divine, et par la générosité qui accompagnoit sa personne, attendit de pied ferme tout ce que l'issue d’un combat pouvoit en décider *. » -
1 Lettres du roi, des 19 et 23 août, aux ministres et à la reine
d'Angleterre, dans les Lettres missiv., t. 111, p. 25-27. — Discours au vrai, p. 12, 13. — Manuscrit n. 1, p. 32, 35. Le manuscrit ajoute que
comme gage de la dette sacrée qu'il avait contractée envers les Dieppois, le roi leur assigna « des rentes racquittables au denier dix, à » prendre sur les deniers du domaine et des tailles de l'élection d’Ar- » ques. » — Mém. chron., t. I, p. 267, 268.
? D’Angoulesme, Mém., t. x1,p. 74 B.