‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 5)Chapitre 92 sur 136 · FERMETÉ DE LA RËINÈ ANNE · texte numérisé non relu

FERMETÉ DE LA RËINÈ ANNE

Fmnce et pour la religioa catholique, déclara que tout traité qui laisserait à Philippe V l'Espagne et les Indes livrerait du même coup l'Europe à là France. Il ajoutait d'un ton prophétique qu'en tnoins de trois ans la reine serait massacrée^ et les bûchers allumés au cœur de Londres, comme au temps de Marie Tudor, pour anéantir tous les protestants. Au dehors plusieurs des alliés présentèrent par écrit leurs protestations: l'archiduc Charles devenu, par le choix des électeurs d'Allemagne, l'empereur Charles VI, le conseil d'Etat des Provinces- Unies, l'électeur de Hanovre, héritier présomptif de la couronne d'Angleterre. L'Empereur dénonçait dans ces préVvïnuyL\ives équivoques P artifice d'un ennemi qui, à bout de moyens de résistance, ne se proposait plus que de diviser les alliés, et, dans la cessation d'une guerre entreprise pour la seule maison d'Autriche, le commencement du très-honteux esclavage de F Europe ; il se refusait absolument à envoyer aucun plénipotentiaire pour traiter sur de pareilles bases. Le conseil d'État des Provinces-Unies repassait, dans un ver** biage ampoulé et interminable, tous les événements de la guerre pour démontrer la nécessité de lâ conti^ nuer. Tant de victoires éclatantes attestaient la puissance des alliés; mais les ressources que l'ennemi avait su tant de fois retrouver pour réparer ses pertes les obligeaient à le poursuivre jusqu'à son épillseinetlt complet. Qu'importaient les charges extraordinaires imposées aux Provinces-Unies pour cet objet? Les grandes choses ne s'acquièrent ordintxirement qn^d haut

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prix y et r honneur et la gloire ne se laissent aborder que par des chemins scabreux et escarpés. On devait à Dieu de persévérer dans la lutte, en reconnaissance de tant de victoires passées, et la prudence et la saine raison condamnaient une inaction qui entraînerait la perte de tant d'avantages. L'électeur de Hanovre s'attaquait directement au gouvernement anglais. Destiné à régner sur l'Angleterre, et y comptant les whigs pour amis, il faisait appel à leurs sentiments pour contrecarrer le projet des nouveaux ministres. Son grand grief élaitla conservation de l'Espagne à Philippe V. Selon lui le danger était le même qu'au temps de Guillaume III. Comme, malgré la paix de Ryswick, Louis XIV avait reconnu pour roi d'Angleterre le fds de Jacques II, dès qu'il avait senti sa puissance doublée par l'avènement de Philippe V, aujourd'hui l'affermissement de son petit-fils lui donnerait la puissance de rétablir le prétendant; et, par l'union désormais inévitable de trois rois catholiques si forts par terre et par mer, c'en serait fait à jamais de la religion protestante et de la liberté de l'Europe (I).

Non contents de celte opposition ouverte par écrit, les trois alliés y joignirent l'action occulte des intrigues et des complots pour soulever l'opinion contre les ministres anglais, et supprimer par leur chute leur projet de paix. Buys le Hollandais, envoyé à Londres dès le mois d'octobre, y trouva une connivence utile

(1) Actes et Mémoires de la paix d*JJtrecht^ tome W : Protestations de TEmpereur» 8 novembre 1711; du conseil des Provincee-UnieSy 13 novembre; de l'électeur de Hanovre, 9 décembre.

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