‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 469 sur 636 · PREMIÈRE DISCUSSION SUR LE CALVINISME ET LE CATHOLICISME · texte numérisé non relu

PREMIÈRE DISCUSSION SUR LE CALVINISME ET LE CATHOLICISME

béissance du roi, et ne perdissent le parti français. Le clergé, réuni d’abord à Mantes, ensuite à Saint-Denis, donna au roi les moyens de se réconcilier avec l'Eglise, moyens que lui refusait, par l'entremise de son légat, un autre pape circonvenu par le roi catholique. et par la Ligue. Ce ne fut pas seulement contre l'effort des Espagnols et de Mayenne, employant comme arme l'autorité du Saint-Siége, mais aussi contre la dernière attaque du Tiers-parti, que les prélats prêtèrent main forte à Henri et à la cause nationale. Leurs sages et courageuses résolutions amenèrent ainsi la soumission au roi de la masse de ses sujets, la réunion des partis au moment où elle était une condition de salut pour le pays : le pays leur doit une éternelle reconnaissance.

Le 15 juillet, les conférences entamées pour la conversion du roi à la fin du siége de Rouen, se rouvrirent à Mantes, en présence de ceux des prélats et dôcteurs qui étaient arrivés dans cette ville. Henri leur proposa divers points de doctrine sur lesquels 11 désirait être éclaire, et demanda particulièrement d’être édifié sur la vérité de l'Eglise. Le débat théologique, engagé par les ministres Morlas et Rottan, et par un autre dont le nom n’a pas été conservé, fut soutenu par les prélats catholiques, et notamment par Du Perron, nommé à l’évèché d'Evreux, dont les contemporains témoignent que l’érudition était monstrueuse, l’éloquence facile, la parole agréable. Les ministres eurent le dessous dans la lutte : en outre, le troisième, sur les concessions et la profession du catholicisme à faire par le roi, fournit pour texte favorable la réponse du prophète Elisée au général du roi de Syrie Naaman. La défaite de ses ministres inspira au roi des doutes légitimes sur la vérité de sa croyance, sur la nécessité morale qui lui était imposée de rester dans sa communion, et trois des principaux seigneurs calvinistes

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