‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 633 sur 636 · VE · texte numérisé non relu

VE

Note sur la date et la durée des engagements qui eurent lieu autour de Dieppe et d’Arques entre l’armée de Henri IV. et celle du duc de Mayenne.

Cette note se rapporte aux pages 97-131 du premier volume de cette histoire.

Les historiens contemporains, même témoins oculaires et acteurs, mdiquent d’une manière différente la date et la durée des divers engagements, tels que escarmouches, combats, siéges, qui eurent lieu autour de Dieppe et d’Arques, entre l’armée du roi et celle du duc de Mayenne.

Le duc d’Angoulesme, alors comte d'Auvergne, l’un des combattants, fait partir Le duc de Mayenne et son armée de la ville d’'Eu pour se porter contre la position du roi, le 15 septembré. Il fixe à ce même jour 15 septembre, et non au 16, la première et double attaque que les Ligueurs dirigèrent, l’une contre le Polet, faubourg de Dieppe, où Henry commandait ce jour-là; l’autre contre le camp retranché que le roi avait établi près du bourg d’Arques, entre Archelles et la Maladrerie, à quelque distance du village de Martin-Eglise, et dont 11 avait confié la défense au maréchal de Biron. D’Angoulesme, après avoir raconté la Journée d’Arques,ou combat du 21 septembre, expose le premier décampement de Mayenne, qui cessant de diriger ses attaques contre le côté droit de la position du roi, les porta contre le côté gauche; le projet de siége du château

{ Le texte du duc d’Angoulesme, p. 78, donne fautivement la date

du vingt-sept septembre au lieu du véngt-un septembre, pour le combat d’Arques : « Quoique les escarmouches fussent de peu d’impor- » tance jusqu’au vingt-septième ; » mais cette erreur peut se corriger avec les indications que fournit le texte de d’Angoulesme à la page 81 B.

d’Arques, la tentative de siége de la ville de Dieppe du côté de la porte de la Barre et de la citadelle, formés par le.duc; les nouveaux échecs qu’il essuya dans ces entreprises; lassurance qui lui vint que le roi serait joint bientôt par sa seconde armée. L'auteur ajoute ensuite : « Toutes ces considérations le firent » retirer sans battre tambour, n1 sonner trompette, et quittant » ses quartiers, il prit pour premier logis celui de Bacqueville » et des environs. » Dans ce passage, d’Angoulesme ne marque pas la date précise de la retraite de Mayenne, mais il l'indique bientôt après. Il dit que les quatre mille Anglais, formant le second et principal secours qu'Elisabeth envoyait à Henri IV, entrèrent dans la rade de Dieppe le 28 septembre, et qu'ils débarquèrent. le lendemain 29 : « Le lendemain, qui estoit le » vingl-neuvième de septembre, on prépara toutes choses pour » leur descente. » Il dit un peu auparavant que ce secours arriva au roi pendant l’absence de deux jours que firent lui, comte d'Auvergne, et Rambures, en suivant, avec quelques cavaliers, l’arrière-garde de Mayenne qui était en retraite. « Durant : » ce voyage, qui feut de deux jours, le roy receut le secours » que la reine d'Angleterre lui envoyoit. » Donc, d’après l’exposé de d’Angoulesme, le décampement défimitif, le commencement de la retraite de Mayenne doivent se placer le 27 septembre. (Mémoires du duc d'Angoulême, dans la collection de M. Michaud, t. xt, p. 79 A; 16 B; 71 B; 82 À; 84 A et B; 85 A et B.)

D’Angoulesme assignant Le 15 septembre pour le commencement des engagements entre les deux armées, et le 27 septembre pour leur fin, les fait durer treize jours. Ce sont les dates et le laps de temps que nous avions adoptés dans la première édition de cette histoire, sur le témoignage d’un auteur que nous avions cru devoir être très-bien informé. A un examen plus attentif, nous avons reconnu que des témoins actifs plus nombreux, contredisent d’Angoulesme sur ces deux points.

La Force, qui a combattu à Arques et à Dieppe, commé d’Angoulesme et auprès de lui, dit dans ses Mémoires, liv. 4, €. I, p. 99 : € La dite armée ne voyant plus moyen de faire » réussir leurs desseins, après tous leurs efforts de vingl-trois

» jours, savoir douze à Arques et onze à Dieppe,.…... ils pri- » rent résolution de faire retraite. » Ainsi le laps de temps des engagements est de vingt-trois jours au lieu de treize. Parmi ces engagements, 11 faut compter les escarmouches sans importance qui eurent lieu entre les deux armées, du 143 au 16 septembre, avant la double attaque dirigée par les Ligueurs le 16 septembre, contre le Polet et contre le camp d’Arques à la fois. Le Discours au vrai de ce qui s’est passé en l’armée conduite par Sa Majesté, qui paraît avoir été rédigé presque jour par jour dans le camp du roi, et qui fut envoyé dans les provinces pour être répandu parmi ses partisans, donne le même espace de vingt-trois jours, en supposant que la retraite de Mayenne, commencée le 5 octobre, n’ait été effectuée définitivement que le lendemain !. Voici les dates principales que fournit le Discours au vrai pour les opérations de Mayenne. Le due, arrivé le 13 en vue de la position du roi, du côté droit, la reconnaît et se prépare à une attaque pendant trois jours, au milieu de légers engagements entre les postes avancés des deux partis. Le 16, Mayenne dirige une double et inutile attaque contre le Polet et contre le camp d’Arques à la fois. Le 21 septembre, 11 attaque le camp d’Arques avec toutes ses forces réunies et échoue : c’est ce que l’on nomme la journée d’Arques. Il y a dans le texte le 23 au lieu du 21 septembre; mais cette erreur est corrigée par des indications postérieures des jours de la semaine ?. Le discours donne la date du dimanche 24 septembre, pour le premier décampement de Mayenne, quittant le côté droit de la position pour aller attaquer le côté gauche; celle du mardi 26, pour le commencement du siége de

