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Le commandant en chef passa la journée de mercredi à Baaraza. Ge jourla, un soldat qui avait pris part au combat de Gundet arriva au camp, accompagné d’une femme abyssine. Il déclara que cette femme l’avait soigné comme un fils et l'avait gardé près d’elle jusqu'à ce jour; une
PASSAGE Do M? BAMBA.
rene ROUTE DE L L'ARMÉE LÉGIPTIENNE
A. Vers Baxara.
3, Vers Aux 40,
rlilication fut accordée à celle-ci , Le major Loshe, chef des transports, arriva dans l'après-midi, On disposait de 568 chameaux en excellente forme, ce qui permettait de pousser de l'avant une force de 4.000 hommes, ls chameaux portant les bagages, quinze jours de vivres, dix jours de demi-fourrage, 100 cartouches par homme et 74 coups par pièce. Chaque homme emporterait avec lui sept jours de vivres et cent cartouches (),
“ Journal do Ragab Saddik, 6 janvier 1876, — © Cf, Dve, op. cit, p.237,
Le jeudi #7 janvier, 4 bataillons d'infanterie, 23 canons de montagne, 5 compagnies du génie se mirent en route pour Adiraso, Un cinquième bataillon fut aflecté à la garde du convoi. Le sirdar laissa à Baaraza un bataillon et une batterie, commandés par Osman Ghaleh beyf?, pour défendre la station, Il pleuvait. Bientôt la colonne abandonna la route qui conduit à Ghinda 6) et, prenant à gauche, s’engagea dans une vallée qui s’élargit d'abord pour se rétrécir ensuite, à mesure que les montagnes s'élèvent, et se terminer par un défilé aux parois abruptes hautes de plusieurs centaines de pieds. Après trois heures de marche, on arrivan pied du mont Bamba. La route avait été rendue quelque peu praticable par les soins de Dennison, Î fallut une heure pour atteindre le sommet haut de 4.500 pieds environ (), puis commença la descente, par une vallée étroite, où l’on dat, sur plusieurs centaines de mètres, faire sauter le rocher granitique pour livrer passage à l’artillerie, Les troupes attergnirent enfin, après une dure étape de quatorze heures, Adiraso, qui, avec son ruisseau, ses palmiers et ses acacias, parut comme un petit paradis ), Les officiers du génie choisirent aussitôt le sommet d’une colline comme site d'un fortin destiné à contenir 3 où 4 compagnies et deux canons (9), |
À l’arrivée du quartier général à Adiraso, deux Abyssins envoyés par le
‘ naïb Mohamed Abd el-Rahim, prisonnier du roi Jean, se présentèrent au
sivdar, [ls expliquèrent que le roi Jean, croyant que les troupes égyptiennes emprunteraient le même itinéraire que jadis l’armée anglaise, avait eu tout d’abord l'intention de s'installer dans le Haouzen, et avait ordonné d’y transporter les canons qui se trouvaient à Adoua. Ayant
( Dye note cet officier comme très énergique et intelligent.
G) AA, Reg. 36, Arr. Abd., pièce 449, le sirdar à Khairi pacha, ag janvier 1876.
I] est à noter que Rateb pacha ne fit pas occuper Ghinda, comme cela avait été proposé au conseil do guerre du 8 janvier 1876.
Après avoir esealadé le mont Bamba, rapporte Ragab Saddik, «on a trouvé deux soldats qui avaient pris part à la bataille de Gundet ;l’un d’eux avait une main coupée et l’autre était castré, [ls avaient un Kastance en leur compagnie».
O CE Dve, op. cit, p. 237 à 240.
4 Ragab Saddik note, dans son journal, que Adiraso n'est pas propre à un élablissement militaire, car la localité est entourée de montagnes de tous côtés, On dul néanmoins l'adopter parce que l’eau y existait en abondance,
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1ppris eusuite par Walad Mikaïl que les Égyptiens s’élaient nus en marche rs Kavakhor, il avait arrêté ce mouvement et quitté le Haouzen pour rentrer à Adoua, où il était attendu incessamment {}, En apprenant cette nouvelle, le sirdar craignit de se voir devancé par les troupes du roi Jean aux défilés qui donnent accès au plateau abyssin, et décida de hâter sa marche sur Kayakhor, localité située au pied du plateau.
