‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 71 sur 176 · LA MISSION D'ALY BEY EL-ROURI · texte numérisé non relu

LA MISSION D'ALY BEY EL-ROURI

dans Le Hamacène pour y prendre position. Le roi Jean n’était pas en mesure de s’opposer à ce mouvement; 1l ne pouvait plus réunir ses soldats maintenant qu’il les avait dispersés, ni pénétrer dans le Hamavéne en raison de l’état des routes, devenues boueuses et pleines d’eau ln.

Le Khédive, c’est une justice à lui rendre, se rendit compte que l’exéeution de ce projet était de nature à rallumer la guerre entre les deux pays. Or, même en laissant au sirdar le bataillon dont il sollicitait le maintien, l’effectif de l’armée était par trop réduit pour permettre la reprise des hostilités. Les bachi-bouzouks arabes et tures qu’il avait envoyés à Massawa en remplacement des troupes régulières ®}, ne les valaient pas comme qualité. Les troupes présentes à Massawa éfaient d'ailleurs en si petit nombre que le vice-roi avait dû opposer un refus à la demande d’Alaeddin bey qui avait sollicité l’envoi de deux compagnies de mouhafizines pour renforcer les garnisons de Soudan oriental }, Dans ces conditions, le Khédive, jugea préférable de s'abstenir de tout mouvement militaire. La voie des négociations restait ouverte et il décida d'envoyer Aly bey el-Roubi (} à Adoua, dans l'espoir d'obtenir du roi Jean ce qu'il

U) A.A., Reg. 4o, Arr. Abd., pièce 255, le sirdar à Khairi pacha, 19 juin 1876.

# Après l’arrivée de l'ordi du serbiada Koutchouk Aly agha à Massawa le 10 juin, le vice-roi avait prescrit de renvoyer en Égypte le bataillon régulicr qui se trouvait encore dans cette ville (A.A., Reg. 29, Aie Abd., pièce 250, O. $, au sirdar, 15 juin 1876).

GI AA,, Reg. 29, Dép. Abd., pièce 138, Khaïri pacha à Alaeddin bey, 30 mai 1876. Le Taka avait très peu de soldats et ceux-ci se trouvaient dispersés parmi les tribus arabes pour percevoir les impôts ; aussi Moustapha bey, moulahiz des travaux de la moudirieh, avait-il demandé à Alacddin bey de lui envoyer une compagnie régulière. Or Alaeddin bey n'avait pas assez de troupes pour satisfaire à ectte demande., Il avait naguère envoyé 120 Chaïghié à Gallabat, D'autre part, la garnison d'Amideb, réduite à 3 compagnies, avait besoin d’être renforcée d’une compagnie. C'était au total, deux compagnies qu'il lui fallait, C'est pourquoi il avait demandé «u vice-roi de lui envoyer 2 compagnies de mouhafizines prélevées sur les trois compagnies qui se trouvaiont à Massawa, afin de remplacer à Senhit les troupes qu'il enverrait au Taka et à Amidcb (A.A., Reg. 4o, Arr. Abd, pièce Go, Alacddin bey à Khairi pacha, 23 mai 1876).

# Mohamed Rifaat, qui n'est pas sans avoir éprouvé quelque jalousie à l'endroit d'Aly bey el-Roubi, dit que le Khédive lui accorda deux promotions à la fois, celles : de kaïmakam et de miralaï (ef. Monamen Ruraur, op. cif., p. 90).

SR désirait, sans avoir recours à la guerre. Par contre, et ce fut. là une faute, le vice-roi jugea qu'on pouvait donner carte blanche à Walad Mikhaïl, € Si, manda-t-1l au sirdar, Walad Mikaïl désirait de lui-même se rendre avec ses soldats pour arrêter dedjaz Haïlou qui se trouve au Hamactne. il ne faut pas l’en empêcher ; vous devrez plutôt Py autoriser et l'aider, en lui fournissant des armes ot une certaine somme d'argent pour qu'i puisse recruter des hommes parmi Les habitants par ses propres moyens. Il faudra faire en sorte qu’on ne sache pas que Walad Mikaïl part avec notre autorisation. Si le bruit de son départ se propage et qu'il pénitre dans le Hamacène et s’empare de dedjaz Haïlou, vous pourrez dire au roi Jean, au cas où il vous demanderait des explications à ce sujet, que ceci a été fait à notre insu et que nous l’ignorions, et que Walad Mikhaïl a voulu imiter les cheikhs de Addi Huala, de Godofélassié et du Samar. Vous devez même, pour écarter tout soupçon, quand vous apprendrez la nouvelle annonçant que Walad Mikail est entré au Hamacène et s'est emparé de dedjaz Haïlou, écrire une lettre à Walad Mikaïl pour le désupprouver. Ceci pour la forme. Quant au fond, cette lettre n'aura aueun effet. Vous manderez Walad Mikaïl et le mettrez au courant des choses. Vous lui direz aue, lorsqu'il recevra cette lettre, il ne devra en tenir aucun compte (,» Tel est le plan d’action auquel s'arrêta Le Khédie après que le roi Jean eut licencié son armée.

L'idée de recourir à une négociation particulière avec le négus parait avoir été inspirée au vice-roi par Aly boy el-Roubi lui-même, Appelé au Caire pour rendre compte de ses pourparlers avec le roi, Aly bey expos au Khédive que Jean l'avait informé qu’au cas où Son Altesse lui demanderait amicalement de quitter ces régions, il se conformerait à ve désir par amitié pour Fille, alors qu'il refusait de céder à la menace des armes ®, Le vice-roi comprit l’insinuation et ordonna de préparer des cadeaux pour le négus. Rifaat bey laisse entendre, dans ses Mémoires, que le sirdar était opposé à ce genre de négociations, sous prétexte que l'envoi de cadeaux au roi d’Abyssinie n'était pas compatible avec la dignité de l'armée égyptienne. Rateb pacha était également vexé de

AA. Rey. 29, Dép. Abd,, pièce 250, O. $. au sirdar, 15 juin 1876. BI A,A., dossier 5/1 Abdine, pièce 5, Rateb pacha à Khairi pacha, 1° août 1876.

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