‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 82 sur 176 · STRUCTURE DE LA HOKOUMDARIA · texte numérisé non relu

STRUCTURE DE LA HOKOUMDARIA

hons t "Égypte qui présentent habituellement leurs budgets aux Finances. D'autre part, toutes les correspondances, tous les rapports et demandes d'autorisation, précédemment adressés par les provinces soudanaises aux Finances, à l'Intérieur et à la Maïa, seront transmis directement par ces provinces au Ministère de la Guerre et sans l'entremise d'aucune autre region, Le dit Ministère examinera ces questions et adoptera Les mesures requises à leur sujet. Quant aux questions extraordinaires et aux rapports qu'il était d'usage de présenter à notre Maïa, ils seront soumis au Minisire de la Guerre comme ci-dessus et une copie en sera transmise au fur et à mesure à notre Maïa. En conséquence, nous avons, à cette date, adressé nos ordres aux Ministères des Finances et de l'Intérieur, au gouverneur du Soudan, au moudir général du Soudan oriental et gouverneur du hitoral de la mer Rouge, au gouverneur du bandar de Zeyla et de ses dépendances et au kaïmakam du gouvernorat. Nous adressons cel ordre

a Votre Excellence pour que vous ayez connaissance du rattachement des - provinces soudanaises et du littoral de la mer Rouge à votre administra-

hoa et que vous dirigiez vos regards et vos idées vers Le progrès et la prospérité de ces provinces, la richesse de leurs habitants et le développement du commerce et de l’agriculture dans ces régions, car tel est le but de ce rattachement {1),»

Plusieurs tribus arabes qui dépendaient de la hokoumdaria passèrent en 1874 sous l'administration de Munzinger. Déjà, du temps où Momtaz pacha gouvernait le Taka, des difficultés s'étaient élevées entre Giaffar Mozhar pacha, gouverneur général du Soudan, et lui, au sujet des bedens # Manna et Hikôna, qui avaient déserté la tribu des Choukrié pour venir s'installer au Taka ®. Le litige avait alors été soumis au Khédive qui ne l'avait pas tranché, semble-t-il, puisque trois ans plus tard, Muntuger évoqua de nouveau la question. II fit valoir au Caire que ces deux bedens s'étaient installés dans la région du Gach, et que leurs habitations se trouvaient à cinq heures de distance du siège de la moudirieh du Taka ; qu'à l'origine; ils faisaient partie de la tribu des Beni-Amer, dépendant

(A, A, Rey. 1, Ordres supérieurs, pièce 75, p. 167, 0, S. au Ministre de la buerre, 11 septembre 1875,

* Le beden est une fraction de tribu,

% Cf. t. IL, »° partie, p. 471 à 478.

ms

du Taka, et que leurs membres étatent apparentés aux gens de vu

tribu ; qu'au temps de feu Ahmed bey Abou Sin, ex-moudir de Khartoum,

ils avaient été rattachés à la tribu des Ghoukrié et leur impôt établi ave

celui de ces Arabes, alors qu'aucune relation n'existait entre eux et qu'il

ne connaissaient même pas leur langue. « Ges bedens, ajoutait Munzinper.

se trouvent À une distance de vingt jours de Khartoum ; ils se sont tou.

jours plaints des cheikhs des Choukrié qui perçoivent sur eux un impôt supérieur à celui qui leur est fixé ; la moudirieh de Khartoum, d'autre

part, n'a jamais examiné leurs doléances ; pour ces diverses raisons, ils

solheitent leur rattachement au Taka G),» La demande était raisonnable et

Munzingor la soutint ; le Khédive en jugca de même et accorda l'auton. . salion demandée (,

Deux ans plus tard, lorsque Munzinger eut disparu, Ismaïl Ayoub pu. cha représenta au Cure que le rattachement au Soudan oriental de région de Gallabat, ainsi que des tribus qui dépendaient jadis des Chou krié, avait occasionné une « désorganisation de l'administration», et à sollicita de nouveau 1e rattachement de cette région et de ces tribus à b: hokoumdaria @), [1 fit valoir aussi que la mesure prise en 1860, par ” laquelle on avait détaché du Sennar la région du Fazogle pour l'ériger en une moudirieh distincte 4, n'avait pas donné les résultats escomptés, var les revenus de cette moudirieh étaient trop peu considérables, et il demanda à la rattacher de nouveau au Sennar, sous la direction du moudir Abd el-Razzuk bey 6}, Telles sont Les principales vicissitudes par lesquellrs

PAS A,, Reg, 1875, Arr. Maïa Sanich, pièce 49, p. 78, Munziugror à ln Main. 19 mars 1874,

OÙ A, A., Reg. 19/48, Ordres supérieurs, pièce 15, p. 64, O. S, à Munzinger, : 8 mai 1874; pièce »4, p. 63, O. S, au gouverneur du Soudan, 8 mai 1871. L'ordre fut exécuté par Ayoub pacha au début de juin 1874 (A. A, Reg. 24, re. Abd., Ayoub pacha à Khaïri pacha, ÿ juin 1874).

