PROGRÈS DU PARTI ROYAL DANS LE POITOU ET LE MAINE
le Maine, Châteaugontier en Anjou, Sablé dans le Bas- Maine, avaient été conquis par l’Union. Laval était devenu le partage du duc de Mercœur, Châteaugontier et Sablé celui de Boisdauphin. En Bretagne, le parti de Mercœur, et bientôt après celui des Espagnols, avaient pris la supériorité sur celui du roi, mais sans pouvoir le détruire. Outre les calamités de la guerre civile, les excès du brigandage désolaient la province. Toute autorité forte et protectrice de l’ordre public étant détruite, des bandes de soldats, les unes appartenant au parti royal, les autres en plus grand nombre à la Ligue, exerçaient contre les habitants des campagnes et des villes ouvertes des exactions et des cruautés sans nom. C'était, près de Guingamp, le régiment de Lacroix, colonel royaliste. C'était à quatorze lieues de Guingamp, la troupe de Laplante, l’un des officiers de Beaumanoir de Fontenelle, laquelle s'était saisie d’un moulin et l’avait converti en citadelle. C’était enfin au fort de Corlay, Fontenelle luimême et ses trois cents soldats bien armés. Tous ces aventuriers avaient transformé leurs repaires en cavernes de voleurs et d’assassins, et commettaient impunément les crimes dont se souillèrent plus tard les chouans et les chauffeurs !. | L’évèque de Poitiers et le cordelier Porthaise qui exercaient un grand empire dans Poitiers, se laissèrent gaoner par le roi, et concertant leurs efforts avec Sainte- Marthe, l’un de ses zélés serviteurs, ils amenèrent les habitants à reconnaitre son autorité au mois de Juillet. Comme la ville était grande, comme les bourgeois nombreux et aguerris avaient toujours été maitres des garnisons, rien du côté de la Ligue et du gouverneur d’'Elbeuf ne put entraver leur résolution. Par l’édit donné en leur faveur, ils conservèrent en entier leurs libertés munici-
1 Thuanus, |. cxr, $ 10, t. V, p. 434-436.