‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 177 sur 636 · LIV. I. CH. IV. CONDUITE DU PARLEMENT DE GRENOBLE · texte numérisé non relu

LIV. I. CH. IV. CONDUITE DU PARLEMENT DE GRENOBLE

Ligue, le Parlement de Grenoble sut au moins conserver les sentiments francais, et défendre l’indépendance du territoire. Les troubles du royaume avaient déjà livré le marquisat de Saluces au duc de Savoie, sous le règne de Henri III. Le duc espérait que la continuation de ces troubles, sous le règne de Henri IV, lui fournirait les moyens de se saisir du Dauphiné et de la Provence, et de reconstituer à son profit, par le démembrement de la France, l’ancien royaume d'Arles, dans le cas où le corps de la monarchie lui échapperait et passerait sous la lot, soit de son beau-père Philippe IF, soit des princes de la maison de Guise. Ses agents se présentèrent donc au Parlement de Grenoble, et pressèrent cette compagnie de reconnaître la souveraineté de leur maître. Ils alléguaient pour la décider les plus spécieuses raisons. Tous les princes de la maison de Bourbon ayant été déclarés inhabiles à régner, comme hérétiques ou fauteurs d’hérésie, évidemment le trône était vacant. Le Parlement ne devait-1l pas y faire monter le duc de Savoie, petit-fils de François [°* par sa mère, descendant des anciens rois de France? Le duc mettrait fin aux troubles, aux guerres civiles, et donnerait au Dauphiné la paix et la prospérité dont 1l était privé depuis si longtemps. Avec ses propres forces et avec celles du roi catholique son beau-père, il assurerait la religion dans la province. Il ne voulait donc devenir leur souverain que pour assurer leur bonheur en ce monde et leur salut dans l’autre. Mais, tandis que les arguments religieux hypocrites et les motifs politiques FARRGE he assaut à la conscience et à la raison des magistrats, le sentiment de la nationalité les fortifiait et les retenait. [ls répondirent « que la requête du due » étoit importante à tout le royaume de France; que la » décision, en pareille matière, appartenoit à une assem- » blée des trois Estats, dont le Parlement suivroit les

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