FIN DU TOME PREMIER
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DOGIINENTS HISTORIQUES.
OécUtration du roy Henri IV, et -les seigneurs assemblée au camp de Saiat-Ciotid, du 4 août i589 *.
Celte déclaration se tronve duia les Uémoires et correspondance de du Pleasia-Uorna;, l. iv, pages 8St-Bg(, édîUoD de ISit; dans le Recueil des aDCieiuie]> lojs trBQgaJae«, par H. leambert, tome iv, pages S-S.
Nous Henry, par la grâce de Dieu , ro; de France et de Navarre, promeUons et jurons, en foi et parole de roy, par ces présentes signées de noslre main, à tous nos bons et fidèles subjects, de maintenir et conserver en nostre royaume la religion catholique, apostolique ei romaine en s<}n entier, sans y innover ni changer auculne chose, soit en la police et exercice d'icelle, ou aux personnes et biens ecclésiastiques, provision el économie d'iceuU à personnes capables et catholiques, selon qu'il a esté ci-devant accoustumé; et que, suivant la déclaration patente, parnousfaicte avant nostreavënement à ceste couronne, nous sommes tout presl, et ne désirons rien d'avantage que d'estre instruicl par ung bon, légitime et libre concile général ou national , pour en suivre et observer ce qui sera conclu et arreslé, qu'à ces fins nous ferons convoquer et assembler dans six mois, ou plus tost s'il est possible.
' Nous n'apportons d'autre changement & cette pièce qne la ponctoation : noua prenons le texte dans les Mémoires el correspondance dp ilu Plessis-Uoma;. — Cette pièce se rapporte an livre i, chap. i, p. S7-Î9 de l'ouvrage.
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Cependant, i]u'il ne se feraaiilcung exercice d'aullre reliirio!i que de la dicte catholique, apostolique et romaine, que es villes et lieux de noslre dict rojaume où elle se faicl à présent, suiTant . les articles accordés au mois d'avril dernier, entre le feu roi ifenri III de bonne mémoire, nostre très honoré frère et seigneinr et nous, jusques à ce qu'àultrement en ait été advisé et .arresié par une paix générale en nostre dict royaume, ou par les EslatS'généraux d'icelui, qui seront par nous convoqués e( assemblés dans le dict temps de six mois.
Nous promettons en oultre que les villes, places et forteresses qui seront prises sur nos rebelles et reduictes par force ou aullremenl en nostre obéissance, seront par nous commises au gouvernement et charges de nos bons subj'ects catholiques et non d'aultres, sauf et réservé celles qui, par lesdits articles, feurent réservées par ledict feu roy à ceux de lareligion réformée en chacung balliage et seneschaulsée , aulx conditions y conliineues. Nous promettons aussi qu'à tous offices et gouvernements venans à vaquer ailleurs que dans les villes et places qui sont au pouvoir de ceulx de la dicte religion réformée, il sera par nous, durant le mesme temps de six mois, pourveu de personnes catholiques, suffisantes et capables, qui nous soient fidèles subjects.
D'advanlage nous promettons de conserver, garder et maintenir les princes, ducs, pairs, officiers de la couronne, semeurs, gentilshommes et tousaultres nos bons subjects indifféremment, en leurs biens, charges, dignités, estais et devoirs accoustumés; spécialement de recognoistre de tout ce que nous pourrons les bons et .fidèles serviteurs dudict feu seigneur roy.
Finalement d'exposer, si besoing est; nostre vie et moyens, avec l'assistance de nos dicts bons subjects, pour faire justice -exemplaire de l'énorme meurtre, meschanceté, félonie et déloyauté commise en la personne dudict feu seigneur roy. Signé : Henri ; et plus bas, RnzÉ. Faicl au camp de Sidnct-Cloud, le 4ejourd'Aoustl589.
Nous princes du sang et aultres, durs, pairs, ofBciers de la couronne de France, seigneurs, gentilshommes et aullres,
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DOCUMENTS HISTOMOUEg. 64»
soubsignés, attenilant une assemblée des princes, ducs, pairs de France, ofliciers de la couronne, et aultres seigneurs qui estoient fidèles serviteurs et subjects du roy defTunct Henry, troisième roy de ce nom, que Dieu absoWe, lors de tton décès, recognoissons pour nostre roy et prince naturel, selon la lai fondamentale de ce royaume, Henry rV, roy de France et de Navarre, et lui promettons tout service et obéissance, sur le, serment et la promesse qu'il nous a faicte, ci-dessus escrite, et aux conditions que dans deux mois Sa Majesté fera interpeller et assembler les dicts princes, ducs, pairs et officiers de la couronne, etaulb-es seigneurs qui estoient fidèles serviteurs du dict delTuncl roy, lors de son décès, pouc tous ensemble prendre plus ample délibération et résolution sur les affaires de ce royaume, attendant les décisions des Conciles et Estais généraulx, ainsi qu'il est porté par la dicte promesse de Sa Majesté, laquelle aura aussi agréable , comme nous l'en supplions très humblement, que de nostre part soit délégué quelque notable personnage vers noslre Sainct-PèrelePapej pour lui présenter particulièrement les raisons qui nous ont meus de faire cette promesse, et sur ce impetrer de lui ce que nom cognoistrom nécessaire tant pour le bien de ia chrestienlé, utilité et service de Sa Mitjeslé, gne conservation de cest Estât et couronne en son entier. '
Nous supplions aussi très humblement Sa Migesté, suivant ce qu'il nous a volontairement offert et promb, comme chef de la justice et père commun de tous ses subjects, intéressé en leurs dommages, de faire justice exemplaire de l'énorme meschanceté, félonnie, desloyauté et assassinai commis en la personne du feu roy Henry, nostre bon roy dernier, décédé, que Dieu absolve; promettons à sa dicte Majesté toute l'assistance et le très humble service qu'il nous sera possible, de nos vies et de nos moyens , pour ce faire, et pour chasser et exterminer les rebelles et ennemis qui veuUent usurper eut Estât.
