SOUMISSION DE DIVERSES VILLES EN CHAMPAGNE ET EN PICARDIE
et avait établi son frère, le prince de Joinville, pour gouverneur particulier de Troyes, capitale de la province. Le duc d’Aumale avait le gouvernement de Picardie, qui comprenait alors plusieurs villes et pays annexés plus tard à l'Ile-de-France. Les princes lorrains essayèrent de lutter contre le torrent, mais le torrent les emporta : les échevins et les habitants des villes, partout où ils étaient maîtres chez eux, les gouverneurs particuliers, précipitèrent leur soumission.
À Troyes, en Champagne, les bourgeois se soulevèrent le 5 avril : comme leur ville était un grand mumicipe et n'avait pas de garnison, 1ls chassèrent sans peine, à la suite de cette émeute, leur gouverneur le prince de Joinville. Ils obtinrent le 30 avril un édit aux termes duquel ils conservaient leurs libertés communales, avec entière amnistie pour les excès et le massacre commis quatre ans auparavant dans leurs murs. Dans le même temps, on traita avec la ville de Sens et avec son gouverneur Belan, gentilhomme du pays. Quoique le roi, en confirmant les libertés municipales de cette ville, lui eüt accordé de n’avoir ni commandant, ni soldats en garnison, les bourgeois : aussi prudents, aussi sensés que ceux de Lyon, demandèrent eux-mêmes que tant que la guerre durerait, Belan commandât dans la ville. Au mois d'avril cinq villes de Picardie se donnèrent à Henri. Le 20, d'Estourmel, passant comme Villeroy et d'Alincourt à la reconnaissance formelle du roi, livra Péronne, Roye, Montdidier. Le lendemain, Abbeville qui est située à l'embouchure de la Somme, et qui tient pour ainsi dire Amiens dans ses fers, entra dans la voie de la soumission, la montra à plusieurs autres villes de la province, et dans une forte mesure la commanda à Amiens. Abbeville régie en commune, en possédait toute la liberté. Les habitants, à l’instigation de quelques royalistes zélés et du maire, s’assemblèrent