‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 5)Chapitre 132 sur 136 · SA VIEILLESSE · texte numérisé non relu

SA VIEILLESSE

Qu'on ne croie pas pour cela que l'administration restât en souflVance, et que les intérêts généraux fussent abandonnés pour les divertissements du roi. Dès que la paix parut probable, et l'espérance permise de relever le commerce, en septembre 1712, des lettres patentes organisèrent le commerce de la Louisiane. L'autorité s'y proposait de compenser de ce côté la perte de la baie d'Hudson que le traité d'Utrecht allait livrera TAngleterre, de tirer de la Louisiane les marchandises que la France achetait encore des étrangers, et d'ouvrir par ce pays un nouveau débouché au\ marchandises du cru et des manufactures de France (1). Il s'y joignit le mois suivant une ordonnance en faveur des îles d'Amérique (Antilles), qui défendait aux maîtres de donner la question à leurs esclaves, et entendait prévenir par là de nombreuses désertions d'esclaves, funestes à l'exploitation de ces îles. Dès le mois de janvier 1713, l'attention du roi se portait sur les moyens de réparer les calamités intérieures. En réglant le répartement de la taille, il en accordait l'exemption pour quatre ans à ceux qui remettraient enculture les domaines et fermes abandonnés. Avant la fin de Tannée (septembre 1713) il commença à ramener les monnaies à leur valeur réelle. La

1; Isamberl, tome XX, page 576 ; le monopole de ce commerce était abandonné pour quinze ans au sieur Crozat. Si l'on se rappelle qu'à celte époque, il n'y avait encore eu Louisiane que vingt-cinq familles françaises qui avaient grand besoin de protection et de direction, on conviendra que ce monopole était une protection et non une gène, et qu'il n'est pas exact, comme le prétend un historien de la Louisiane, que cette concession fût de la part de Pautorité un abandol^.

diminution devait être, au débuts de dix sols sur un louis, de deux sols six deniers sur un écu, et se poursuivre dans la même proportion de deux en deux mois, jusqu'à ce que le louis fût à quatorze livres, et l'écu à trois livres dix sols, ce qui est à peu près la valeur intrinsèque (1). Singulière contradiction de l'esprit humain, ou plutôt impudeur de l^égoïsme! Rien n'était assurément mieux entendu pour le bien commun « que de mettre les espèces et matières d'or et d'argent sur un pied proportionné à la valeur qu'elles ont eue dans tous les temps et qu'el les avaient encore dans les pays étrangers». Cependant il se trouva des gens pour affirmer, et d'autres pour croire, qu'il y aurait au contraire avantage à augmenter le prix des espèces et des matières, soit par le désir de sortir plus facilement d'engagements téméraires, soit par le regret de ne pouvoir plus continuer un commerce d'usure. Le roi eut besoin de résister, de renouveler ses arrêts, et d'éclairer les populations ignorantes par des déclarations formelles. On en trouve une à la date du 13 août 1715, dix-huit jours avant sa mort (2).

La paix faite à Rastadt comme à Utrecht, le roi, considérant que les affaires augmentaient par les relations plus fréquentes avec les princes étrangers, jugea que deux conseils d'Etat par semaine ne sùffisaicnl pas ; il en établit un troisième. Un fait rapporté par

(1) DaDgeau, 29 septembre 1713.

(2) Isambert, tome XX, page C45i

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