Faict au camp de Sainct-Cloud, le 4« jour d'Aoust 1 589.
Signé : François de Bourbon, François de Bourbon , Henry d'Orléans, François de Luxembourg, Louis de Rohan, Biron,
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DOCUKEOTS HISTOiUQUSS.
d'Aumont, Dtnteville, Daiigennes, Cbàteauvieux, Clennont, Manou, François du Plessis, Charles ïtartel, FVançois Martel, de Renty, La Curée, vicomte d'Auchy, et infinis autres seigneurs et gentilshommes '.
Belmé des noms des princes du taHg,desprinâpaux seigneurs, des gentils-hommes, des capitames de compagnies, des chefs de corps étrangers, qui suivirent Henri IV dans iu première expédition de Normatidie, et qui prirent part, avec lui, aux divers combats livrés aux environs de Dieppe et tP Arques, du 13 septembre au 5 octobre 1589.
Cette liate est dressée d'aprèf les MémoireB et relatioiu du temps. Ce aciQl les Mémoires du duc d'Augoulesme, acteur dans cm érénemeuls, lesquels sont imprimés dans la collection des Mémoires relatifs à mistoire de France de MM. Hichaud et Poujoulat, 1" série, tome XI, pagea 76-68. —Le Dîacours au Trai de ce qui s'est passé en l'armée conduicte par Sa Majesté, depuis son avénemeDl àlaconrouue jusqu'à la prise des (aulxbourgs de Paris, dans les Uémoireâ et correspoDdMice de du.Plesds-Homa;, édition de ias(, tome V, p. G-9T. — Sully, ŒcoD. roj., c. !8, t. I, p. 7). — Mémoires de La Force, t. 1, p. iS-H. — De Tlion, Histoire, livre 97. — D'Aubigné, Histoira universelle, tome 111, liv. III, chap. 2, p. !i19->llj éditiou de tGlO. — Mattliieu, Hist. de Henry IV, 1. 1, p. S7-8S.
Princes du sang et principaux seigneurs
Le prince de Conti, prince du sang.
Le duc de Hontpensier, prince du sang.
< Les deux premiers signataires de la Déclaration sont François de Bourbon, prince de Conti, et François de Bourtjon, duc de Montpensier, tons deux princes du sang; le troisième est le duc de Longueville, comme le témoijcne de tbou, au livre 97 de son histoire, ce qui esl confirmé par d'Angoulesme, dwis ses Hémoires, 1. ii, p. 69 A, 70 A. D'Angoulesme ajoute h ceux qui firent acli:, ou prêtèrent serment de fldéliLé au roi, à partir du 1 août : de Saney, de Larchant, de Richelieu, de Chémerault, de Bellegarde. Tout fait supposer que leurs noms se trouvaient parmi ceux de) infinii autrt* teigneurt et genlilthommtt qui signârent la Déclaration.
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DOCUHBNTS HISTORIQUES. 651
Le maréchal de BJron , chaîné du commanderaenl de l'armée.
D'Aligre, d'Aubosse. — De Bacqueville (Charles-Martel), de Beaupré, de Beauvais-la-Nocle, de Bellegarde, de Biron le jeune, fils du maréchal, de Bouveron, de Brigneui, meslre de camp. — De Canisy, de Chartres (Vidarae), de Ch&tillon (François Coligny), colonel de l'infanterie française, de ChUeauvieui, Clermont d'Amboise, de Crëvecœur. — De DamTîlle (Charles de Montmorency), colonel-général des Suisses. — D'Ëspave.
— De la Force (Jacques de Gaumont). — De.Guîtry, maréchal de camp, de La Garde , mestre de camp, de La Guiche , grand maître de l'artillerie, de Larchant (de Grimoville), le jeune, de La Rochefoucaull , de La Rochejacquelin , de Lorge (de Montgommery). — De Haintenon, de Héni (Montmorency), de Hallîgny, de Monglal, de Monlatére, de Montbazon, de Monlcenerpon. — D'O. — De Pont-Coîirlay. — De Rainbures (ou d'Hanimbure), de Rhodes (le fils), de Rieux, maréchal de camp, de Richelieu, grand-prévAl, de Roannès, de Rochefort, de Rohan (le comte), de Roquelaure, de Roussy (Josias de La Rochefoucault, le comte). — Sainte-Marie-du-Mont. — De Thorigny, le comte. — De Valois (Charles), comte d'Auverçne et grandprieur, plus tard duc d'Angoulesme, colonel-général de la cava-t lerie légère, de Vie, sergent de bataille, de Vignolles.
