‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 426 sur 636 · MAYENNE PROPOSE UN PRINCE FRANCAIS ET L'INFANTE · texte numérisé non relu

MAYENNE PROPOSE UN PRINCE FRANCAIS ET L'INFANTE

intolérables souffrances, et qui pouvait devenir une cause finale de son asservissement. Le 20 Juin, Mayenne porta aux Chambres un projet de réponse aux Espagnols, contenant deux parties distinctes. La première exprimait le refus voté la veille par les états de La royauté de l’archiduc Ernest et de l’Infante. La seconde renfermait le passage suivant :

« S'il plaisait à Sa Majesté catholique avoir pour agréable le choix qui sera fait de l'un de nos princes pour étre roi, etl’honorer de tant, pour le bien de la chrétienté et de ce royaume, que de lui donner en mariage la sérénissime [nfante sa fille, nous lui aurons infinies obligations, et pourrons espérer par ce remède, moyennant la grâce de Dieu, de mettre quelque jour fin à nos misères, avec la conservation de la religion et de l'État 1, »

La proposition de Mayenne fut acceptée sans difficulté par la Chambre du clergé et par celle de la noblesse. Dans la Chambre du Tiers, elle excita de vives réclamations de la part de quelques bons citoyens qui siégeaient dans cette Chambre. Thielement, secrétaire de la Chambre, et Du Vair, conseiller au Parlement, distinguèrent la proposition relative à la royauté d’Ernest et de l’Infante, déjà étouffée sous la réprobation universelle, de la proposition toute nouvelle concernant l'élection d’un roi, lesquelles avaient été adroïitement mêlées et confondues. Ils remontrèrent énergiquement que l'élection, en rompant tous les projets et toutes les tentatives d'accord avec le parti royal, entrainerait la France dans un abime de malheurs, et la réduirait à un épuisement qui la livrerait selon toute apparence à l'étranger ; que les députés de l'Ile-de-France n’avaient ni cahier ni pouvoirs pour consentir une pareille résolution; qu'avant de la prendre, ils devaient consulter Le corps de la ville de Paris. Du Varr

1 Nous conservons les propres paroles, mais non l'orthographe du texte.

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