1 Les deux éditions les plus répandues du Discours au vrai sont celles contenues dans le tome 1v des Mémoires de la Ligue, p. 48-73, pour la période qui nous occupe en ce moment, et dans le tome v, n. 1-29, des Mémoires et correspondance de du Plessis-Mornay, édition in-8. Paris, 1824. C’est cette dernière édition que nous citons comme la moins fautive. C’est très-certainement le Discours au vrai, composé dans le principe de trois mémoires successifs, que Henri IV indique dans ses lettres à Saint-Aulaire et à Poyanne des 1% et 7 octobre 1589. — Lett. missiv., t. 111, p. 51, 55.

2 Discours au vrai, page 19.

Dieppe, qu’il tente vers la porte de la Barre, la citadelle et le château de Dieppe; celle enfin du vendredi 6 octobre, pour le décampement définitif et la retraite de Mayenne, après onze jours d’attaques sans résultats contre Dieppe !. Ces dates fournies par le Discours au vrai sont confirmées en partie par la lettre de Rosny à Corbinelli, en partie par l’exposé de De Thou. De Thou, pour une date, diffère du Discours au vrai. Il fixe la retraite de Mayenne au jeudi 5 octobre, au lieu du vendredi 6; mais cela ne constitue pas une contradiction entre les deux autorités, puisque la retraite commencée le 5, a pu très-bien ne $ effectuer définitivement et en masse que le 6. Une lettre du roi du 7 octobre annonçant la fin de ce qui s’est passé entre les deux armées, paraît confirmer la date du 6 octobre pour la retraite définitive de l’armée ligueuse ?

Dans un règne aussi célèbre que celui de Henri [V, un fait aussi Éonetderable et aussi populaire que la guerre autour de Dieppe et d’Arques, demande sans doute à être précisé exactement dans sa durée, et dans la date de ses principaux détails. C’est ce que nous avons essayé de faire dans cette Note. Mais il faut reconnaître que la variété des dates, la durée même plus ou moins prolongée des engagements entre les deux armées, ne changent absolument rien n1 aux conséquences qu'eurent ces actions, ni à la marche générale des événements, ni à la nature même de ces engagements. Ce furent, du commencement à la fin, des attaques sur divers points contre des ouvrages avancés d’une ville, contre un camp forüfié, constituant dans leur ensemble une guerre de postes, une guerre de chicane. La multiplicité des échecs de l’armée ligueuse, et les résultats qui en découlèrent, ont seuls de l'importance.

1 Discours au vrai, pages 16, 19, 25, 27.

2 Lettre de Rosny à Corbinelli, dans le Journal militaire de Henri IV, p. #4, 50, 52. — Thuanus, 1. 97, $ 11, t. 1V, p. 801, 802, 804.—Lettre du roi à Poyanne, du 7 octobre, dans les Lettres missives, tome tr, p. 55.

DOCUMENTS HISTORIQUES. 657 Ve

Note sur un prétendu billet de Henri 1V à Crillon.— Mot du Fi roi sur Crillon, réplique de ce dernier.

Ces renseignements se rapportent au livre l®, chapitre 11, p. 136 de cette histoire.

Nous avons donné, à la note de la page 136, le billet que l’on à cru longtemps avoir été écrit par le roi au brave Crillon, après les combats d’Arques, dont le principal fut livré le 21 septembre 1589.

Dans une note sur la lettre adressée par Henri à Crillon le 20 septembre 1597, tome IV, pages 848, 849, M. Berger de Xivrey a attaqué l’authenticité de ce billet, et il a avancé : 4 qu’il n'existait de ce billet ni original, ni copie ancienne; 20 que le billet n’avait été imprimé nulle part avant les notes publiées par Voltaire sur le vers 109 du chant vus de la Henrade; 3° que le poète, se rappelant confusément la première phrase de la lettre du 20 septembre 1597, en avait composé le billet en question, lequel diffère essentiellement de cette lettre pour la forme et pour l'étendue.

Nous avons dû nous enquérir si les archives et les traditions de la famille de Crillon confirmaient ou contrariaent les assertions du docte académicien. Elles les appuient toutes. La famille de Crillon ne possède ni original, ni copie ancienne du billet. M. Soberats, ancien officier aux gardes wallones d'Espagne, lié d'amitié avec M. le duc de Crillon-Mahon, avec ses parents et parentes, et mort il y a quelque temps à l’âge de 91 ans, avait dans le cours de sa longue carrière recueilli avec un soin extrême tous les faits, toutes les traditions concernant la famille de Crillon. Il a témoigné à plusieurs reprises que tout ce que l’on a dit depuis Voltaire, et d’après lui, sur un billet écrit par Henri IV à Crillon après les combats d’Arques, n’avait aucun fondement; et que l'opinion générale des membres de la famille était que ce billet n'avait Jamais existé.