Genlils-hommes, capitaine», chefs étrangers.
D'Apancy, Aussebonne, d'Aventigny. — Raltazar Grissac, colonel de l'un des régiments suisses, de Bossy, gentilhomme qui amène au roi les munitions et l'argent venus d'Angleterre, de Brasseuse. — De Courbouzon, de La Curée. — Des Esmars.
— De Fouquerolles, Fournîer, capitaine. — Galaty, colonel de l'un des régiments suisses, de Gié. ^ Lacroix, capitaine, de Lorges. — De Marcilly, de Hignonville. — D'Ovins, gentilhomme qui amène au roi le corps auxiliaire des Ecossais. — De Pali^heux, de Puivinel. — De Rivau, de Rosny (plus lard Sully). — De Saint-Aubin , lord Staffort. — De Toumerolles, Tilladet, capitaine. — Veausse, lord Willughby.
Helevé des noms des principaux chefs des armées envoyées en Picardie et en Champagne, dex gouverneurs de places non mes ou confirmés par Henri i V, dans le cours de sa première ctanpagne, de ceux qm l'ont reçu dans leurs villes.
Cette liele eA dressée sur les indications founùes par les aulenn cDDtemporains, cit js dans le numéro S.
Noms des principaux chefs de Varmée de Picardie.
Le duc de Longueville, chargé du commandemenl de l'armée de Picardie.
De Lanoue, Ueuienant-général,
D'Armantière, d'Auchy. — De Brunel. — De Chaulnes. — De Givry, de Quilry, meslre de caifip de la cavalerie légère. — D'Humières. — De La Boissière, de La Vergue. — De Paiai-
Noms des principaux chefs de l'armée de Champagne.
Le maréchal d'Aumont, chargé du commaudement de l'armée de Champagne- — «De Dintevîlle, Ueuienant-général.
Noms des gouverneurs de places, nommés par Henri I V, dans le cours de sa première campagne, el noms de ceux qui Vont repu dans leursvMes.
De Bellengreville, gouverneur de Meulan. — De Frontenac, gouverneiir de Saint-Germain. — De Miraumont l'atné, gouverneur de Pontoise. — Petro-Paulo Joussin, gentilhomme iulien au service de France, gouverneur d'Elampes. — De Miraumonl le jeune, gouverneur de Pluviers ou Pilhiviers. — De Dunes, lieutenant de roi au gouvernement d'Orléans, retiré à Pilhi- . viers. — D'Entragues, gouverneur de Beaugency. — Du Faur, gouverneur de Jergeau. — De Tannère, gouverneur de Gîen. — De Hontignj, gouverneur de Blois. — . De Hallot de Nont-
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DOCIHENTS HISTORIQLBS. 653
morency, gouverneur de Gîsors. — De Rubempré, gouverneur de Gournay. — Durollet, gouverneur du Ponl-de-l'Arche. — De Chastes, gouverneur de Dieppe.
Note sur la date et la durée des engagements qui étirent lieu autour de Dieppe et d'Arqués entre i armée de Henri IV. et celle du due de Mayenne.
t pagea 97-131 du premier lalume dn
Les historiens contemporains, même témoins oculaires et acteurs, indiquent d'une manière différente la date et la durée des divers engagements, tels que escarmouches, combats, sièges, qui eurent lieu autour de Dieppe et d'Arqués, entre l'armée du roi et celle du duc de Mayenne.
Le duc d'Angoulesme , alors comte d'Auveipie, l'un des combattants, fait partir le duc de Mayenne et son armée de la ville d'Eu pour se porter contre la position du roi, le 15 septembre. Il fixe à ce même jour 15 septembre, et non au 16, la première et double attaque que les Ligueurs dirigèrent, l'une i:onlre le Polet, fauboui^ de Dieppe, où Henry commandait ce jour-là; l'autre contre le camp retranché que le roi avait établi près du bourg d'Arqués, entre Archelles et la Maladrerie, à quelque distance du village de Martin-Eglise, et donUl avait conlié la défense au maréchal de Biron. D'Angoulesme, après avoir raconté la journée d'Arqués, ou combat du 21 septembre ', expose le premier décampemenl de Mayenne, qui cessant de dirigerses attaques contre le cdté droit de la position du roi, les porta contre le côté gauche; le projet de siège du château
< Le leste da linc d'Angoaleame, p. 78, donne butivtPiuent la daté du vingl-fept septembre an lieu du vingt-un septembre, pour le comhal d'Aniues : « Quoique les eecarmoucbes Tusseot de peu d'imporn laDire jusqu'au vingt-septiimt ; n mais celte erreur peut se corriger aveu les indical'oiiB que rournit le te:tle de il'ADgouleBiiie i. ta page ttl B.
