‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 309 sur 636 · VAIN PROJET D'UNE CHAMBRE ARDENTE ET D'UN NOUVEAU PARLEM · texte numérisé non relu

VAIN PROJET D'UNE CHAMBRE ARDENTE ET D'UN NOUVEAU PARLEM

geoisie et au Parlement, n’était pas un héros, il le montra en toute circonstance, et particulièrement dans celle-ci. Il repoussa la proposition que lui faisait Daubray de se mettre à la tête de la portion de la garde bourgeoise sur laquelle on pouvait compter et d'appeler le reste aux armes : 1l se refusa aux mesures décidées et vigoureuses, et ajourna la répression des Seize, au moment où Mayenne, qu'il appelait par d’incessants messages, arriverait avec des troupes !. Les Seize ne trouvaient donc devant eux aucune force publique pour les combattre, tandis qu’euxmêmes disposaient de la garnison de la Bastiile, dont Bussy était le gouverneur, et de la troupe des factieux qui leur avait prêté son aide. Ils devaient donc, pendant quelques jours, donner un libre cours à leurs desseins. Le 18, ils présentèrent au conseil d'Etat de Mayenne le projet d’une chambre ardente, présidée par Cromé, laquelle devait juger et condamner les hérétiques et leurs adhérents, les traîtres et conspirateurs contre la religion, l'Etat et la ville. Il n’y avait personne qui ne püt être compris dans l’une de ces catégories et qui füt sûr de sauver sa tête : c’était l'établissement d’un tribunal révolutionnaire. Le conseil d'Etat refusa de sanctionner cette proscription, et 1l fallut que les Seize l’ajournassent. Le 20, ils composèrent un nouveau Parlement en prenant quarante membres parmi les soixante-quinze restants, en portant leurs choix sur ceux qu'ils pensaient trouver les plus dociles à la crainte et à leurs projets. Ils

1 Registre-journ. de Lestoile, p. 68 A. « Ce jour (17 novembre), le » colonel Daubray alla trouver M. de Belin, auquel il s’offrist et qua- » tre cens hommes avec luy; l’asseurant encores de huit capitaines » qui en avoient autant et ne manqueroient à leur devoir. Mais ledit » Belin, encores qu’il eust esté bravé et désarmé par les Seize, et qu'il » n'ignorast leurs factions et entreprises de sang, prestes à exécuter, » si On n'y pourvoyoit, fit réponse à M. Daubray : Qu'il estoit d'advis » que qui auroit du bois s’allast chauffer. »

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