SA, A., Reg. 17, dre. dlaïe Sanieh, n° 5 Mourour, p. 133, Ayoub pacha à Maïa, 14 août 1876,

OÙ CT LT, 1° partie, p. 444.

5 A, A. Rog. 17, Arr, Alaïu Sauieh, pièce 5 Mourour, p. 133, Le gouverneur du Soudan à la Maïa, 14 août 1876. Pour ce sureroit de travail, Abd el-Razzak bes recovrait une augmentation de traitement de 1.000 piastres à prélever sur les économies réalisées au Fazogle.

passérent les moudiriehs et les populations dépendant de la hokoumdaria du Soudan, entre 1893 et 1876 ; elles montrent que la pensée du Khédue n'avait rien de stable, de définitivement fixé, en ce qui concerne l'organisation de ses possessions africaines, et que son système de gouernement était assez souple pour tenir compte des circonstances, lorsque celles-ci requéraient quelque changement à l’ordre établi.

De nombreux changements eurent lieu dans le personnel dirigeant au cours de l'administration d’Ismaïl Ayoub pacha. Rien ne montre mieux ee qu'était ee personnel el quel degré de confiance on pouvait lui accorder, que l'enquêle qui eut lieu à cette époque sur la gestion de Hussein bey Aalila. |

Nommé successivement moudir de Berbor, puis moudir de Dongola et Uerbér, ce fonctionnaire avait, dans ces deux postes, accompli une œuvre qui, à l'époque, n'avait pas paru sans mérite (0, [l n’y avait cependant sien de vrai, paraîll, dans les assurances qu'il donnait à la Maïa sur son tele à assurer le confort et Le bien-être des habitants et à faire revenir dans leur pays les émigrés, ni dans l’activité qu'il déployait à percevoir les impôts ; par ailleurs, son administration lui avait attiré un si grand nunbre d'ennemis, que le Khédive, cédant à leurs plaintes, finit par le relever de ses fonctions à la fin de l'année 1873 et nomma en février 1874 une Commission, présidée par Khaled pacha et comprenant Hassan lifaal bey, président du méglis de 1°° instance du Caire, et Hassan Hilmi bey, ex-moudir du Kordofan, afin d'enquêter sur sa gestion. « De nombreuses requêtes, manda le Khédive à Khaled pacha, ainsi que des rapports el diverses dépêches nous ont été présentés par un grand nombre de personnes pour se plaindre de Hussein bey Khalifa, que l’on accuse dle diverses infractions qui ont amené la ruine des habitants, la dispersion d'un certain nombre d’entre eux, la décadence complète de la moudirieh «le non-paiement d'une grande partie des impôts, D'autre part, il interwall dans les achats, les ventes, les dépenses ete, ainsi que dans les

CT 1, IT, a° partie, p. 476 à 491.

ee

procès en cours d'examen et traitait les inculpés contrairement aux repls de la justice. De plus, nous avons appris que le susnomimé, en raison de l'autorité qu'il détenait et de l'influence dont il jouissait, s'est empare par la force, tant lui que ses parents, d’un grand nombre de sakiehs et de terrains appartenant aux habitants. Gomme les plaintes à son encontre se sont répétées et qu'elles émanent de fonctionnaires du gouvernement, de cheikhs des Arabes et de commerçants, nous avons jugé nécessaire de le décharger de ses fonctions et de faire procéder à une enquête pour connaître la vérité à ce sujet.» La Commission aurait donc à examiner sur les lieux mêmes les malversations, prévarications, fraudes, exlorsions et concussions reprochées à [lussein bey et à statuer sur son cas (1, [smail Ayoub pacha, gouverneur général du Soudan, ayant de son eblé déclare qu'à la fin de administration de Hussein bey, les arriérés d’intpôts de la moudirieh de Berber s’élevaient à 4.200 bourses et fraction, là Com. mission aurait également à examiner cette question et porterait ses investigations sur les finances de la moudirieh de Dongola . Son rôle, toute. fois, ne s’arréterait point là; elle devrait examiner les faits reprochés à Aly bey Oweida 6) et à Ahmed eflendi Rami, anciens moudirs de Berber, dont le procès, instruit devant le méglis de la région, avait donné lieu de leur part à des plaintes pour abus de pouvoir commis pendant l'enquête. Enfin, la Commission était chargée d'examiner l’aflaire du vol de la Gaissr de Khartoum, dans laquelle étaient inculpés Aly bey Oweida et un certain nombre d'officiers, de sous-officiers et de soldats, À l’encontre desquels les preuves fournies avaient paru insullisantes #); comme cette aflaire

( Elle devrait examiner en même temps les rapports, requêtes, ele., présentes contre Mohamed effendi Razekh, qui était vékil général de Dongola et Berber au temps de Hussein bey,

6) À, A., Reg. 17, Dép. Abd, pièce 452, Khairi pacha à Khaled pacha, 24 avril 1874. |