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654 DOCUKENTS HtSTORIQUES.
d'Arqués, la tenlative de siège de la ville de Dieppe du côté de la porte de la Barre et de la citadelle, formés par le duc; les nouveaux échecs qu'il essuya dans ces entreprises; l'assurance qui lui vint que le roi serait joint bientôt par sa seconde armée. L'auteur ajoute ensuite : « Toutes ces considérations le firent » retirer sans battre tambour, ni sonner trompette, et quittant
> ses quartiers^ il prit pour premier logis celui de Bacqueville
> et des environs. » Dans ce passage, d'Angoulesme ne marque pas la date précise de la retraite de Mayenne, mais il l'indique bientôt après. Il dit que les quatre mille Anglais, Tormant le second et principal secours qu'Elisabeth envoyait à Henri FV, entrèrent dans la rade de Dieppe le 28 septembre, et qu'ils débarquèrent le lendemain 29 : « Le lendemain, qui ntoit le K vingt-neuviènie de septembre . on prépara toutes choses pour » leur descente, i II dit un peu auparavant que ce secours arriva au roi pendant l'absence de tieux jouis que firent lui, comte d'Auvergne, et Rambures, en suivant, avec quelques cavaliers, l 'arrière-garde de Mayenne qui était en retraite. ( Durant » ce voyage, qui fmf de deux jours, le roy receut le secours » que la reine d'Angleterre lui envoyoit. » Donc, d'après l'exposé de d'Angoulesme, le décampement définitif, le commencement de la retraite de Mayenne doivent se placer le 27 septembre. (Mémoires du duc d'Angouléme, dans la collection de ' M. Michaud, t. XI, p. 75 A; 76B; 77 B; 82 A; 84AetB; 85A etB.)
D'Angoulesme assignant le 15 septembre pour le commencement des engagements entre les deux armées , et le 27 septembre pour leur fin , les fait durer treize jours. Ce sont les dates et le laps de temps que nous avions adoptés dans la première édition de cette histoire, sur le témoignage d'un auteur que nous avions cru devoir être très-bien informé. A un eiamen plus attentif, nous avons reconnu que des témoins actifs plus nombreux, contredisent d'Angoulesme sur ces deux points.
La Force, qui a combattu à Arques et à Dieppe, comme d'Angoulesme et auprès de lui, dit dans ses Mémoires, Hv. 1 , c. m, p. 95 : « La dite armée ne voyant plus moyen de faire
> réussir leurs desseins, après tous leurs eR'orts de tingl-lroit
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■OHIQUES. 655
» jours, savoir douze à Arques et onze à Dieppe, ils pri-
» rent résolulion de faire retraite. * Ainsi le laps de lemps des engagements est de vingt-trois jours au lieu de treize. Parmi ces engagements, il faut compter les escarmouches sans importance qui eurent lieu entre les deux armées, du 13 au 16 septembre, avant la double attaque dirigée par les Ligueurs le 1 6 septembre , contre le Polet et contre le camp d'Arqués à la fois. Le Discours au vrai de ce çut iesi passé en l'armée eonduite par Srf Majesté, qui parait avoir été rédigé presque jour par jour dans le camp du roi , et qui fut envoyé dans les provinces pour être répandu parmi ses partisans, donne le même espace de vingt-trois jours, en supposant que la retraite de Mayenne, commencée Iç 5 octobre, n'ait été effectuée définitivement que le lendemain ' . Voici tes dates principales que fournit le Discours au vrai pour les opérations de Mayenne. Le duc, arrivé le i3 en vue de la position du roi, du côté droit, la reconnaît et se prépare à une attaque pendant trois jours, an milieu de légers engagements entre les postes avancés desdeux partis. Le 16, Mayenne dirige une double et inutile attaque contre le Polet et contre le camp d'Arqués à la fois. Le 21 septembre, il attaque le camp d'Ârqnes avec toutes ses forces réunies et échoue : c'est ce que l'on nomme la journée d'Arqués. Il y a dans le texte le 23 au lieu du 21 septembre; mais cette erreur est corrigée par des indications postérieures des jours de la semaine ^. Le discours donne la date du dimanche 24 septembre, pour le premier décampement de Mayenne, quittant le coté droit de la position pour aller attaquer le côté ga>)che; celle du mardi 26, pour le commencement du siège de
I Les ilriiT éditioDB les plus r^andaes du Discours au vrai sont celled conlenues dans le tome iv àes Uémoires de la Ligue, p. t8-7S, pour la période qui nous occupe en ue momenl, et daoe le tome t, p. 1-19, des Mémoires et corrRspondance de du PleseU-Momay, édition in-S. Paria, 1S14. C'est cette dernière édition que nous citons i^ommp In moinâ Tautive. C'est très-ce rtaiuemeDt le liiscuurs au vrai, composa' daas le priucipe de trois mémoires auccessils, que Henri IV indique dans ses lettres à SaiD^Aulai^e et à Poyanne des 1" et 1 octobre IB8S. — Lett. migeiv., t. m, p. 51, SB.
1 Discours au vrai, page 99.
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Dieppe, qu'il lente vers la porte de la Bair^, la citadelle el le chAteau de Dieppe; celle enfin du vendredi 6 octobre, pour le décampement définitif el la retraite de Mayenne, après onze jours d'attaques sans résultats contre Dieppe ' . Ces dates fournies par le Discours au vrai sont confirmées en partie par la lettre de Rosny à Corbinelli, en partie par l'exposé de De Thou. De Tbau, pour une date, diffère du Discours au vrai. D fixe la retraite de Mayenne au jeudi 5 octobre, au lieu du vendredi 6; mais cela ne constitue pas une contradiction entre les deux autorités, puisque la retraite commencée le 5, a pu très-bien ne s'effectuer définitivement el en masse que le 6. Une lettre du roi du 7 octobre annonçant la fin de ce qui s'est passé entre les deux a];mées, paraît confirmer la date du 6 octobre pour la retraite définitive de l'armée ligueuse *.