Le vendredi 28 janvier, après avoir laissé trois compagnies soudanaises et deux canons de montagne à la garde dé la station et du dépôt d’Adiraso, li rolonne se remit en route. Une longue marche, suivie d’une descente, conduisit les Égyptiens dans la plaine de Haala, qu’on traversa dans toute « longueur sans trouver une goutte d’eau. Vers le soir, la colonne franchit un défilé très étroit donnant accès à une petite vallée où s'élève le village, de Kayakhor @, L'eau de cette localité suit tout juste aux besoins de einq compagnies et l’on ne put abreuver les animaux. La troupe dépassa le village, dont les notables vinrent faire leur soumission, et alla camper au pied du plateau. Une forte garde prit position sur le sommet pour assurer la sécurité du camp.
Le samedi 29 janvier, l'état-major partit à l'aube et gravit l’akaba qui conduil au plateau de Goura. La passe, qui aurait pu être victorieusement défendue par quelques centaines d’Abyssins, était déserte, Néanmoins, une fois arrivé au sommet, on aperçut des rassemblements dans le lointain el on jugea prudent d'attendre l’arrivée des troupes ; les canons furent déballés et montés sur leurs affâts, puis l’armée égyptienne pénétra dans la vallée par une descente agréable et douce #). Le cheikh de Goura, appelé Bahr Nagassi, qui commande à 14 villages &), fit bon accueil aux Égyptiens. Sur ses indications, le sirdar alla camper dans une petite vallée pourvue d'eau, située à l’est de Goura et Osman pacha y fit aussitôt commencer
PT AA, Reg. 36, Arr, Abd. pièce 455, le sirdar à Khairi pacha, 80 janvier 1 876.
® D'après Ragab Saddik, il existe au nord-ouest de Kayakhor, des champs cultivés d’une superficie de 1.000 feddans environ, Près de Kayakhor se dresse une haute colline où avait pris position le bataillon d’Aly Raëf effendi, lors de l'expédition Arendrup.
CT CE. Dve, op. cit, p. 246, .
“Cest le chiffre mentionné par le sirdar; Ragab Saddik ne parle que de 11 villages,
des travaux de retranchement. Le rain des équipages n’arriva que le lendemain. « Tous nos désivs, manda Rateb pacha au Caire le 29 janvier tt; visent actuellement à concentrer nos troupes dans cet endroit, où nous resterons Jusqu'à l’arrivée de l'arrière-garde et la fin du transport des vivres et des munitions, Nous enverrons de toutes parts des émissaires pour recueillir des nouvelles d’Abyssinie. De cette façon, nous serons au courant de la situation, En cours de route, nous n'avons eu aucune perte en hommes ou en objets divers. Notre santé À tous, celle des officiers et des soldats est excellente ©,»
Le dimanche 30 jar vier, Ledj Barraw, omdeh de Addi Huala, se présenta au camp égyptien, avec une soixantaine de gens armés, pour faire acte de soumission. Bien que sa localité eât été brûlée par le roi Jean à la suite du combat de Gundet, en raison de l’appui qu’il avait donné à ÂArendrup, et qu’il errât depuis lors sans feu ni lieu 5}, Ledj Barraw excrçait une certaine influence sur une quarantaine de villages et était à même de réunir un grand nombre de partisans armés. Aussi le sirdar le reçut-il chaleureusement . Une tente fut dressée pour lui à quelque distance du camp et des vivres lui furent envoyés ainsi qu’à ses hommes (%), À Ja suite des informations que lui donnèrent Ledj Barraw et un espion sur les mouvements du roi Jean, Rateb pacha décida d’appeler sur-le-champ à .
Goura la brigade de Rached Rakeb pacha.
3 La dépêche du sirdar porte la date du 3 Moharram 1293 qui correspond au 30 janvier 1876 ; mais Ragab Saddik, dans son journal, a perdu de vue que l'année 1292 était bissextile et comportait de ce fait 80 jours dans le mois de Zul Higga; ayant omis de compter la journée du 30 Zul Higga 1992, toutes les dates de son journal, à partir de 1° Moharram 1293, doivent être diminuécs d'une unité. Le sirdar nous paraît avoir commis la même erreur. |
Fi AA,, Reg, 86, Arr. Abd,, pièce 47a, le sirdar à Khairi pacha, 30 janvier
% Mohamed Rifaat déclare que Ledj Barraw ne vivait que de pillage depuis la perte de son village.