7 Sur ce personnage, cf, t, LT, 1° partie, p. 436,

OO, L LIT, a° partie, p. 567 et même page note a, Sur la suggestion du Gunseil privé, le Khédive avait déféré, en Égypte, la révision du procès à une commbsion spéciale présidée par Rateb pacha, sirdar de l'armée égyptienne. Celle vom: mission déelara que les preuves fournies étaient insullisantes et qu'il était néces: saire de procéder sur les lieux à une nouvelle enquête, d'où la mission eonfiée à

Khaled pacha.

| PERSONNEL ADMINISTRATIE, 4101.

meltait en cause Momtaz pacha, ancien moudir général du Soudan méridional, la Commission aurait également à examiner les faits qui lui étaient reprochés et à se prononcer sur son cas. Un navire fut mis à la disposition de lx Commission pour la transporter de Suez à Souakin, ainsi que ses rommis ; les deux foñctionnaires mis en canse Hussein bey et Momtaz pacha partirent avec elle (n),

Les travaux de la Commission à Berber durèrent plusieurs mois, au cours desquels Hussein bey ne cessa de formuler des plaintes très vives sur la manière dont l'enquête était eonduile. Les débiteurs de l'État, à qui il avait réclamé leurs arriérés d'impôts, se transformèrent, dit-il, en areusateurs, Un commercant nommé Soliman agha Arnauti, lié d'amitié avec Hassan Hilmi bey, membre de la Gommission, se joignit à eux pour obliger les contribuables, par des promesses ou des menaces, à revenir sur leurs déclarations antérieures @}, Le but de ces manœuvres, assurait Hussein bey, était d’innocenter les anciens moudirs ; par contre, on n’hésix pas à demander au eaissier et aux cheikhs de falsifier les registres d'impôts tenus au cours de son administration, afin de « déprécier ses vllorts», « Ges pratiques, ajoutait l’ex-moudir, sont répandues dans le Soudan, mais, par suite de la grande distance qui le sépare de l'Égypte, cs gens croient qu’elles n’arriveront pas aux oreilles de Son Altesse, et c'est ainsi que les biens du gouvernement peuvent être détournés par les employés du Soudan (}.» Par tous les moyens, à l'entendre, on chercha à fausser la nature de ses actes, Enfin, au début de juillet, après quatre muis et demi de recherches, la Commission crut tenir la preuve des maltersations commises par Hussein bey et ordonna son arrestation (), Alors l'ex-moudir fit jouer d’autres moyens ; en septembre, six omdehs de la moudirieh de Berber (5) présentèrent une requête à la Maïa Sanieh pour

M A. À., Reg. 1948, Ordres supérieurs, pièce 98, p. 41, O, S. à Khaled pacha, 1 février 1874.

A, A, Reg. 24, Arr, Abd, Hussein bey Khalifa à Khairi pacha, 5 mai 1874,

% A, À., Reg, 24, Arr. Abd., Hussein bey Khalifa À Khairi pacha, 1 1 juin 1874,

M A, A., Reg. 25, Arr, Abd., Hussein bey Khalifa à Khairi pacha, 8 juillet 1874 ; Mohamed Hussein Khabfa à Khairi pacha, 8 juillet 1874.

% Les omdehs s’appelaient : Moustapha agha el-Bouba, Mohamed agha Hamza, Omar Osman, Mohamed Mohamed Hamza, El-Hag Mohamed Abou Abda et Hussein Al,

ame

se plaindre de la manière dont les impôts étaient perçus depuis le départ de Husseim hey et dire que l’état des habitants de Ja moudirieh était bien meilleur du temps où elle était dirigée par lui M), ‘Interrogé à leur sujet,

Khaled pacha répondit que ces omdehs élaient des protégés de Inssrin bey qui les avait incités à présenter cette requête @).. À la fin d'octobre, la Commission termina ses travaux et, quelques j jours plus tard, Lransnin au Caire la liste des irrégularités relevées à l'encontre de Hussein bei ». Ce dernier, cependant, continua à protester de son innocence, « Les re. gislres de L'État, cAbla-tit à la Maïa, sur lesquels ont été faits plusieurs rectifications et gratlages, sont les registres sur lesquels est porté l'eneaissement des impôts de la province, et ceci aux fins de libérer certaines personnes du paiement des droits dus et que nous leur réclamions. Tout» l'enquête de la Commission a été menée de cette façon avec la complicité des personnes que nous accusions l).» Üne requête en faveur de Hussein

OO A, A,, Reg, 25, Arr. Abd, Moustapha agha el-Bouba à Khairi paeha, rer le a septembre 1894; Reg 19, Dép. Abd,, pièce Ao4, la Maïa Sanieh à Khaled Fe 3 seplembre 1874.