Dans un règne aussi célèbre que celui de Henri IV, un fait aussi considérable el aussi populaire que la gfuerre autour de Dieppe et d'Arqués, demande sans doute à être précisé exactement dans sa durée , et dans la date de ses principaux détails. C'est ce que nous avons essayé de faire dans cette Noie. Mais il faut reconnaître que la vaiiété des dates, la durée même plus ou moins prolon(^e des engagements entre les deux armées, ne changent absolument rien ni aux conséquences qu'eurent ces actions, ni à la marcbe générale des événements, ni à la nature même de ces engagements. Ce furent, du commencement à la fin, des attaques sur divers points contre des ouiTages avancés d'une ville, contre un camp fortifié, constituant dans leur ensemble une guerre de postes, une guerre de chicane. La multiplicité des échecs de l'armée ligueuse , el les résultats qui en découlèrent, ont seuls de l'importance.
■ Discours au vrai, pages 16, 19, 2S, 17,
< Lettre de Rosiiy h Corbinelli, dans le Journal mililairc de Heori IV, p. 44, SO, Si. — Thuanus, I. 97, § 11, t. IV, p. 801, 803, B0(.— lettre
du roi k Poyaniie, du 7 oi^tobre, dans les Lettres missives, loue ui. p. ss.
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IH>C(IIIBNTS BISTOniWES.
Noie sur un prétendu billet de Henri iVà Grillon. — Mot du roi tur Crtilon, réplique de ce dernier.
•, cbapitre m, p. 1S6 Je
Nous avons donné, à la note de la page 136, le billet que l'on a cm Joiigterops avoir été écrit par le roi au brave Grillon, après les combats d'Arqués, dont le principal fui livré le 21 septembre 1589.
Dans une note sur la lettre adressée par Henri à Grillon le W septembre 1597, tome IV, pages 848, 849, H. Bei^er de \ivrey a attaqué l'aulbenticité de ce billet, et il a avancé: 1" qu'il n'existait de ce billet ni original, ni copie ancienne ; 2° que le billet n'avait été imprimé nulle part avant les notes publiées par Voltaire sur le vers 109 du chant viii de la Hcnriade; 3° que le poète, se rappelant confusément la première pbrase de la lettre du ^0 septembre 1597, en avait composé le billet en question, lequel difTère essentiellement de cette lettre pour la forme et pour l'étendue.
Nous avons Au nous enquérir si les archives et les traditions de la famille de Grillon confirmaient ou contrariaient les assertions du docte académicien. Elles les appuient toutes. La famille de Crillon ne possède ni original, ni copie ancienne du billet, M. Soberats, ancien officier aux gardes wallones d'Espagne, lié d'amitié avec H. le duc de Crillon-Hahon, avec ses parents et parentes, et mort il y a quelque temps à l'Age de 91 ans, avait dans le cours de sa longue carrière recueilli avec un soin extrême tous les faits, toutes les traditions concernant la famille de Grillon. Il a témoigné à plusieurs reprises que tout ce que l'on a dit depuis Voltaire, et d'après lui , sur un billet écrit par Henri IV à Grillon après les combats d'Arqués, n'avait aucun fondement; et que l'opinion générale des membres de la famille ét^t que ce billet n'avait jamais existé.
Henri IV, Sully et tous les historiens du xvi* siècle, écrivent
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658 DOCUMENTS HISTORiaUBB.
Grillon et non Grillon. Il ne faut pas confondre le chevalier de Grillon, le brave Grillon, avec son frère le comnoandeur de Grillon, gouverneur de HonAeur, qui resta eng;agé dans la Ligue jusque dans les premiers mois de i594.
Le roi un jour montrant du doigt le chevalier de Grillon à un étranger, lui dit : « Tenez, voilà l'homme le plus brave de » mon royaume. > Grillon lui répliqua avec une rudesse de soldat bien flatteuse : « Sire, vous en^vez menti, car c'est vous.>
vr.
Relevé des noms despriaces du sang, des principaux. -seigneurs, des gentilshommes, des capitaines et gouverneurs de places voisines, des chefs de corps étrangers, gai tomballirenl avec te Roi à la bataille divry, le 14 mars ]500.
Les naras soDl fournis par 1rs Lettre), relations et libtoipes conlein ' poraines, dont voici lea priDcipal«s : LeUre circulaire de Henrï [V sur la bataille d'Ivry, dana le Recoeil des (.cttrcs missives, (ome lu, pages 107,168, pour plusieurs noms. — liiscoura véritable sur la victoire obteDUi; par le roi, en In bataille donnée prèa le villai^e d'Ivr;, iusÉré dans les Mémoires de In l-igue, t. [V, p. SS6-i(8, in-f, 1758. — Mémoire de M. du Plesïia-Uoniay, de ce qui se passa tant pour le général <iue pour son jiarUcnlier, k la bataille d'Ivry, Mémoires et uorrespoodance, tome iv, pages 47S-477, in-8, 181i. — Lellre da roi h Rosny, dans les (Econ. ro;., cliap. 29, tome i, p. 1S D.— âull;, (Ecod. roy., chap, 30, pages 7S-SI). — Histoire de de Thou, lîv. 98, g 10, t. iv, p. 84(-Bt9, de l'édition latine, Londres, 1733, in-folio. — D'Aubiitué, Hist. univ., t. m, 1. UI, c. B, p.Si8-S3S, édition de 16SI). — P. Hattliieu, liist. de Henri IV, liv. i, p. 3l-3t.— Le journal de La Cut^, dans le journal inililaire de Henri IV, p. 114, Ils.
