CONDUITK'DU ROI. ÉTABLISSEMENT DU CONSEIL DE IIAISON
pour livre. Rosny prétendait que le concours de ces difficultés détruirait en peu de temps les chimériques et périlleux établissements imaginés par les Notables.
Tout donnait à penser que ces calculs étaient justes, que les choses suivraient cette marche; mais ce n'était qu'une présomption dans des circonstances très graves. Le roi jugea plus sûr à la fois , plus loyal, plus digne de lui, de tout tenter pour ramener les Notables d'un premier entraînement, et pour n'employer qu'à la dernière extrémité l'expédient de Rosny. Le 28 janvier, le matin, il envoya deux membres du conseil d'État, Sancy et d'Incarville, demander aux Notables de revenir sur la séparation des revenus publics et du pouvoir , et de rétablir l'unité, en faisant rentrer dans les mains du roi la disposition de tous les subsides: Les Notables refusèrent par l'organe du cardinal de Gondy, montrant par ce qua- ^ trième acte de quelle liberté ils avaient joui dans cette assemblée, en même temps qu'ils affermissaient la séparation des revenus et de la prérogative *. Le roi dès lors n'eut plus qu'à suivre la politique conseillée par Rosny. Il se rendit au sein de l'assemblée des Notables, leur déclara qu'il acceptait leurs propositions, réclama le choix des impôts qu'il administrerait , l'obtint d'eux , et leur enjoignit de nommer dans les vingt-quatre heures ' les membres du Conseil de raison. Le Conseil se constitua aussitôt, entra en exercice , exerça les pouvoirs énormes et extraordinaires consentis par la couronne. Le lendemain, Henri congédia l'assemblée des Notables *.
* Groulart, Voynges en cour, cli. VIÏ, p. 574. « Messieurs du Oonseil... » nous remonstrèrent par les sieurs de Sancy et d*Incaryille la difli- » culte qu'il y auroit d'avoir les deniers que Sa Majesté s'attendoit » recevoir, si on vouloit tenir à la rigueur du département (partage) » qui estoit dans notre cahier. Leur fut fort prudemment répliqué par » M. ^e cardinal de Gondy qu'on ne pouvoit plus y rien cl^anger. »
* Sully, QEcon. roy., cb. 70, p. 239, 240. — Groularl, ibid.