A, A., Reg, 97, Arr. Abd., pièce 596, Khaled pacha à la Maïa Sanieh, aa 0e tobre 1894, À la suite ‘le cel incident, certains des plaignants furent emprisonnes puis relächés, Le 6 novembre, ils farent de nouveau convoqués et, après avoir etr. maltraités, on les remit en prison. Sur leur refus de rétracter leurs dépositions, il« furent frappés et menacés de tortures plus grandes. L'un d'eux, Moustapha agha, fut conduit à Khartoum, menottes aux mains. Puis ce fut le tour de Mohamed agha. « Toutes les souffrances que nous endurons, écrivit un omdeh au Caire, sont durs à la requête que nous avons soumise à la Maïa pour nous plaindre de la Commis sion. Gelle-ci croit, en recourant à ce moyen, nous faire revenir sur nos ancienne lépositions, Elle s'efforce de nous faire passer pour des menteurs; en un mot, le régime qu'on nous inflige est insupportable.» (A, À., Rey. 28, Arr. Abd., pières 13 et 369, Moustapha Moustapha agha, ün des omdchs de Berber, à la Mai Sanieh, 25 et 30 novembre 1874.)

5) A, AÀ., Reg. 7, Arr. Abd., pièce 650 ; Rog. a8, pièce 69, Khaled pacha à Khairi pacha, 28 octobre, 7 novembre 1874,

M A, A, Reg. 28, Arr, Abd., pièce 93, Hussein bey à Khairi pacha, 8 novembre 1874. Le a3 novembre, Hussein bey signalait au Caire qu'une pratique du mümr genre avait éé commise en ee qui concerne les impôts dus à l'État par le häkim du Wadi Kamar, qui avait « dissimulé la présence de toute une tribu d’Arabes dans le désert» et encaissé pour son propre compte les impôts revenant à l’ État (A. 4 Roy. 28, dir, Abd., pièce 184, Hussein bey à Khairi pacha, 3 novembre 1874).

hey, adressée au Caire par dix-huit personnes, n'eut pas plus de suecès que les précédentes ; Khaled pacha fil valoir que sept des signataires élaient parents entre eux et plusieurs alliés à l'ex-moudir ; trois autres personnes étaient ses protégés ; sept signataires étaient des habitants du pays qui avaient apposé leur cachet à l’instigation de Moustapha el-Bouba et de Mohamed Mohamed Hamza ; enfin une signature avait été apposée en double ; quant aux termes mêmes de la requête, ils répétaient les mots prononcés par Hussein bey devant la Gommission, ce qui montrait que le document avait été dressé à son instigation M, Néanmoins, pour enlmer les esprits, la Commission décida de relaxer Hussein bey à condition qu'il regagnât son village ®), L’ex-moudir n’en continua pas moins ses excitalions, Alors le Khédive ordonna de le faire partir pour Esneh, où le mouhr le déliendrait dans son ezbeh (9),

Aly bey Oweida et Ahmed effendi Rami furent reconnus innocents des artes qui Jeur avaient été imputés à Berber (1), Quant au procès de Khartoum, Âly bey Oweida prétendait que sa maison avait été attaquée de nuit «l entièrement pillée, qu'un de ses enfants avait été tué, qu’un autre avail eu le bras fracturé, et que sa famille avait été offensée ; il avançait d'autres faits qui ne pourraient être examinés que sur place. Momtaz pacha, de son côté, avait ordonné la saisie des biens d’Aly bey, en se basant su les procès qui lui étaient intentés à Berber, mais il ignorait tout du vol de la Caisse, En bref, il y avait 1à une série de questions qu'on

"A, A,, Rep. 28, Arr. Abd., pièce 1/4, Khaled pacha à la Maïa Sanich, 17-238 novembre 1874.

A, A, Reg. 28, Arr. Abd., pièce 189, Khaled pacha au Cabinet du Khédive, 43 novembre 1874. |

“A, AÀ., Reg. 1, Dép, Abd,, pièce 41, la Maïa à Khaled pacha, #3 novembre 1874. Hussein bey se plaignit au Caire de la brutalité avec laquelle cet ordre fat miéeuté, I fut séparé de sa famille qui resta à Berber sans personne pour subvenir à ses besoins (A. À, Reg. 28, Arr, Abd., pièce 308, Hussein hey au Cabinet du Ahédive, 1° décembre 1894),

Toutefois la décision de Ja Cour d'Appel relativement à leurs procès se fil attendre longlemps encore, car it appert d'un télégramme du gouverneur du Soudan à la Maïa Sanich daté du 30 octobre 1876 qu'elle n'était pas encore rendue à cette date (A, À, Reg, 17, Arr, Maïa Sanieh, pièce 15 Mourour, p, 112).

ne pouvait tirer au clair qu'à : Khartoum même {}, La Commission se braqu porta done dans la capitale du Soudan. Momtaz pacha, à ce moment, eut le bon esprit de mourir, à la suite d’une attaque de typhus ®. Il semlbts que son décès ait mis fin aux recherches de la Commission. Quant à.Hus. sein bey Khalifa, 11 ne paraît pas avoir pris aisément son parti de la san tion prise à son égard. Le 2 1 juillet 18795, Ibrahim agha el-Selawadi man.