Henri IV, Sully et tous les historiens du xvre siècle, écrivent

Grillon et non Crillon. Il ne faut pas confondre le chevalier de Crillon, le brave Crillon, avec son frère le commandeur de Crillon, gouverneur de Honfleur, qui resta engagé dans la Ligue jusque dans les premiers mois de 1594.

Le roi un jour montrant du doigt le chevalier de Crillon à un étranger, lui dit: «Tenez, voilà l’homme le plus brave de » mon royaume. » Crillon lui répliqua avec une rudesse de soldat bien flatteuse : « Sire, vous en avez menti, car c’est vous.»

NT

Relevé des noms des princes du sang, des principaux seigneurs, des gentilshommes, des capitaines el gouverneurs de places voisines, des chefs de corps étrangers, qui combattirent avec le Roi à la bataille d Tory, le 14 mars 1990.

Les noms sont fournis par les Lettres, relations et histoires contemporaines, dont voici les principales : Lettre circulaire de Henri IV sur la bataille d’'Ivry, dans le Recueil des Lettres missives, tome In, pages 167, 168, pour plusieurs noms.—Discours véritable sur la victoire obtenue par le roi, en la bataille donnée près le village d’Ivry, inséré dans les Mémoires de la Ligue, t. 1V, p. 236-248, in-4°, 1758. — Mémoire de M. du Plessis-Mornay, de ce qui se passa tant pour le général que pour son particulier, à la bataille d'Evry, Mémoires et correspondance, tome 1V, pages 475-477, in-8, 1824.— Lettre du roi à Rosny, dans les Œcon. roy., chap. 29, tome 1, p. 75 B.—Sully, Œcon. roy., Chap. 30, pages 75-80.—Histoire de de Thou, liv. 98, $ 40, t. IV, p. 844-849, de l'édition latine, Londres, 1733, in-folio. — D’Aubigné, Hist. univ., t. 111, L 11, €. 5, p. 228-232, édition de 1620. — P. Matthieu, hist. de Henri IV, liv. 1, p. 31-34.— Le journal de La Curée, dans le journal militaire de Henri IV, p. 114, 415.

Le prince de Conti, prince du sang.

Le duc de Montpensier, prince du sang.

Le maréchal de Biron, chef de l’armée sous les ordres du roi, placé à la réserve.

D’Andelot, d’Aumont, maréchal.—Baltazar Grissac, colonel de l’un des régiments suisses, de Biron, baron, maréchal de camp-général, de Brasseuse, de Brigneux, de Buhy, frère de du Plessis-Mornay. — De Chastes, commandeur, gouverneur

Dieppe, de Chambray, de Crenai, de Crève-Cœur, de La Curée. — Durollet. — D’Entragues (de Balzac de Clermont). — De Fargy, de Feuquières (de Pas), de Fonslebon, de Fouquerolles. — De Givry, Grissac (voir Baltazar). — De L’Hospital (de Choisy), comte d'Humières. — De Laborde, de Laboissière, de La Guiche, grand-maître de l’artillerie, de Larchant (Grimoville), de Lasalle (frère de La Curée), de Lavergne, de Longuaunay (ou de Lancaulnay), gentilhomme normand, mort dans cette journée en combattant à 70 ans, du Lude (Daillon, comte). — de Malligny, de Marrivault, de Monlouet (d’Angennes), de Montigny, de Mouy (de Vaudray), — De Nesle (Guy de Laval, marquis). — D’O (François). — Du Plessis-Mornay, de Palcheux. — De Rhodes (Pot), de Ros-

ny.— De Saint-Jean, de Saint-Paul (comte), Schomberg (Théodoric), commandant des reîtres, de Sussy, frère de du Plessis- -Mornay. — De Thorigny (comte), de la Trémoille. — De Valois (Charles), grand-prieur, de Vic (Sarret), maître de camp de l'infanterie, et sergent de bataille à la journée d’Ivry, de Viçose (écrit Vissouse), de Vignolles, colonel.

Note sur les personnages français auxquels les Leltres de Henri IV sont adressées.

On connaissait déjà plusieurs centaines de Lettres de Henri IV, par la publication successive de Recueils de pièces du temps, de Mémoires, d'histoires, où le texte de ces lettres était donné, publication qui en partant du commencement du xvrre siècle, en continuant dans le xvirre, s’était prolongée jusque dans Île nôtre. Parmi ces ouvrages nous ne citerons que quelques-uns des plus anciens : la première édition des Mémoires de la Ligue, le Recueil de divers Mémoires servant à l’histoire de notre temps, les Mémoires de du Plessis-Mornay, de Sully, du due de Nevers, ceux du duc de La Force mis au jour, en 1843, par M. le marquis de Lagrange, les Négociations du président Jean-

nin, les Registres-journaux de Lestoile, la Décade de Le Grain, l’histoire de Matthieu.

L'intervention du gouvernement, le travail de l’érudition et de la critique ont plus que doublé dans le Recueil des Lettres missives de Henri IV, confié à M. Berger de Xivrey, membre de l’Institut, le nombre déjà si considérable des Lettres du roi.

Dans ces Lettres, Henri IV s'adresse tout à la fois aux membres du clergé, de la noblesse, de la magistrature, de la bourgeoisie : sa correspondance embrasse la grande majorité de ce que la France possédait alors d’illustre ou de recommandable dans les rangs de l’armée, dans les diverses branches du gouvernement et de l'administration, dans les diverses professions ; c’est l'aristocratie de la naissance, du talent, des services rendus à la patrie.

