‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 32 sur 344 · LIV V. CR. II. L*ARMÉE A LUX, LA CAVALERIE A^FONTAINE-FRANÇAISE · texte numérisé non relu

LIV V. CR. II. L*ARMÉE A LUX, LA CAVALERIE A^FONTAINE-FRANÇAISE

dépendre le sort de la campagne et la défense du territoire des exploits aventureux d'une rencontre qui ne fut qu'un accident*.

Suivant les résolutions arrêtées, le roi partit dfe Dijon, Je 5 juin, à quatre heures du matin, et arriva à Lux à huit heures. Il avait mandé à tous ses serviteurs qui étaient sur la frontière, de lui donner, à Lux, les nouvelles les plus certaines qu'ils pourraient de ses ennemis. Leurs rapports ne se trouvant pas conformes, on décida qu'on marcherait sur Fontaine-Française , bourg situé à l'extrême frontière. Henri donna rendez-vous aux diverses troupes dont se composait son corps de quinze cents cavaliers à Fontaine-Française, pour trois heures après midi. Il enjoignit au baron d'Haussonville d'aller prendre cent chevau-légers qui campaient quelques lieues en avant, et de faire une reconnaissance attentive de l'armée ennemie. Il lui recommanda de s'assurer si les Espagnols marchaient ou séjournaient, et, au cas ou ils seraient arrêtés dans quelque village, d'examiner s'il

* Ce plou et ces opérations sont formellement attestés: 1* Par Balthazard, chargé d'une mission près du roi par Rosuy, et témoin oculaire, dont on trouve la lettre dans les OEcon. roy., ch. 60, p. 197 B. V Par la relation contemporaine intitulée : Discours victorieux de ia charge faicle par le roy aux troupes du connesiahte de Castilie et duc de Mayenne, Paris, J. Mettayer, in-8", p. 7. Plusieurs des circonstances contenues dans ces deux récits sont confirmées par la lettre du roi à Montmorency du 8 juin, p. 365, et par l'exposé de d'Aubigné, t. III, 1. ÎV, ch. 8, p. 352, 353. Voici les traits principaux : « Sa Majesté pro- » posa au mareschal le dessein qu'elle avoit projeté, qui estoit de » prendre mil chevaux et cinq cens arqUebuziers à cheval, et aller » prester une estrette aux ennemis, devant qu'ils fussent bien assurez » de son arrivée , ei par ce moyen retarder leur venue d'un jour ou n deux, pour avoir plus de loisir de faire un retranchement par de- » dans la ville (Dijon), pour on séparer le chasteau. Prendre le reste de » son armée pour aller combattre le connestable de Castilie à trais ou » quatre lieues de la dite ville. » Les 1,500 cavaliers par lesquels le roi se fit suivre se composaient de 800 hommes de troupes régulières, dont Henri parle dans sa lettre du 8 juin, et de 700 gentilshonuncs ou gens d*annes de leurs compagnies, appelés de tous les pays environnaDts.

0*HÂUSS0NV1LLB ET MIRBBEAU ENVOYÉS EN RECONNAISSANCE. 53

n'y aurait pas moyen de les attaquer à l'improviste, en leur cachant la marche des Français. Il lui prescrivit en outre de faire retour vers lui, et de lui fournir les renseignements demandés, dans le plus bref délai possible; et s'il ne pouvait revenir plus tôt, de régler du moins sa marche et ses mouvements, de manière à se trouver avec ses soldats à Fontaine-Française à trois heures, au moment du rendez-vous général. Le roi, multipliant les précautions et les moyens d'information , donna soixante chevaux au marquis de Mirebeau pour aller prendre langue, et faire de son côté une reconnaissance, en même temps que celle de d'Haussonville*.

* Discours victorieux de la charge faicte par Sa Majesté, p. 7, 8. — La lettre de Balthazard à Rosuy, dans les CEcon. roy., ch. 60, p. 198 A. — Journal de La Curée, dans Timprimé, p. 86. — D'Aubigné, t. lU, L rv, ch. 8, p. 353.

Nous allons essayer de présenter d'une manière vraie et complète le combat de Fontaine-Française, en nous aidant des document contemporains ci-après énoncés : 1* Le Journal de La Curée, témoin et acteur dans cette action : dans la première partie du combat il était auprès du maréchal de Biron , dans la seconde auprès du roi. Son récit est Tun des principaux documents sur cette action : les historiens modernes n*en ont fait aucun usage. Le récita été imprimé dans le Jour^ nal militaire de Henri IV , par M. le comte de Valori, p. 83-92 ; mais les observations très-importantes, jointes par La Curée à son exposé, sont restées dans le manuscrit du Fonds du roi, n» 8,929^ ayant pour titre : Mémoires du règne de Henri Ul : nous extrairons de ces observations ce qui est nécessaire pour compléter ou pour confirmer le récit. V* Le passage des Mémoires de Guillaume de Tavannes, relatif à Fontaine-Française, qu^on trouve dans la collection de M. Michaud, t. VIII, p. 500 : coaune La Curée, Guillaume de Tavannes est témoin et acteur. S» La lettre de Henri IV à sa sœur, pour plusieurs détails. 4» La lettre du sieur Balthazard à M. de Rosny, touchant ce qui se passa à Fontaine-Française, dans les OEcon. roy., ch. 60, t. 1, p. 197- 199. Balthazard est témoin oculaire. 5<> Le Discours victorieux de la charge faicte par Sa Majesté aux troupes du coniiestable de Castille et duc de Mayenne. Cet écrit nous a transmis les renseignements oraux et écrits fournis par les honunes du temps. 6o Les récits de d*Aubigné et de P. Matthieu, qui tenaient plusieurs circonstances et plusieurs mots de la bouche même de Henri IV.

NouB ne voyous pas qu'on ait tiré un parti sérieux de ces documents

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