CONSÉQUENCES POUR MAYENNE ET POUR LE PAYS
pour l'indépendance du royaume, parce que Philippe I se trouvait immiscé à toutes les affaires de l’État, et en cas de mort du roi, en position de réclamer la totalité de la royauté. Mayenne n’était pas appelé au trône, puisqu'il était marié; mais il entendait y porter son fils, et garder pour lui l’immense pouvoir de la lieutenancegénérale !. Tel était l’état précis des affaires après le vote mémorable du 20 juin. L’anarchie, la guerre civile entre la Ligue et le parti du roi toujours debout, continuaient, et recevaient même un nouvel aliment par l'élection d’un compétiteur de Henri; l'étranger restait menaçant, l’avenir était gros de périls. Mais actuellement, présentement, Mayenne fermait l'accès du trône à l’Infante seule, et l’ouvrait à son propre fils : fidèle à ses précédents, il était satisfait et s’applaudissait du succès de sa politique tortueuse.
Du 20 au 26 juin, le lieutenant-général et les ministres de Philippe IT luttèrent avec acharnement, le premier pour garder la position qu’il venait d'enlever, les seconds pour l’en chasser. Les agents espagnols crurent pouvoir ressaisir l’avantage, en substituant à l’ambition franche et insolente qui leur avait mal réussi, la corruption et la ruse. Ils résolurent donc d’acheter les députés et de tromper les États et Mayenne, par un traité qui en apparence appellerait au partage de la souveraineté un prince francais, en comprenant les Guises parmi les princes, mais qui effectivement, et en dernier résultat, livrerait le royaume à Philippe seul.
Dès le 21 juin, ils adressèrent aux Chambres réunies
a si bien partage de la souveraineté pour l’Infante, que le 28 juin, la
Chambre de la noblesse, qui a été éclairée sur son propre vote, vient
lui déclarer que beaucoup d’entre eux ne veulent consentir à faire
eslection de femme, et que l'arrêt du Parlement parle de l’establisse-
ment de prince ou princesse estrangers au détriment de la loi Salique. 1 Lestoile, Supplément, p. 154 B.