HATBNNB SORT DE PARIS. AUTRES CIRCONSTANCES FAVORABLES
très bons citoyens. Tous ensemble, mws Langlois plus que personae, recrutèrent au roi, dans la garde bourgeoise, une armée entière prête à se joindre à ses troupes et à les aider dès qu'elles se montreraient '.
Diverses circonstances favorïsèrent l'exécution de l'en-' treprise. Mayenne se voyait exposé à la haine et à l'insurrection menaçante des Parisiens. Il était placé et pressé d'une part entre Meaux déjà rendu, et Fontoise qui traitait avec le roi, et d'une autre entre Orléans et Bourges déclarés contre lui. La place n'était plus tenable. 11 la quitta, sortit de Paris le 6 mars 1594, bien plus pour se soustraire à ces dangers , que pour s'aller mettre à la tête des forces ligueuses qui se rassemblaient autour de Soissons. Sou départ laissa le champ libre à ses ennemis. I^ roi, qui de Chartres était venu à Saint-Denis, s'en éloigna le 17, conduisit sou Conseil à Senlis, et parcelle installation détourna les soupçons des ligueurs parisiens et des Espagnols, les jeta dans une sécurité qui leur devint fatale. Enfin, et rien ne servit plus le succès du parti royal , l'habile négociateur Saint-Luc gagna à force de concessions le nouveau gouverneur de Paris, l'infidèle et avide Cossé-Brissac. Les Espagnols regardaient Brissac comme un esprit borné, l'appelaient un bon homme. « Pour vous montrer, disait le duc de Féria, quel grand homme d'afiaires c'est, un jour que nous tenions conseil, au lieu de songer à ce qu'on disait, il s'amusait à prendre
' p. Cayet, 1. vi, p. 564 A. n 11 (ut cognn lors que bien qae le sieur » [.aDgloia en ses déportemenU, u'eust tajct aucun semblant de se a masler d'affaires, allant tou* les jours exercer sa charge au palais, » qu'il avoit d'un long temps et dejttrement praticijué en loui les » quartifs de Paris noaibre de personnes de toutes qualités , et que » cette entreprise réussiroit à bonne Sn. — Ils advertirent le roy que n la nuict de l'exècuti^tD, le sieur comte de IJrisaiLc et les esclievina « Langlois tt Nertt se soiairoient avec leurs amis de la porte Neufve, u et lie celles de Saint-UonorË, Sainl-Deuis et Saiiit-Martia. u — Lettoile et eoD Supplémeul, p. Sia U, SIB, Si* A, aj9 II,
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530 LIV. IV. CH. 11. CMWOORS DD ROI ET DB Lk BOURUOISIE
des mouches sur la muraille, d Sous cet extérieur calculé, Brissac était le plus fin, le plus adroit des l^aenrs, et il le montra. 11 soutenait contre son beau-Er^ Sùnt- Luc, un procès où il allait de toute sa fortune. H couviit de ce pr;ttexte l'entrevue de quatre heures qu'il eut avec Saint-Lucie 14 mars: là ses avocats soutiorent en publie ses droits; en secret, il convint du prix de ses services, beaucoup d'ai^ent et la charge de maréchal , et il arrêta les conditions et les moyens de la reddition de Paris. Au sortir de celte conférence, dont la longueur avait inquiété les S^ze et les Espagnols , il leur donna complètement le change en allant trouver le légiit : il se prosterna h ses pieds, lui demanda humblement l'absolution de la faute qu'il avait commise en communiquant avec un héré^ue, «'excusant sur la nécessité, sur l'immense intérêt qu'il y avait pour lui à accommoder ses différends avec SaJat- Luc '.
L<e gouverneur et les chefs de la Ligue française stipolèrent que le roi accorderait aux Parisiens un pardtm général, sa protection et sa sauvegarde, d'amples garanties pour leur religion. Ces conditions ayant été consenties le 18, signées deux jours plus tard, on travailla à introduire Henri dans Paris. Il ne pouvait réunir et faire agir de grands corps de troupes ; une concentration de forces aurait averti l'ennemi ; tout ce qu'il pouvait faire, c'était de précipiter subitement sur la capitale des détachements des garnisons voisines. Ces détachements ne montaient pas à plus de 4,000 hommes. Ds étdent hors d'état de prendre et de garder un seul quartier de la ville : îb étaient moindres en nombre qne la seule garnison espagnole ; et cette garnison , jointe aux Minotiers et aux Seize , ne formut pas moins de 1 5,000 combattants. L'entreprise ne pouvait réussir que si les troupes royales I Uatoil«, p. 209, ■111, îis. — P. Cayet, 1. ti, p. B6Ï, MS,
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POUR LB SUCCÈS DE l'eNTREPRISC . 531
étaient partout aidées, partout grossies sur leur passag» par la ganle bourgeoise. La révolution de Paris, fut donc un soulèvement de la bourgeoisie, secondé seulement par un corps de troupes régulières '. Le 19 mars, dans une réunion secrète qui eut lieu à l'Arseoal, Brissac, le prévdt des marchands, les coloneb et capitaines sur la foi desquels on pouvait compter, les membres du Parlement Lemaistre, Mole, Damours, Du Vair arrêtèrent d'une manière précise le plan et l'ordre que l'on suivrait pour l'occupation de Paris. Peu de jours auparavant, h l'instance des Seize, toutes les portes de Paris, hormis celles de Saint-Antoine et de Saint-Jaci)ues, avaient été terrassées, gabionuces et fermées. On convint que la veille de l'exécution, Brissac et Lhuillier, sous prétexte de la faire murer, et de n'avoir plus de surprise à craindre de ce oVité , débarrasseraient ta Porte-Neuve; qu'au commencement de la nuit, ils dégageraient la porte Saint-Denis. On arrêta que la nuit de l'exécution, Brissac et Lhuillier se saisiraient , avec des gens armés de la Porte-Neuve , Langlois de la porUj Saint-Denis ; qu'ils y mettraient des corps de garde à leur discrétion , et introduiraient les royaux dans la ville par ces deux endroits Qu'en même temps, le capitaine Grossier, avec des bourgeois et les bateliers de la Seine, dont il disposait, ferait entrer du côté de l'Arsenal les garnisons de Corbcil et de Melun descendues par lu cours de la rivière. Que les détacbemcnts royaux, aussitôt introduits par la Porte- Neuve et la porte S^nt-Denis, se joindraient à la garde bourgeoise et occuperaient les deux côtés des remparts; que de la Porte-Neuve, on marcherait en toute hâte sur la porte Saint-Honoré , occupée par Néret, et qu'on la déboucherait. Que les bandes miies des royaux et des
' p. Csyel, d'après le récit contemporaÎD, I. ti, p. G6( B, — DaTJla, 1. SI, p. 471, *7î. — Mezeroj, p. 1075. — Lesloile, p. 8t8 A.
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