Nous avons eu l’idée d’abord de donner la. liste générale des Français auxquels les Lettres de Henri IV sont adressées. Nous avons renoncé ensuite à publier le résultat de ce dépouillement. Nous avons pensé que ceux qui souhaitaient connaître les notabilités du pays, à la fin du xvr° siècle et au commencement du xvrre siècle, avaient moyen de satisfaire ce désir, en consultant les listes particulières de noms que M. Berger de Xivrey a jointes à chacun des volumes du Recueil, et en recou-

rant aux notes généalogiques et historiques qui sont devenues une partie considérable de son travail.

Nous nous bornerons donc à énoncer en résumé que le Recueil, lequel embrasse l'enfance et la jeunesse de Henri IV, son règne en Navarre, son règne en France jusqu’à sa mort, fournit les noms de près de quatre cents personnages français, ou compagnies et corps, appartenant aux divers ordres du royaume, sans compter ceux des personnages, corps et ordres publics, étrangers.

Etat des sommesque les chefs de la Ligue exigèrent de Henri IV pour leur désarmement.

Ces sommes sont énoncées dans trois états différents fournis par Groulart, par Sully, par Pierre Dupuy.

Groulart, député à l'assemblée des notables, réunis à Rouen, a dressé son état d’après les communications faites aux Notables, et a consigné cette pièce sous l’an 1596, dans le chapitre 7 de ses Mémoires ou Voyages en cour. On la trouve au tome xt, première série des Mémoires relatifs à l’histoire de France, collection de MM. Michaud et Poujoulat, pages 568, 569. Groulart donne pour argument à son relevé les réflexions suivantes : « Le lundy 25 novembre 1596, nous fusmes disner » chez M. le président Séguier, M. d’Incarville et moy, pour, » par le commandement de Sa Majesté, voir le menu de ce que » coutoient les capitulations des villes de ce royaume; où l’on » nous fist veoir de grandes villenies et de l'argent incroyable » barllé à ceux qui avoient trahy l’Estat, et esié cause des » grandes guerres de la Lique. »

Sully a inséré l’état qu'il fournit, dans le chapitre 151 de ses Economies royales, tome 11, pages 29, 30, de l'édition de M. Michaud. Cette pièce fait partie des documents politiques de l’année 1605, et il importe de bien remarquer cette date.

En regard de l’état produit par Sully, on en trouvera un autre qui est identique, excepté pour l'orthographe de quelques mots et lecommencement de quelques phrases, différences qui prouvent que les deux états relevés sur la même pièce officielle n’ont pas été copiés l’un sur l’autre. Nous ne savons pas si cet état est celui qui a été imprimé dans un ouvrage publié en 1835. L’auteur dit qu’il est original, et écrit de la main de Henri IV. Celui que nous donnons n’est qu’une copie, et cette copie est tout entière de la main de Pierre Dupuy, dont l’écriture est bien connue. On le trouve dans le volumé 549 de ses manuscrits, numéros 87 et 88. Nous l’avons étudié avec soin, et nous croyons être arrivé à une entière exactitude sous le rapport des noms, des qualifications, des sommes qui s’y trouvent portés. Cet état est très important. Copié par Dupuy, sur quelque pièce officielle du temps, probablement du vivant de Henri IV, et certainement bien des années avant la publication de la première partie des Œconomies royales qui date de 1658, l’état en question sert de contrôle et de confirmation à celui qui est produit par Sully et par ses secrétaires, et devient une

preuve de plus de leur exactitude, non pas dans de minutieux et insignifiants détails, mais dans toutes les matières importanies. | Groulart porte moins haut que Sully et que Dupuy, les

sommes extorquées au roi et au royaume par les chefs de la Ligue. Cette différence en moins provient de plusieurs causes. D'abord, indépendamment des stipulations que les princes lorrains et autres seigneurs de la Ligue firent avec Henri, et qui devaient avoir au moins une demi-publicité, puisqu'il était impossible qu’un grand nombre de fonctionnaires publics et les Etats-généraux ou les Notables n’en eussent pas connaissance, ils lui arrachèrent des promesses secrettes, des articlessecrets, aux termes desquels il dut leur payer, avec le temps, des sommes bien plus considérables que celles portées dans leurs traités. Ils agirent ainsi, ou bien parce qu’ils avaient à couvrir des dépenses qu’ils rougissaient d’avouer; ou bien. parce qu'ils voulaient cacher en partie au pays l’énormité de leurs exigences, lesquelles, dans ce qui était connu, excitaient déjà contre eux l’animadversion publique, comme nous venons de le voir. En second lieu, outre les chefs de la Ligue, le roi eut à payer leurs principaux serviteurs, leurs conseillers, pour qu'ils persuadassent à leurs maîtres de prendre le parti de la soumission. Pour ces dernières sommes, on sent bien qu'il n’y avait rien décrit : c’était de l’argent qu’il fallait donner de la main à la main, sous le manteau. En troisième heu, les chefs de la Ligue contraignirent Henri, dans bien des circonstances, à dépouiller ses serviteurs de dignités et de droits lucratifs, pour les leur attribuer à eux-mêmes. Par exemple, pour obtenir le désarmement de Villars, qui tenait Rouen, le roi fut obligé d’ôter la charge d’amiral à Biron le fils, et de la donner à Villars; d’ôter encore d’autres prérogatives et d’autres avantages au duc de Montpensier, gouverneur de la Normandie, et au chancelier de Cheverny. Même pour pacifier le royaume, Henri ne pouvait sacrifier ceux qui l'avaient aidé à le sauver. Îl lui fallut donner récompense à ses serviteurs. Il les indemnisa en argent, n'ayant aucune autre compensation à leur offrir dans les circonstances où 1l se trouvait. Ces diverses