dait d'Edfou à la Maïa Sanieh que le bey et ses enfants cherchaient à sou:

lever la tribu des Ababdé qui refusaient de payer l'impôt et le prix du sel el ne consentaient pas à désarmer, « Nous craignons, ajoutait lagha, que Hussein Khalifa n’agisse comme son père et son oncle, ear celte race ne mesure pas les conséquences de ses actes{#).» Mis en demeure, en avril 186, de payer les sonnnes auxquelles il avait été condamné, Hussein bey lt valoir que le jugement rendu à son encontre était partial et demanda l'autorisation de venir au Caire pour y être jugé à nouveau ), If n'était fus seul à eroire à son imnocence, « Le pauvre Hussein hey, écrivait M. Givyler à Sir Samuel Baker, au mois de mai 1876, est tombé en disgrâce. Je kr plains beaucoup, car Je le crois innocent de toutes les accusations dent 1l

est l’objet. Il se trouve en ce moment à Esneh, attendant sa sentence, qur

sera probablement Fachoda (9,9

La disgrâce de Hussein bey Khalifa laissait vacants les postes de moudivs des provinces de Dongola et de Berber. La moudirieh du Kordofan, d'autre part, était sans chef depuis quatre mois. La peine qu'Isnuil Ayoub Piel eut à leur trouver des successeurs montre combien grande était la pénurie d'administrateurs honnêtes au Soudan.

(A, A., Reg, 28, Arr, Abd., pièce 236, Khaled pacha au Cabinet du LE |

25 novembre 1894.

61 À, A., Reg. 29, Arr. Abd., pièee 283, Khaled pacha à la Maïa Sanich, 18 janvier 1875. Il décéda le 18 janvier 1895. Les renseignements que nous donnons ici sur Momtaz pacha rectifient les indications contenues dans la note 1 de la page 568 du tome II, 2° partie,

À, A., Rog. 31, Arr, Abd., pièce 611, Ibrahim agha à ta Maïa Sanieh, 21 juillet 1875, : ‘

A, A., Rog. 39, Arr. Abe, pièce 58, ITussein bey à Khaïri pacha, Edfou, 6 avril 1876.

Cf, Muunav et Ware, Sir Samuel Baker, À Memoir, p. 233, Giegler à Baker, 30 mai 1876.

Au Dongola, l’ancien moudir Osman bey avait dû être licencié à la suite de malversations (D et Hussein bey Khalifa, qui avait pris cette mesure, avait alors nommé au poste de moawen idara Mohamed effendi Abou Hagal, un Soudanais P), qui s’acquitta consciencieusement de ses fonctions. La direction de la môudirich de Dongola était d’ailleurs, au dire du gouverneur général, « chose très aisée, car la majorité des habitants étaient des agriculleurs employés chez les Arabes aux travaux des sakiehs et dispo- «aient de plus d'argent que partout ailleurs dans les autres moudiriehs du Soudan». Il suffisait donc de placer à sa tête un homme probe, sans qu'il fût nécessaire qu'il possédât « de grandes connaissances», L'exmaamour du Dongola, Ismaïl eflendi Wasfi, ne pouvait reprendre ce poste en raison de son état de santé. « Comme, parmi les fonctionnaires en surnombre dont on dispose, écrivit Ayoub pacha au Caire, le seul en la probité duquel on puisse avoir confiance est Almas bey, qui se trouve actuellement au Kordofan, mais que Son Altesse n’a pas accepté de le voir nommé moudir du Dongola», le gouverneur général proposa de maintenir dans ses fonctions Mohamed Abou Hagal, à l’encontre de qui « aucune plinte n'avait été formulées 1, En présence de cette ‘situation, le viceroi revint sur Îe refus qu'il avait opposé au choix d'Almas bey et consentit à le nommer moudir du Dongola U),

Au Kordofan, le Khédive avait d’abord nommé Hassan Hilmi bey, puis il apporta cette désignation 5}, Ayoub pacha jeta alors son dévolu sur le sersawari Wanli Saïd agha, qui se trouvait déjà sur les lieux. « Ce choix, éerivait-il au Caire, a été fait pour les raisons suivantes : 1° il est

(1 Un procès-verbal avait été dressé contre lui le condamnant à payer la somme de 106.000 piastres, « déficit de la monnaie de cuivre qu’il était autorisé à accepter dans la caisse de Dongola». Comme il remboursa cet argent, on se contenta de le révoquer, (À. À., Reg. a4, Arr, Abd., pièce 6o9, le gouverneur général du Soudan à Khairi pacha, 21 juin 1874.)

(Cf, 4, JET, e° partie, p. 480.

BA, A., Reg, 20, Arr. Abd., pièce a18, Ayoub pacha à Khairi pacha, 20 décembre 1873.

