LES COLONIES RELEVÉES — LOUISIANE
Saint-Domingue pourvue des mêmes privilèges que la Compagnie des Indes-Occidentales (1). 11 yjointune autre ordonnance pour réservet» aux Français le commerce des colonies françaises. Les étrangers avaient encombré ces marchés de leurs produits. Les mar-^ chands de France n'y trouvaient plus que peu de dé* bouchés et ne parvenaient^ qu'après de longs retards^ à rassembler leurs propres chargements. Le roi remet en vigueur les anciens règlements qui assuraient ce commerceetcette navigation aux sujets du royaume.
Dans cet entrain, on reprit les projets de La Salle. Pontchartrain,qui avait la marine dans ses attributions^ expédia, en 1698, pour la Louisiane, deux vaisseaux sous le commandement de Château-Morand et d'Iberville. Arrivés, en janvier 1699, en vue dé la Floride et de la baie de Pensacola, ils trouvèrent d'abord une île souillée de débris humains, têtes et ossements, qu'ils nommèrent Massacre; le 2 mars, ils entrèrent dans les bouches du Mississipi , dans la Palissade^ comme disaient les Espagnols, formée des troncs d'arbres entraînés par le courant. Iberville commença par la construction d'un fort entre le Mississipi et la rivière Maubile;. plus tard il fit un établissement sur cette rivière, puis des magasins et des casernes dans l'île Massacre qui bientôt s'appela Dauphine. Mais le succès devait être lent, soit par le défaut de colons, soit par la crainte de la concurrence des Espagnols et des Anglais; ceux-ci menaçaient d'établir dans le pays des
(1) leambert, tome. XX, 20 août 1698.
religionnaires français réfugiés. En 1712, la Louisiane ne comptait encore que vingt-cinq familles françaises; et ce n'est qu'en 1717 qu'ont été jetés les fondements delà Nouvelle-Orléans (l). Toutefois, c'est à l'impulsion de Louis XIV qu'il convient de rapporter la colonisation de la Louisiane, quoiqu'il n'en ait pas vu les effets.
Cette impulsion fut plus efficace et plus rapide aux grandes Indes. Ilavait fait rendre Pondichéry auxmarchands français. La Compagnie des Indes-Orientales profita, sans tarder, decetavantage. Elle avait un agent supérieur dans Martin, le fondateurde la ville, le plus grand administrateurqueles Français aient eu en Asie, de l'aveu des Anglais. Elle lui envoya des renforts, des officiers, des ingénieurs, des subsides; elle le nomma présidentduConseil supérieur qu'elle établità Pondichéry. Martin répondit à cette confiance par un grand accroissement de prospérité. Dès 1699,1a s illecomptait déjà cent maisons; dix ans après, la population montait de cinquante à soixante mille personnes. C'est le beau temps de la Compagnie des Indes. Dans cette période, elle bâtit en Bretagne, comme son principal entrepôt, la \i\\e de Lorienty à la rencontre du Blavet et du Scorf, et dans une situation que l'intendant Nointel signalait, en 1698, comme la plus belle et la plus digne d'attirer les marchands.
En dépit de ces mesures, qui aussi bien ne pou vaient disposer que pour l'avenir, il restait bien des misères,
(1) Charlevoix, Histoire de la Nouvelk'France, tome III.