causes élevèrent prodigieusement le chiffre des dépenses occasionnées par la soumission des chefs de la Ligue, comme on va le voir par deux ou trois faits choisis entre tous les autres. Le duc de Lorraine a stipulé par son traité que le roi lui donnerait 900,000 écus ou 2,700,000 livres; mais il a tiré en outre du roi des promesses secrettes, soit pour lui-même, soit pour divers particuliers qui l'entourent, et la somme de 2,700,000 livres, portée dans son traité, se transforme en une somme de 3,166,829 livres. Mayenne-par son traité n’a exigé que 820,000 écus ou 2,460,000 livres; mais il a obligé le roi de se charger de payer deux régiments suisses, qu’il a employés pendant la guerre civile sans en acquitter la solde, et les 2,460,000 livres, qui lui sont en apparence attribuées, deviennent effectivement 3,980,000 livres. Villars, le chef des Ligueurs, à Rouen, n’a demandé en argent que 115,430 écus ou 2,146,290 livres, mais 1l a dépouillé Biron, Montpensier, Cheverny, contraint Henri à donner des récompenses à ses serviteurs, et la. soumission de ce chef, tout mis ensemble, ne coûte pas moins de 3,477,800 livres. Le gouvernement du roi ne put montrer aux Notables assemblés à Rouen que les sommes portées dans les traités signés par les chefs de la Ligue : l’honneur et la politique lui commandaient cette réserve. Il avait promis de ne pas faire connaître les promesses secreites, les articles secrets ; il fallait qu'il tint sa parole. Il venait à peine de pacifier le -royaume : il ne pouvait, en mécontentant profondément les princes de la maison de Lorraine et les autres chefs des rebelles, les pousser soit à se révolter de nouveau, soit à se Joindre aux Espagnols, avec lesquels 1l était encore en guerre ouverte en 1596. I lui était tout aussi sévèrement interdit de rienrévéler de ce qu’il avait à payer pour désintéresser ses serviteurs. Quoique cette indemnité füt de toute justice, elle pouvait être mal interprétée, et ceux qui la recevaient étaient exposés à ce qu'on les accusàt de manquer de désintéressement et de délicatesse : la reconnaissance et la prudence voulaient qu’il ne s’aliénât pas ses partisans. Groulart n’a pu connaître et n’a pu faire figurer dans son état que les sommes portées dans les traités souscrits par les chefs de la Ligue, et

dont le gouvernement du roi donna connaissance aux Notables. Une pièce manuscrite, qu’on trouve dans les Cinq cents de Colbert, au volume 32, qui se rapporte article par article à l’état produit par Groulard, et qui semble avoir appartenu à l’un des Notables, mieux informé que Groulart, indique formellement dans son intitulé, qu’elle contient; non pas la totalité, mais une partie seulement des sommes reçues par les chefs de la Ligue. « Extraict des sommes de deniers qui ont » esté donnez et accordez aux Ligueurs pour plusieurs traictez, » et soumission des provinces, villes, chasteaux et forteresses » qu'ils ont réduicts en l’obéissance du Roy. » Enfin, une dernière cause de la différence en moins, qui se trouve entre l’état donné par Groulart et celui présenté par Sully, c’est que Groulart n’a pu nécessairement comprendre dans le sien les sommes qui ne devaient être payées que plus tard, aux termes de traités dont les uns étaient entamés, mais pas conclus, dont ‘les autres n’étaient que projetés. Lui-même prévient que son état, pour cette raison, demeure incomplet, et il termine son relevé par l'observation suivante : QI y en aura encor pour trois cent » mille escus (900,000 livres) qui ne sont icy compris; et si » on traite avec M. de Mercure (Mercœur) qui en aura encore » bonne somme. O temporal ! »

Sully, en sa qualité de surintendant des finances, a connu toutes les sommes dépensées, soit directement, soit indirectement, pour le désarmement des chefs de la Ligue; les promesses secrelles faites à ces chefs; les libéralités accordées à leurs conseillers et à leurs partisans, désignés sous le nom de particuliers; les récompenses données aux serviteurs du roi qu'on dépouillait, tout aussi bien que les sommes portées dans les traités mêmes, conclus par les princes et seigneurs du parti de la Ligue. Sully a pu tout porter dans son état, parce que cet état n’était destiné dans l’origine qu’au roi qui le demandait, parce qu’il ne fut dressé qu’en 1605, après la mort de tous les intéressés parmi les serviteurs du roi qui s’y trouvent nommés, parce qu’enfin, il ne fut publié qu’en 1638, après la

Groulart, Voyages en cour, chap. vit, p. 569 B.

mort de tous les chefs de la Ligue eux-mêmes. Dans presque tous les articles de l’état qu'on doit à Sully, on trouve les raisons de la différence en plus, comparativement avec ce que le Gouvernement fit connaître aux Notables assemblés à Rouen, et avec les énoncés de Groulart. On s’en convainera, si l’on veut étudier avec quelque attention les sept premiers articles, seulement, et particulièrement entre ces articles, le premier relatif au duc de Lorraine, le second relatif à Mayenne, le septième relatif à Villars.