Le prince de Conti, prince du sang.
Le duc de Montpensicr, prince du sang.
Le maréchal de Biron, chef de l'armée sous les opdres du roi, placé à la réserve.
D'Andelot, d'Aumont, maréchal. — Baltazar Grissac, colonel de l'un des régiments suisses, de Biron. baron, maréchal de camp-général, de Brasseuse, de Brigncux, de Buhy, frère do du Plessis-Mornay. — De.GhasIfs, commandeur, gouverneur
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DOCUHBNTS BISTOtHQDES. fi '9
Dieppe, de Chambray, de Crenai, de Crève-Cœur, de La Curée. — Durollet. — D'Entragues (de Balzac de Clermont).
— De Fargy, de Feuquières (de Pas), de Fonslebon, de Fouquerolles. — De Givry, Grîs&ac (voir Baltazar). — De L'Hospital (de Choisj), comle d'Humières. — De Laborde, de Laboissiére, de La Guiche, grand-maitre de l'artillerie, de Larchant (Grimoville), de Lasalle (frère de La Curée), de Lavergne, de Longuaunay (ou de Lancaulnay), genlilhomme normand, mort dans cette journée en combattant à 70 ans, du Lude (Daillon, comte). — de Mallîgny, de Harrivault, de Honlouet (d'Angennes), de Hontigny, de Mouy (de Vaudray),
— De Nesle (Guy de Laval, marquis). — D'O (François). — Du Plessis-Momay, de Palcheux. — De Rhodes (Pol), de Rosny, — De Saint-Jean, de Sàint-Pau! (comle), Schomberg (Théodoric), commandant des reitres, de Sussy, frère de du Plessis- Mornay. — De Thorigny (comle), de la Trémoille.— De Valois (Charles), grand-prieur, de Vie (Sarret), maître de camp de l'infanterie, et sergent de bataille à lajoumée d'Ivry, de Vifose (écrit Vissouse), de Vignolles, colonel.
Note sur les personnages français auxquels les Lettres de Henri IV sont adressées.
On connaissait déjàplusieurs centainesde Lettres deHenri IV, par la publication successive de Recueils de pièces du temps, de Mémoires, d'histoires, où le lexte de ces lettres était donné, publication qui en partant du commencement du xvii" siècle, en continuant dans le xviii", s'étail prolongée jusque dans le nôtre. Parmi ces ouvrages nous ne citerons que quelques-uns des plus anciens : la première édition des Mémoires de la Ligue, le Recueil de divers Mémoires servantà l'histoire de noire temps, les Hémoires de du Plessis-Mornay, de Sully, du duc de Nevers, ceux du duc de La Force mis au jour, en 1 843, par M. le marquis de Lagrange, les Négociations du président Jeau-
nin, les Registres-journaux de Lestoile, la Décade de Le Grain, l'hisloiro de Matthieu.
L'intervention du ^uvernemenl, le IraTaîl de l'éradition et de la crilique ont plus que doublé dans'le Recueil des Lettres missives de Henri /K, confié à H. Berger de Xivrey, membre de l'Institut, le nombre déjà si considérable des Lettres du roi.
Dans ces Lettres, Henri IV s'adresse tout à la fois aux membres du clergé, de la noblesse, de la magistrature, de la bourgeoisie : sa correspondance embrasse la grande majorité de ce que la France possédait alors d'illustre ou de recommandable dans les rangs de l'armée, dans les diverses branches du gouvernement et de l'administration, dans les diverses professions; c'est l'aristocratie de la naissance, du talent,des services rendus â la patrie.
Nous avons eu l'idée d'abord de donner la liste générale des Franchis auxquels les Lettres de Henri IV sont adressées. Nous avons renoncé ensuite à publier le résultat de ce dépouillement. Nous avons pensé que ceux qui souhaitaient connaître les notabilités du pa^, à la fin du svi* siècle et au commencement du xvu» siècle , avaient moyen de satisfaire ce désir, en consullanl les listes particulières de noms que M. Berger de Xivrey a jointes à chacun des volumes du Recueil, et en recourant aux. notes généalogiques et historiques qui sont devenues une partie considérable de son travail.
Nous nous bornerons donc à énoncer en résumé que le Recueil , lequel embrasse l'enfance et la jeunesse de Henri IV, son règne en Navarre, son règne en France jusqu'à sa mort, fournit les noms de prés de quatre cents personnages français, ou compagnies et corps, appartenant aux divers ordres du royaume, sans compter ceux des personnages, corps et ordres publics, étrangers.
Vffl.
