‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 576 sur 636 · LIV. IV. CH. IV. AFFAIBLISSEMENT DE LA LIGUE ET DE L'ESPAGNOL · texte numérisé non relu

LIV. IV. CH. IV. AFFAIBLISSEMENT DE LA LIGUE ET DE L'ESPAGNOL

surprises et les attaques, n’arriva pas à temps. De Rieux de Sourdéac, gouverneur de Brest, après avoir fourni à l’armée royale toutes les poudres et provisions dont elle avait besoin pour le siége. lui amena au moment décisif un renfort de troupes qui permit d’emporter le fort, au milieu des exploits rivaux des Français et des Anglais. D’Aumont continuant à lier l’extirpation du brigandage à celle de la révolte et de l'invasion étrangère, envoya Montmartin, avec un corps de troupes, attaquer le fort de Corlay occupé par Fontenelle. Vainement Fontenelle, qui pactisait avec l'Espagnol, l’appela à son secours ; 1l fut contraint de mettre bas les armes avec ses soldats : le pays fut délivré de ces rapaces et sanguinaires ennemis domestiques, et Philippe Il perdit en mème temps l’un des soutiens de sa cause. Après ces revers, le parti de la Ligue, du duc de Mercœur, de l'étranger, auquel on avait enlevé soixantes lieues de côtes, déclina dans cette province d'une manière sensible !.

En mème temps le Tiers-parti, qui avait longtemps armé contre Henri les princes de sa propre famille, les seigneurs. appartenant à la faction des catholiques ardents, les seigneurs cherchant à rétablir laristocratie féodale, le Tiers-parti qui lui avait fait une guerre presque aussi dangereuse que la Ligue, perdait ses deux chefs et périssait avec eux. Le Jeune cardinal de Bourbon succomba au chagrin d’une ambition déçue et à la maladie, le 28 Juillet, et François d’'O mourut de débauche le 28 occtobre 1594 ?. Aïnsi toutes les factions tombaient à la fois devant Henri.

Plusieurs membres de la famille de Guise, au milieu de l'isolement où ils commencaient à se trouver, crai-

1 Thuanus, 1. cx1, $&$ 10-19, p. 433-439. — P. Cayet, L. vr, p. 612, 613. 2? Thuanus, 1. cx, 8 44, et 1. cxI, S 9, t. v, p. 419 et 433. — Lestoile, p. 248, 249. — P. Cayet, L. vi, p. 608.

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