Il n’échappera pas au lecteur que Groulart compte partout en écus; que, par conséquent, il faut tripler les sommes portées à chacun des articles de son état; et qu’en commençant par le premier article, celui relatif au duc de Lorraine, on doit compter pour les 900, 000 écus, attribués à ce RHAGES une somme de 2,700,000 livres.

ETAT FOURNI PAR GROULART

« En suit les sommes de deniers qui ont esté accordez par plusieurs traictez et compositions de provinces, villes et chasteaux, forteresses et hommes, qui se sont réduits à l’obéissance du Roy, compris ce qui a esté accordé à M. le duc de Lorraine. »

Escus, Escus.

Au sieur duc de Lorraine.. 900,000 D'autre part... 2,571,650 Au sieur de Vitry, pour Au sieur mareschal de Ba- LORS 36,000 lagny pour Cambray... 140,000 Au sieur d'Alincourt et au- Au sieur de Mignieux pour

tres pour Pontoise, .... 124,200 MORE ES LNAIEEr 57,400 Au sieur mareschal de La Au commandeur de Grillon

Chastre, pour Orléans, pour Honfleur........ 15,000

Bourges, et à d’autres Au sieur de Fontaine-Mar-

pour le mesme subject.. 250,000 tel pour le Neufchastel.. 16,000 Au sieur mareschal de Bris- Au sieur Ducluseaux pour

sac et autres pour la ville NOYOIE = MU here 52,500

L 2 IEC AE RORRIMRTERERRER 482,000 | A M. Fe Guise et plusieurs Au sieur admiral de Villars autres, compris Mm’ sa

et autres pour Rouen, le IDÉFO MUe aleieie rte 629,500

Havre et le Pont-Aude- Au sieur de Lamet pour

PRE LE ut à à 715,430 CODEN TETE NUS AAA RE 8,500 Au sieur Médavy et autres À M. d'Elbœuf et autres

DOIVENT LT. 44,000 pour Poictiers...*... 209,833 Au sieur de Boissuze, pour A M. du Maine et autres... 820,000

Tombeleine....,..... 20,000 | AM. de Nemours el autres. 220,000

Escus.

D'autre part... 4,140,363 A plusieurs particuliers pour Lyon 60,000 A M. de Bois-Dauphin... 170,000 Au sieur de Montespan et HUIPÉSS NAME 25,000 Au sieur de Lussan...,... 41,300 Au sieur de Gimel.,,.... 10,000 Au sieur mareschal de :

Joyeuse RER Et 512,000 À plusieurs particuliers pour Troyes... ......, 35,000 Au sieur de La Rivière pour Mézières, ......, 70,000 A plusieurs pour Amiens, Abeville et Beauvais... 93,500 Au sieur de Talhouet pour Rhedoni EE TS PRET 28,500 Au sieur de Libertat et autres pour Marseille... 102,000 A M. d'Espernon..,..,.,. 125,000 A plusieurs pour Vezelay. 10,500

A diverses personnes pour diverses places. .... .. 80,300 À plusieurs pour Rocroy, Moncornet, Chaumont en Bassigny, et autres

DIICeS RS RE UN R 40,000 Au sieur de La Salle pour Saint-Germain...,..., 10,000 À plusieurs pour Mascon et Chateau-Poreian. ..... 27,000 Au sieur de Frémicourt pour Vitry-le-François. 20,000 6,060,463

ETAT FOURNI PAR SULLY

Pour toutes debtes, à quoy montent tous les traictez faicts pour la réduction des pays, villes, places et particuliers, en l’obéissance du Roy afin de pacifier le royaume. »

Livres.

A M. de Lorraine, et au-

tres particuliers, sui-

vant son traicté et pro-

messes secrettes,,..., 3,166,825

Escus.

D'autre part.. 6,060,465 Aux sieurs de Savillac et de Monfans "Hi PURE

22,000 À plusieurs pour Rethel et :

Nogent en Champagne,

et autres places. ...... 37,500 Au vicomte de Chasteau- TOUX «5: 2049 3 CPR 8,000 À plusieurs pour Pierrefonds et Chasteau-Thierry. . 52,000 Au sieur de Thouves el au- (TES, 1 NOT RER 38,500 Au sieur d’Estournel pour Péronne: no: ARE 43,000 Au sieur comte de Chaulnes 2 NES OR EEES 30,000 A plusieurs pour Marmande, Villeneufve d'Agenois, et autres places énGUyenné Peer 58,000 Au sieur de La Vauguyon pour Fronsac. ......%. MAR ES Au baron de Chamore en Bretagne. 11001800 1,000 Au sieur de la Séverie pour la Garnaché 20 14,000 Au sieur de la Mothe pour Pesuis..: #1 40e 6,000 Au sieur de Vaillac pour ie Chasteau-Trompette. .. 18,000 À plusieurs pour Saint- Poursain 2222060008 24,000 À plusieurs pour Vienne.. 36,000 Somme totale..,,... 6,467,596 Escus.

ETAT FOURNI PAR P. DUPUY

« Mémoire des sommes payées parle Roy pour traictez faicls pour réduction de païs, villes, places, et seigneurs particuliers en l’obéissance du Roy, afin de pacifier le royaume. » —

. Livres.