État des sommesque les chefs de la Ligue exigèretit de Henri IV pour leur désarmement.
Ces sommes sont énoncées dans trois états différents fournis par Groulart. par Sully, par Pierre Dupuy.
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Groulart, député à l'assemblée des notables, réunis à Rouen, a dressé son état d'après les communications faites aux Notables, et a consigné cette piècesousl'an 1596, dans le chapitre 7 de ses Hémoires ou Voyages en cour. On la trouve au lome xi, première série des Hémoires relatifs à l'histoire de France, collection de MM. Hichaud el Poujoulal, pages 568, 569. Groulart donne pour argument à son relevé les réflexions suivantes: < Le lundj 25 novembre i596, nous fusmes disner
> chez H. le président Séguier, M. d'Incarville et moy, pour,
> par le commandement de Sa Majesté, voir le menu de ce que » coutoient les capitulations des villes de ce royaume; où l'on » nous tjst veoir de grandes vUlenies et de l'argent incroyable 1 baiKé à ceux qui avaient Irahy f Estât, et esté cause des
> grandes guerres de la Ligue. >
Sully a inséré l'état qu'il fournit, dans le chapitre 151 de ses Œconomies royales, tome ii, pages 29, 30, de l'édition de H. Michaud. Cetle pièce fait partie des documents politiques de l'année 1605, et il importe de bien remarquer celte date.
En regard de l'élat produit par Sully, on en trouvera un autre qui est identique, excepté pour l'orthographe de quelques mots et le commencement de quelques phrases, différences qui prouvent que les deux états relevés surlamSme pièce officielle n'ont pas été copiés l'un sur l'autre. Nous ne savons pas si cet étal est celui qui a été imprimé dans un ouvrage publié en 1835. L'auleur dit qu'il est original, et écrit de la main de Henri IV. Celui que nous donnons n'est qu'une copie, et celle copie est tout entière de la main de Pierre Dupuy, donl l'écriture est bien connue. On le trouve dans le volume 549 de ses manuscrits, numéros 87 et 88. Nous l'avons étudié avec soin, et nous croyons être arrivé à une entière exactitude sous le rapport des noms, des qualifications, des sommes qui s'y trouvent portés. Cel élat est très importanl. Copié par Dupuy, sur quelque pièce ollicielle du lemps, probablement du vivant de Henri IV, «1 certainement bien des années avant la publication de la première partie des (Economies royales qui date de 1638, l'état en question sert de contrôle et de confirmation à celui qui est produit par Sully et par ses secrétaires, el devient une
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preuve de plus de leur exactilude, non pas dans de minutieux et insignifiants détails, mais dans toutes les matières importantes.
Groulart porte moins haut que Sully et que Dupuj, les sommes extorquées au roi et au royaume par les chefs de la Ligue. Cette différence en moins provient de plusieurs causes. D'abord, indépendamment des stipulations que les princes lorrains et autres seigneurs de la Ligue firent avec Henri, et qui devaient avoir au moins une demi-publicité, puisqu'il était impossible qu'un grand nombre de fonctionnaires publics et les Etats- généraux ou les Notables n'en eussent pas connaissance, ils lui arrachèrent des promesses seerettes, des articlet secrets, aux termes desquels il dut leur payer, avec le temps, des sommes bien plus considérables que celles portées dans leurs traités. Ils agirent ainsi, ou bien parce qu'ils avaient à couvrir des dépenses qu'ils rougissaient d'avouer; ou bien parce qu'ils voulaient cacher en partie au pays l'énurmité de leurs exigences, lesquelles, dans ce qui était connu, excitaient déjà contre eux l'animadversion publique, comme nous venons de le voir. Eu second lieu, outre les chefs de la Ligue, le roi eut à payer leurs principaux serviteurs, leurs conseillers, pour qu'ils persuadassent à leurs maîtres de prendre le parti de la soumission. Pour ces dernières sommes, on sent bien qu'il n'y avait rien d'écrit : c'était de l'arçent qu'il fallait donner de la main à la main, sous le manteau. En troisième lieu, les chefs de la Ligue contraignirent Henri, dans bien des circonstances, à dépouiller ses serviteurs de dignités et de droits lucratifs, pour les leur attribuer à eux-mêmes. Par exemple, pour obtenir le désarmement de Villars, qui tenait Rouen , le roi fut obligé d'ôter la charge d'amiral à Biron le fils, et de la donner à Villars; d'ôter encore d'autres prérogatives et d'autres avantages au duc de Montpensier, gouverneur de la Normandie, et au chancelier de Chevemy. Même pour pacifier le royaume, Henri ne pouvait sacrifier ceux qui l'avaienVaidé à le sauver. Il lui fallut donner récompense à ses serviteurs. Il les indemnisa en argent, n'ayant aucune autre compensation à leur oflrir dans les circonstances où il se trouvait. Ces divemes
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miCUHBNTS HISTORIQUES. 663