A, A., Reg. 18, Dép. Abd., pièce 535, Khairi pacha à Ayoub pacha, 28 décembre 1873. |

8 CL IE, e° partie, p. 602 note 1, et : A. À, Rey, 16, Dép. Abd., pièee 5oo, Khairi pacha à Ayoub pacha, 21 décembre 1873.

ist, du règne du Rhéd, Ismaïl, U UE, LI

MST +

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universellement connu pour sa parfaite probité, et tout le monde se rend compte qu’il dirige son ordi mieux que les autres sersawaris; a° il trouvait avec nous lors de l'incident du Taka et a fait preuve de beaucos de courage et de loyalisme envers le g gouvernement ; 3° il jouit de beaue “oup d’ascendant et de prestige, Pour toutes ces raisons, nous l'avons juyr aple à remplir ce poste, surtout à la moudirieh du Kordofan dont toux les habitants sont Arabes et qui est limitée par des régions ne dépendant ju du gouvernement.» Ayoub pacha proposait en conséquence de le nommer moudir et de lui conférer le grade de mivalaï. Sans doute pouvait-on ob. jecter que Wanli Saïd agha ne savait ni lire, ni écrire ;: « mais, écrivait fe gouverneur général, on peut y remédier en nommant un vékil et un bach.…. katib qui aient une connaissance du‘travail et choisis parmi les personnes , probes et de confiance ll.» Le vice-roi, cependant, refusa. « Comme 1 résulte de votre dépêche, répondit Khairi pacha, que l’agha sus-mentivu. né est un illettré, et comme, par ailleurs, la fonction de moudir nécessite, en raison de son importance, que son titulaire sache bien lire et éevire et qu’il sache aussi bien gérer, sans compter les autres qualités que les fonr. tions de moudir exigent, $. À. le Khédive n’a pas approuvé le choix dudit sersawari pour re poste (l,» Ayoub pacha déclara alors que Mohanwed Saïd bey Wabbi était le « seul» candidat approprié pour le poste de moûdir du Kordofan, où il avait fait un long séjour 6}, et le Khédive agréa re nouveau choix (#).

En janvier 1874, le gouverneur du Soudan proposa de nommer Ah bey Fahmi en qualité de moudir de Khartoum . À Berber, le vice-roi qui avait d’abord nommé Moustapha bey Mourad, rapporta cette désignation *

(YA, A., Rog, 0a, Arr, Abd, pièce 948, Ayoub pre à Khairi pacha, 24 de. cembre 1873,

® A, A,, Reg. 16, Dép, Abd., pièce 534, Khairi pacha à Ayoub pacha, 98 dé: cembre 1873,

OA, A,, Rog. 20, Arr, Abd., pièce 355, Ayoub pacha à Khairi pacha, reçu le 6 janvier 1874.

A, A,, Reg. 1 7 Dép. Abd,, pièce 39, Khaïri pacha à Ayoub pacha, 1 6 janvier

WA. À, Rog, 1875, Arr. Maïa Sanich, pièce 3, Ayoud pacha à à la Maïa Sanich, 15 janvier 1874,

(Cf, t, IIT, 2° partie, p. 60a note 1.

vt, à à la demande d’ Ayoub pacha, nomma comme moudir le kaïmakam Aly bey Chéri, Mais ee choix n'élait qu'un pis-aller, car Aly bey Ghéril refusait de s'engager À payer annuellement au Trésor le montant de la rdevance fixée pour sa moudirieh. Le hokoumdar chercha en conséquence un aulre candidat."« Vu l'état actuel de Berber, écrivit-il au Caire, l’oceupation de ses habitants aux enquêtes el aux procès, les conflits qui survisent entre eux par suite de l'existence des deux routes d’Abou Hamel rt de Souakin et la présence de tribus arabes, étant donné d’autre part l'importance de la situation de cette moudivieh, 1! devient nécessaire que son moudir soit très compétent, ferme et jouissant d'un grand prestige «t d'une grande expérience Pl,» Bien que réputé pour son entêtement, lassan bey Rifaat, membre de la Commission d'enquête de Berber, paraissait, aux yeux du pacha, réunir toutes ces qualités ; de plus il était connu pour sa probité. Sondé avec précaution par Ayoub pacha, Hassan bey lifaat se récusa x il laissa entendre qu'il ne tenait pas à ce poste et dit qu'il ferait connaître sa réponse lorsque les procès de Berber seraient termiués et qu'il se serait rendu compte de l’état de la moudivieh. Ayoub pacha ayant, sur ces entrefaites, obtenu d’Aly bey Chérif l'engagement qu'il désirait au sujet de la redevance annuelle à payer au Trésor, décida alurs de maintenir purement et simplement ce dernier à son poste ),