A M. de Lorraine, et autres particuliers, suivant son traicté et promesses secretles ..,.. 3,166,82à

ÉTAT FOURNI PAR SULLY

Livres, D'autre part.. 3,166,825

Plus à M. du Maine (Mayenne) et autres parliculiers suivant son traité, compris les debies des deux régiments de Suisses que le Roy s'est chargé de payer.. 3,580,000

Plus à M. de Guyse, prince de Joinville, et autres particuliers, suivant son

Res 3,888,830 Plus M. de Nemours et

autres particuliers, sui-

vant son traicté.,..., 318,000

Plus pour M.

cœur, Blavet, M. de Vendosme et autres particuliers , suivant leurs traictez pour la province de Bretagne., 4,295,350 Plus pour M. d'Elbœuf, Poictiers et divers particuliers en Poictou, suivant leur traicté...

Plus à M. de Villars, tant pour lui, le chevalier d'Oise, son frère, les villes de Rouen, le Havre, et autres places, que pour les récompensesqu'il à fallu donner à MM. de Montpensier, mareschal de Biron, chancelier de Chivergny, et autres particuliers compris en son LE UNIL ORNE ERSNS 3,4717,800 Plus à M. d'Espernon et autres particuliers, sui-

vantleur traicté...... 496,000 Plus pour la réduction de ESS SRRRR 406,000

Plus pour M. de Brissac, la ville de Paris et autres particuliers employés en son traicté.. 1,695,400

ÉTAT FOURNI PAR P. DUPUY

Livres.

D'autre part... 3,166,825

A M. du Maine et autres particuliers suivant son traicté, compris les debtes de deux régiments de Suisses que le Roi s’est chargé de PAIE: TN D RES 3,580,000

À M. de Guise, prince de Joinville, etautres parficuliers, suivant son AC RUE 3,888,830

A M. de Nemours et autres particuliers, suivant son traicté......

Pour M. de Mercœur, Blavet, M. de Vendosme, et autres particuliers, suivant leurs traictez pour la province de Bretagne. .:..... 4,295,350

Plus pour M. d’Elbeuf, Poictiers et divers particuliers en Poictou, suivant leur traiclé,..

Plus à M. de Villars, tant

pour lui, le chevalier d'Oise, son frère, les villes de Rouen, le Havre et autres places, et pour les récompenses qu'il a fallu donner à MM. de Montpensier, mareschal de Biron, chancelier de Chiverny, et autres particuliers compris en son (AC IE RIRE 5,411,800 Plus à M. d'Espernon et autres particuliers, sui-

vant leur traicté..,.., 496,000 Plus pour la réduction de Marseille: 22 me 406,000

Plus pour M. de Brissac, la ville de Paris et autres particuliers. employés en son traicté.. 1,695,400

ETAT FOURNI PAR SULLY

Livres.

D'autre part... 22,955,029 Plus à M. de Joyeuse pour luy, Thoulouse et autres villes suivant son (raiCie se NE EME 1,470,000 Plus à M. de la Chastre pour luy, Orléans, Bourges, et aulres partieuliers suivant leur LTAC LÉ MANN ARR re 898,900 Plus à M. de Villeroy, pour luy, son fils, Pontoise, et autres particuliers, suivant leur 7 traicté.. . 1416,594 Plus à M. de Bois-Dauphin, et autres, suivant SON trAICIe ARR 670,800 Plus à M. de Balagny, pour luy, Sambray, et autres particuliers , BUNAnE SON AITAICIC MAN EER 828,930 Plus à MM. de Vitry et Médavid , suivant leurs deux traictez. ....... 380,000 Plus pour les sieurs Vidasme d'Amiens, d’Estournel, marquis de Trenel, Seceval, Le Peche, Lamelet autres, et les villes d'Amiens, Abbeville, Péronne, Coucy, Pierrefont et autres Nplaces HR. 1,261,880 Plus pour les sieurs de Belan, Quionvelle, Joffreville, Le Peche, et autres particuliers, Troye, Nogent, Vitry, Chaumont , Rocroy, Chasteau-Portien et autres places, suivant leurs divers traictez... 850,048 Plus pour Vaselay, Mascon, Mailly, et les sieurs de Rochefort, et autres particuliers en Bourgogne.... ...,, 457,000

ETAT FOURNI PAR P. DUPUY

Livres. D'autre part., 22,955,029

Plus à M. de Joyeuse pour

lui, Toulouse et au-

tres villes suivant son

traictés YOUR 1,470,000 Plus à M. de la Chastre,

pour lui, Orléans, Bour-

ges et autres parlicu-

liers, suivant leur

traité, 4 Sue SE 898,900 Plus à M. de Villeroy,

pour lui, son fils, Pon-

toise, et autres parti-

culiers, suivant leur

itraicté::. PPRREReE 476,594 Plus à M de Bois-Dau-

phin, et autres, suivant

son traicté.. £ . 670,800 Plus à M. de Balagny, ‘pour

luy, Cambray, et autres

particuliers , suivant

SON traicté RS 828,930 Plus à M. de Vitry et

Medavid, suivant leurs 2

deux traictez........ 380,000 Plus pour les sieurs Vi-

dame d'Amiens, d’Es-

trumel, marquis de

Trenel, Sesseval, Le

Peche, Lamet et autres,

et les villes d'Amiens,

Abbeville, Péronne,

Coucy, Pierrefons el

autres places ttes 1,261,880 Plus pour les sieurs de

Belan, Guionvelle, Jof-

freville, Le Peche, et

autres particuliers,

Troyes, Nogent, Vitry,

Rocroy, Chaumont,

Chasteau-Portien et au-

tres places, suivant

leurs.(raictez "ee 830,048 Plus pour Vezelay, Mas-

con, Mailly, et les

sieurs de Rochefort, et

autres particuliers en Bourgogne........%" 457,000

ETAT FOURNI PAR SULLY

Livres.