causes élevèrent prodigieusement le chiffre des dépenses occa- . sionnées parla soumission des chefs de la Ligue, comme on va le voir par deux ou trois faits choisis entre tous les autres. Le duc de Lorraine astipulé par son traité que le roiluî donnerait 900,000 écus ou 2,700,000 livres; mais il a tiré en outre du roi des promesses secrelles, soit pour lui-même , soit pour divers particulier.^ qui l'entourent, et la somme de 2,700,000 livres, portée dans son traité, se transforme en une somme de 3,766,825 livres. Mayenne par son traité n'a exigé que 820,000 écus ou 2,460,00OJivreB;raais il a ohligé le roi de se charger de payer deux régiments suisses, qu'il a employés pendant la guerre civile sans en acquitter la solde, et les 2,460,000 livres, qui lui sont en apparence attribuées, deviennent elfeclivemenl 3,580,000 livres. Vîllars, le chef des Ligueurs, à Rouen, n'a demandé en aident quel15,430 écusou2,146,290 livres; mais il a dépouillé Biron, Hontpensier, Cheverny, contraint Henri à donner des récompenses à ses serviteurs, et la soumission de ce chef, tout mis ensemble, ne coûte pas moins de 3,477,800 livres. Le gouvernement du roi ne put montrer aux Notables assemblés à Rouen que les sommes portées dans les traités signés par les chefs de la L^e : l'honneur et la politique lui commandaient cette réserve. Il avait promis de ne pas faire connaître tes promesses secreltes, les articles secrets; il fallait qu'il tint sa parole. Il venait à peine de pacifier le royaume: il ne pouvait, en mécontentant profondément les princes de la maison de Lorraine et les autres chefs des rebelles, les pousser soit à se révolter de nouveau, soit à se joindre aux Espagnols, avec lesquels il était encore en guerre ouverte en 1596. Il lui était tout aussi sévèrement interdit de rien révéler de ce' qu'il avait à payer pour désintéresser ses serviteurs. Quoique cette indemnité fût de toute justice, elle pouvait être mal interprétée, et ceux qui la recevaient étaient exposés à ce qu'on les accusât de manquer de désintéressement et de délicatesse : la reconnaissance et la prudence voulaient qu'il ne s'aliénât pas ses partisans. Groulart n'a pu connattre et n'a pu faire lifurer dans son état que les sommes portées dans les traités souscrits par les chefs de la Ligue, et
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dont le gouvernement du roi donna connaissance aux Notables. Une pièce manuscrite, qu'on trouve dans les Cinq cents de Colbert, au volume 32, qui se rapporte article par article â l'état produit par Groulard, et qui semble avoir appartenu à l'un des Notables, mieux informé que Groulart, indique Tormellement dans son intitulé, qu'elle contient, non pas la (otalité, mais une partie seulement des sommes reçues par les cbefs de la Ligue. € Exlraict des sommes de deniers qui ont » esté donnez et accordez aux Ligueurs pour plusieurs traictez, T et soumission des provinces, villes, chasteaux et forteresses » qu'ils ont réduicts en l'obéissance du Roj. ï Enfin, une dernière cause de la différence en moins, qui se trouve entre l'état donné par Groulart et celui présenté par Sully, c'est que Groulart n'a pu nécessairement comprendre dans le ^en les sommes qui ne devaient être payées que plus tard, aux termes de traités dont les uns étaient entamés, mais pas conclus, dont lesautresn'élaientqueprojetés. Lui-même prévient que son étal, pour cette raison, demeure incomplet, et il termine son relevé par l'observation suivante: «D y en aura encor pour trois cent » mille escus (900,000 livres) qui ne sont icy compris; et ^ » on traite avec M. de Mercure (Mercœur) qui en aura encore 1 bonne somme. 0 temporal ' »
Sully, en sa qualité de surintendant des finances, a connu toutes les sommes dépensées, soit directement, soit indirectement, pour le désarmement des chefs de la Ligue; les promesses secrelles faites à ces cbefs; les UbéralilÉs accordées à leurs conseillers et à leurs partisans, désignés sous le nom de particuliers; les récompenses données aux serviteurs du roi qu'on dépouillait, tout aussi bien que les sommes portées dans les traités mêmes, conclus par les princes et seigneurs du parti de la Ligue. Sully a pu tout porter dans son état, parce que cet étal n'était destiné dans l'origine qu'au roi qui le demandait; parce qu'il ne fut dressé qu'en 1605, après la mort de tous les intéressés parmi les serviteurs du roi qui s'y trouvent nommés, parce qu'enfin, il ne fut publié qu'en 1638, après la
t Groulart, Voyages en eoor, chap. vu, p. B60 B.
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DOCDMBNTS HtSTORIQDBe. 665
morl de tous ]es chefs de la Ligue eux-mêmes. Dans presque tous les articles de l'élat qu'on doit à Sullj, on trouve les raisons de la diiïéreuce en plus, comparativement avec ce que le Gouvernement fit connaître aux Notables assemblés à Rouen, et avec les énoncés deGroulart. On s'en convaincra, si l'on veut étudier avec quelque attention les sept premiers articles, seulement, et particulièrement entre ces articles, le premier relatif au duc de Lorraine, le second relatif à Mayenne, le septiËme relatif à Villars.
n n'échappera pas au lecteur que Groulart compte partout en écits; que, par conséquent, il faut tripler les sommes portées à chacun des articles de son état; et qu'en commençant par le premier article, celui relatif au duc de Lorraine, on doit compter pour les 900,000 écus, attribués à ce prince, une somme de 2,700,000 livres.