Un fonctionnaire égyptien nommé Mohamed bey Fahim avait été exilé au Soudan pour inconduite. Le séjour à Khartoum ne l’amenda pas. « Îl continue toujours à s'adonner démesurément à la boisson, écrivait à son sujet le hokoumdar ; aussi est-il tombé dans un état inavouable. tourne dans les ruelles de Khartoum en cet état et s'attaque aux maisons de débauche. En vue d'empêcher qu'il ne lui arrive quelque mal et de prémunir contre ses violences ses voisins ou une des pensionnaires des maisons mal famées, il a été détenu aujourd’hui par la police, vu l'état

M Au moment de sa nomination, Aly bey Ghérif commandait les deux bataillons du Kordofan,

A, AÀ,, Reg, 23, Arr, Abd., pièce 345, Ayoub pacha à Khairi pacha, 36 mars

D À. A., Reg, 23, Arr. Abd. pièce 454, Ayoub pacha à Khairi pacha, 1° avril 1834, Aly bey Chérif fut liceneié comme moudir de Bérber au début de 1875 ct temiplacé par Moustapha bey Mourad.

d'ivresse où il se trouvait, I est arrivé au gouvernorat dans cel état et 1,4 jouissant pas de toutes ses facultés. Le fusil et l'épée en SA PÉSERSION ut été saisis, de crainte qu'il ne s’en.serve dans un mauvais dessein, Fu comme il n’a Jamais voulu se rendre à nos conseils réitérés, il ne conient pas de le garder dans un pareil état, surtout en présence des nombre Européens.» Ayoub pacha proposait en conséquence de Le renvoyer su Caire ou de Le translérer dans une région éloignée du Soudan comme be Sennar ou le Fazogle, « où les boissons alcooliques sont rares», dans l'espoir qu'il s’amenderait W, Le Khédive répondit qu'il n'y avait pa d'inconvénient à le reléguer dans une région éloignée 1,

Par ailleurs, comme on le verra, la hokoumdaria eut à pourvoir au poste de moudir du Fleuve Blane, laissé vacant par la mort de Yousouf bey tue par les Chillouk en octobre 1875. Le gouverneur géné al proposa de nommer à sa place Aly bey el-Kurdi, Ainsi, des diverses moudirichs com. posant. la hokoumdaria du Soudan, seule celle de Sennaur conserva son titulaire Abd el-Razzak bey pendant les {rois années où Ayoub parha exerça les fonctions de gouverneur général.

Parmi les tribus arabes, Aly, cheikh des Arabes Choukrié décéd en juin 1874, Pirsonne, parmi les enfants d’Abou Sin n'était digne de lui succéder, à l'exception du cheikh Awad el-Kérim qui s'était malhenreusement compromis en faisant de grandes dettes. Comme il avait, depurs lors, amassé une somme importante pour les payer, Ayoub pacha obtint du Khédive la permission de le convoquer et de le nommer cheikh de la tribu s'il s'engageait À se conduire honnêtement et à ne plus contrarter de dettes (), Awad el-Kérim fat nommé 1) ; mais il ne tint pas sa promesr. C'est ainsi qu’en janvier 1875, un certain Giorgi Thomas se plaignait à

(A, A,, Reg, 23, Arr. Abd., pièce 195, Ayoub pacha à Khairi pacha, à mars

9 A, A., Reg. 17, Dép. Abd,, pièce a4a, Khairi pacha à Ayoub pacha, 8 mars 1894,

&5 Sur la nomination de ce cheikh, ef, t, TTE, a° partie, p. 483 et 57v.

FAQ A, Reg. oh, Arr, Abd,, pièce 495, Ayoub pacha à Khairi pacha, #1 juin

(A, A, Rog. 18, Dép. Abd,, pièeo 239, Khairi pacha à Ayoub pacha, 14 jui

la Maïa Sanieh de n'avoir pu obtenir le paiement des sommes à Jui dues par Awad el-Kérim Abou Sin et par son fils Ahmed. Il était venu à Khartoum pour s'entendre avec ses débiteurs, mais ceux-ci firent des diflicultés, dematidant à payer par échéances et, circonstance aggravante, il lui parut qu'ils élaient encouragés en sous-main, dans leur résistance, par la ho- Loumdaria UK},

Lorsque, en juin 1874, Ismaïl Ayoub pacha quitta Khartoum pour se rendre au Kordofan et de là au Darfour, il laissa, on l’a vu, la direction des affaires de la hokoumdaria à Mohamed bey Hassan, président de la “Gour d'appel. Le hokoumdar ne comptait tout d’abord rester absent que quelques mois. Mais lorsque le Khédive eut décidé de le maintenir à Facher pour organiser la nouvelle conquête M), il devint nécessaire de “ommer un kaïmakam à Khartoum ; le choix du vice-roi se porta sur Khaled pacha, qui dirigeait à ce moment les travaux de la Commission d’en-

quête dans la capitale du Soudan. Le 5 février 1875, ce pacha reçut l'ordre de prendre la direction de l'administration de la hokoumdaria (), charge qu'il assuma le 8 février 9, À son retour du Darfour, en 1876, lsmaïl Ayoub pacha fit savoir au Caire qu'il n’était pas satisfait de l’administration de Khaled pacha. IE lui reprochait d’avoir pris «comme guide et conseiller» dans toutes les affaives Rami bey, dont la gestion à Berber avait soulevé tant de critiques, et de lui avoir demandé à maintes reprises, « verbalement et par écrit», de nommer ce dernier moudir de Khartoum, en remplacement du titulaire décédé ©, De plus, Khaled pacha

BA, A., Reg. a9, Arr, Abd., pièce 29, Giorgi Thomas à la Maïa Sanich, 8 janver 1895,

M CE, supra, p. 374.