De l’autre part.. 30,229,181

Plus pour les sieurs de Canillac, Dachon, Lignerac, Monfan, Fumel et autres, la ville du Puy et autres villes, suivant leurs divers lraictez. ..

Plus pour diverses villes en Guienne, et les sieurs de Montpezat, Montespan el autres particu-

Lyon, Vienne, Valence et autres villes et particuliers, en Lionnois ébrDauphiné.:,.,..,..

Plus pour les sieurs Daradon, La Pardieu, Bourcani, Sainct-Offenges, Dinan et quelques villes.

Plus pour les sieurs Leviston, Baudouing et Bevilliers, suivant les promesses à eux faictes.

Somme totale des traictez. 32,1 42,9811

4 L'édition originale porte 32,273.381 livres : c'est une différence de 430,400 livres, provenant sans doute de ce que le premier transcripteur dé la pièce fournie par le gouvernement aura passé un article de pareille somme.

ETAT FOURNI PAR P. DUPUY

Livres.

De l’autre part.. 30,229 181

Plus pour les sieurs de Canillac, Dapchon, Lignerac, Monfan, Fumel et autres, la ville du Puy et autres villes, suivant leurs traictez..

Plus pour diverses villes en Guienne, etles sieurs de Montpezat, Montespan et autres particu- NETS RON RENE

Pour les traites de Lion, Vienne, Valence et autres villes et particuliers, en Lionnois et Davphiné ASE te

Pour les sieurs Daradon, La Pardieu, Bourcani, Saint-Offenge, Dinan, et quelques villes. .

Plus pour les sieurs de Leviston, Baudoin et Bevilliers, suivant les promesses à eux faites.

Somme totale des traitez.52,142,9812

: La somme totale, portée dans l’état de P, Dupuy, est de 32,273,381 livres, quoique les divers articles ne donnent que 32,142,981 livres; c’est ia même différence que dans l’état fourni par Sully.

Note sur l’état de la Normandie de 1592 à 1594, et sur les traités conclus dans cette province avec les chefs de la Lique. Cette note se rapporte au 1. 1v, c. 4 et #4, page 491, 492, 572-574 de

cette Histoire.

Par suite des conquêtes du roi d'abord, de ses lieutenants ensuite, au commencement de l’année 1591, la Ligue était réduite en Normandie aux plus étroites proportions, à un trèspetit nombre de villes, et semblait menacée d’une ruine prochaine. Les événements de la campagne de 1592, et la malheureuse issue dusiége de Rouen changèrent cet état de choses.

Parme et Mayenne prirent Neuf-Châtel au mois de mars 1592. Au mois de novembre de la même année, Boisrozé, l’intrépide et principal défenseur de Rouen après Villars, par une entreprise d’une adresse et d’une audace peut-être sans exemple dans les fastes de la guerre, surprit la ville de Fécamp que le vieux maréchal de Biron avait rangée précédemment : °us la loi d'Henri. Boisrozé S’empara également de Lillebonne, et établit fortement son autorité de gouverneur dans ces deux villes, de l’aveu d’abord et avec l’assentiment de Villars. #resque en même temps, la crainte, les séductions, les offres d’argent entrainèrent quelques autres gouverneurs du part, du roi dans celui de Mayenne, d’Hacqueville entre autres, ‘ouverneur de Pont-Audemer. En 1593, la Ligue dominait 1ans dix villes de Normandie. C’étaient Rouen, le Hâvre, Harfleur, Montivillier, Pont-Audemer, qui obéissaient à Villars; Fécamp et Lillebonne, qui reconnaissaient Boisrozé; Honfleur, Neuf-Châtel, Verneuil, qui avaient pour gouverneurs particuliers, la première le commandeur de Crillon, frère du brave Crillon, la seconde Fontaine-Martel, la troisième Médavid. Toutes ces villes étaient situées dans la haute Normandie, hormis Verneuil qui appartenait à la basse. Une violente querelle survint entre Villars et Boisrozé, qui se vit menacé d’être dépouillé de ses gouvernements par son ancien chef, parvint à soustraire ses deux villes à son autorité, et fut assiégé par lui pendant plusieurs mois. Pour se défendre et se maintenir contre lui, Boisrozé embrassa le parti royal durant la trève de 1593, au commencement d'août, pendant le séjour de Henri à Saint- Denis : en cherchant appui et protection auprès de ce prince, il donna l'exemple de la défection aux autres gouverneurs de la Ligue. Villars, son persécuteur, prit le même parti le 27 mars 1594, et entraina les gouverneurs particuliers de Hon- : fleur, Neuf-Châtel, Verneuil, le commandeur de Crillon, les sieurs Fontaine-Martel et Médavid !.

1 P, Cayet, 1. 1v, p. 361, 362, 373-374, 407 À. — Sully, Œcon. Roy., c.35, 44, T1, p96:B;:97 125, 1926. — Thuanus, 1. cir, $ 20, t. v, p. M8. Sully, p. 125 B, redresse l'erreur de P. Cayet : dans le principe, Boisrozé enleva Fécamp, conquête de Biron, non à la Ligue, mais au parti royal.

Page 1