O1 A.A., Reg. 36, Arr, Abd, pièce 50: , le sirdar à Khairi pacha, 3 1 janvier 1870.
Journal de Ragab Saddik, 31 janvier 1876,
Chaque Jour, de petits cheikhs appartenant aux localités voisines vepaent fure leur soumission M}, Rateb pacha demanda au Caire de fui envoyer des épées, des tarbouches, des châles, des selles brodées, des colliers munis d’une eroix, des chaussures, des burnous, des kouffieh et mme des tapis, pour les, distribuer aux cheikhs abyssins comme une marque honorifique de la part du gouvernement égyptien ). Ledj Barraw meut en cadeau, du commandant en chef, des vêtements et une somme d'agent, et le prince Hassan lui remit tne pelisse brodée d'argent; il pute le camp le 4° février
Le père Duflot arriva au camp le a février et fut reçu avec de grands égards par les officiers d'état-major (). IL se rendit au marché en compagnie du naïh Mohamed Adam et du gouverneur de Goura, et, à la manière des ras abyssins, fit battre le tambour pour réunir les habitants. Lorsque ls musulmans et les chrétiens eurent répondu à son appel, il leur tint le discours suivant : « L'armée égyptienne est venue combattre le roi Yohaunès dans le seul but de prendre sa revanche et de se venger de lui. Toul musulman ou chrétien qui demeurera neutre, n'aura rien à craindre, at injustice ni atteinte quelconque contre sa personne ou ses biens. Mais quiconque prendra part à la guerre aux côtés du roi sera considéré em: ennemi et traité comme tel. L'armée et Le gouvernement égyptiens sont mmnommés pour la justice etl'équité qui inspirent tous leurs actes. Ils achètent argent comptant tout ce dont ils ont besoin et ne font de tort à personne, Vaquez donc à vos occupations en toute liberté et sans rien
! Rateb pacha signale l’arrivée le 1°° février de 12 amdchs et cheikhs appartenant à autant de localités de la moudirieh d’Okulé-Kouzaye, de 6 omdehs et cheikhs les localités de la moudirieh du Tigré ef. de l'omdeh de Tsazépa qui dépend de la mogdirich du Hamacène. Le lendemain arrivèrent 14 omdehs et cheikhs des localilés situées dans l'Okulé-Kouzaye, l’omdeh de Baaraza, région quicomprend 13 lsealités, et trois omdehs des localités de la moudirich du Tigré (A.A., Reg. 87 1e Abd., pièce 5e, le sirdar à Khairi pacha, 5 février 1876).
AA, Reg, 87, 4rr. Abd., pièce 10, Le sirdar à Khairi pacha, 1° février 1876, llateb pacha demanda aussi à Nacht bey de lui envoyer 100 costumes, de ceux que portent ordinairement Îles habitants de Massawa. |
“ Selon Mohamed Rifaat, on aurait dit à Ledj Barraw de se rendre où il voudrait jusqu'à ce qu'on l'appelät de nouveau.
* Journal de Ragab Saddik, a février 1876.
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craindre,» 800 personnes environ écoutèrent ce pelit discours et promirent d'en faire part à leurs parents el aux habitants de leurs régions
Le 5 février, arrivèrent au camp des omdehs et des cheikhs venant des régions de Saganayti et de Had-Dak, Ils furent reçus avec beaucoup d'égards et logés dans des tentes spéciales dressées pour eux. Mais, au bout de peu de temps, ils commencèrent à se quereller, chaque parti accusant l'autre de demeurer soumis au roi Jean et de n’être pas sincère dans son prétendu loyalisme envers le gouvernement égyptien. « Puisque nous relevons actuellement du gouvernement khédivial, disaient la plupart d’entre eux, 1} est nécessaire que le commandant en chef procède à à la nomination de nouveaux omdehs et cheikh: On eut quelque peine à leur faire comprendre qu'il était impossible, à l'heure actuelle, d'entreprendre un mouvement quelcor que de cette ne et que chacun devait garder le poste qu'il occupait ©),