II INTRODUCTION
généraux de sa civilisation, etpar le prodigieux développement de ses institutions.
L'histoire du Brabant à cette époque est en outre d'autant plus intéressante, qu'elle nous offre un spectacle assez différent de celui que nous présente l'histoire de Flandre. En Brabant, la féodalité était bien plus fortementconstituée que dans ce dernier pays; on n'y voyait pas ces puissantes communes qui traitaient d'égal à égal avec les princes, et Louvain était à proprement j)arler la seule ville du duché qui rappelât plus ou moins, par ses richesses et par sa turbulence, la physionomie des grandes villes de Flandre. Cependant bien qu'il y eut moins de liberté dans le Brabant, le peuple y était aussi heureux, et peut-être même beaucoup plus heureux, parce que la puissance de ses seigneurs était tempérée par la vigueur des souverains, et par l'intervention de l'Église. De nombreuses abbayes couvraient son territoire; or, ces établissements, comme l'ont reconnu la plupart des historiens, ont de tout temps contribué pour beaucoup à défendre les droits du peuple contre les caprices de ses maîtres.
Les règnes de Henri II et de Henri III, après le règne si agité de Henri I", avaient affermi les institutions libérales du [)ays; l'œuvre de Jean F% fut de mettre la dernière main aux entreprises de ses prédécesseurs. Digne rejeton du noble sang de Charlemagne, ce prince a constamment marché sur ses traces avec gloire. Dans une sphère moins élevée, il est vrai, mais aussi féconde en événements, relativement bien entendu à la puissance dont il put disposer, il a comme lui su allier le génie du conquérant et les vues profondes du législateur. Sa victoire de Woeringen, et ses célèbres chartes de 129% sont