CHAPITRE IE
Le parti royal et la Ligue depuis l'expiration de la trêve jusqu’à la réduction de Paris (1er janvier-22 mars 1394).
Au moment de la reprise des hostilités entre le parti royal et la Ligue, Henri et les peuples de la Ligue française se conduisent par deux grandes et patriotiques idées, — Etat de la Provence, Aix, le Parlement d’Aix et une partie de la Provence se soumettent au roi (5 janvier 1594). Prérogatives et action politique du Parlement d'Aix : expulsion de l'archevêque d'Aix Génébrard, qui s’efforce de soutenir la Ligue,— Nouveau soulèvement de Lyon. Les habitants, vainqueurs des ligueurs, reconnaissent et proclament l'autorité du roi, malgré les efforts de d’Espinae, leur archevêque et leur nouveau gouverneur (5-8 février 4594). Désintéressement et modération des Lyonnais dans cette révolution, leur prudence après. Lettres adressées par le roi aux Lyonnais : édit donné par lui en leur faveur, — La conduite de la bourgeoisie de Lyon trouve des imitateurs dans plusieurs autres villes de France, — Mobiles divers auxquels obéissent les gouverneurs de provinces et de villes appartenant à la Ligue française, dans la détermination qu’ils prennent de se ranger au parti du roi. — Traité de Villeroy pour lui et pour son fils d’Alincourt qui commande dans Pontoise : condi-. tions auxquelles ils mettent leur soumission (premiers jours de février). Traité de d’Etourmel pour les villes de Péronne, Roye, Montdidier., Epoque à laquelle ces deux traités doivent avoir leur exécution, — La Chastre ramène à l’ohéissance du roi Orléans, Bourges, et toute la partie de l’Orléanais et du Berty qui jusque là a obéi à la Ligue et à Mayenne (17 février 1594). — Le roi aide à la défection qui s’opère dans ce parti, en employant à la fois les moyens de ja force, et ceux de la conciliation et de la politique. Il flatte les préjugés et les exigences d’une partie des peuples de la Ligue en se faisant sacrer à Chartres (27 février). — Etat de Paris. La partie honnête du peuple, la bourgeoisie et le Parlement aspirent à se replacer sous l’obéissance de Henri. Energiques mesures prises par Mayenne pour entraver l'effet de ces dispositions, pour arrêter ce mouvement. Efforts simultanés de quelques seigneurs du parti du roi pour l'empêcher de se rendre maître de Paris, perpétuer l'anarchie, rétablir la puis* sance des grands. Conflit du Parlement et de la bourgeoisie avec Mayenne : interpellation du Parlement à Mayenne de reconnaitre l’autorité du roi, et arrêt de cette Cour : députation des bourgeois et des quarteniers, et sommations faites par eux aux échevins et au prévôt des marchands : insurrection menacçante (12 janvier-21 février). Danger que court Mayenne à rester dans Paris : il en sort et va se mettre à la tête des forces ligueuses qui se rassemblent autour de Soissons (6 mars). — Circonstances diverses qui favorisent l'insurrection de Paris. La révolution de la capitale est une prise d’armes de la bourgeoisie, aidée par un corps de troupes régulières. Mesures prises par le gouverneur Brissac et les chefs du parti politique pour lintroduction des troupes royales dans Paris. Forces rassemblées et habilement dirigées par Henri. Le roi est reçu dans Paris, Occupation des trois grandes parties de la ville par