M CF, supra, p. 421. Ù

% AA, Reg. »1, Dép. Abd, pièce 584, 0.8, à Khaled pacha, 5 février 1895,

6 À, A, Rey, 29, Arr. Abd, pièce 488, Khaled pacha à Khairi pacha, 8 février 1875,

* Khaled pacha intervint également à deux reprises auprès de la Maïa Sanieh en faveur de Rami eflendi, Dans sa première requête en décembre 1874, il sollicita sou retour en Égyple pour cause de maladie (A. À., Reg, a8, Arr. Abd, pièce 556, Khaled pacha à Kairi pachu, 30 décembre 1874), Dans sa seconde vequêle, Khaled pacha déclara que Rami eflendi se soignait depuis longtemps sans résulta(, qu'it était dans une grande gêne financière et réduit à la mendicité (A. À., Reg. 34,

n'avail pas prêlé Loute l'attention voulue aux aflairés pour lesquelles Ayoub pacha lui avait écrit pendant son séjour au Darfour. Il était à craindre qu'il ne fit de même lorsque le. hokoumdar partirait sous peu pour l'Égypte. Aussi Ayoub pacha préférait-il confier, en son absence,

Padministration de la hokoumdaria à Mohamed bey Hassan ou à Abd el. Razzak bey, moudir du Sennar, Si le vice-roi pensait autrement et faixsait Kbaled pacha à Khartoum, tout au moins conviendrait d’en étoignes Rami bey, en lui donnant l’ordre d'accompagner le hokoumdar au Caire tt, Le Khédive adopta le point de vue d’Ayoub pacha et rappela Khaled pücha au Caire ©, Pour remplacer le moudir de Khartoum décédé, le gouerneur général désigna Ahmed efflendi Abou Zeid, moawen de la hokoum. daria ; 1] lui confia les fonctions de maamour idara 6) et obtint pour lui te grade de kaïmakam (, Lorsque, quelques jours plus tard, Ismaïl Ayoul, pacha partit pour Égypte, il nomma Abd el-Razzak bey vékil des Lravaur de la hokoumdaria en son absence 5), À son arrivée au Caire, ser appelant les délais, les lenteurs et les difficultés qu’il avait eues à remplacer sr, moudirs, il demanda à la Maïa Sanieh l'autorisation de procéder à l'avenir aux mutations et aux transferts de moudirs requis par les nécessités du service, sans en référer préalablement à à l'autorité supérieure. D'autre

part, s’il MAS en Égypte les officiers sans poste, il serait oblige.

chaque fois qu'un employé mourrait au Soudan, de s'adresser au Caire

pour obtenir son remplaçant, ce qui entraînerait une perte de temps; il

Arr, Abd., pièce 579, Khaled pacha à Khairi pacha, 12 décembre 1895). Le hr. dive n’agréa pas ces requêtes.

(A, AÀ,, Reg. 4o, Arr, Abd,, pièce 122, Ayoub pacha à Khairi pacha, »g nan

PA, A, Reg. 29, Dép. Abd, pièces 143, 144, O.S. à Khaled pacha et at lo koumdar du Soudan, 31 mai 1896. Khaled pacha télégraphia de Khartoum qu'il partirail le 15 juin, Son voyage de retour, qui s’effoctua via Dongola, Wadi-Half: el Assouan, donna lieu à de nombreux échanges de télégrammes entre le Cabinrt du Khédive et les localités où il passa.

® Maamour chargé de l'administration,

OA A., Reg, ho, Arr, Abd., pièce 204, Ayoub pacha à Khairi pacha, 6 juin 1876; Reg. 29, Dép. Abd., pièce 201, Khaïri pacha à Ayoub pacha, 7 juin 1876.

FA, À. Rog. 4o, Arr, Abd., pièce 349, Ayoub pacha à Khairi pacha, 20 juin

MESURES FINANCIÈRES. tit

ollicita en conséquence autorisation de garder au Soudan les officiers et vmployés de capacité éprouvée qui seraïent en surnombre, d’en nommer quelques-uns en qualité de moawen au gouvernorat et de maintenir les autres en disponibilité et à demi-solde en attendant que des postes devinssent vacants pour les y nommer (1).

Un des buts principaux que s’était proposés le vice-roi en rétablissant la bokoumdaria du Soudan était d'obtenir la reprise du versement annuel de 30.000 bourses que le gouvernement de Khartoum effectuait jadis au Trésor égyptien Ë}, Sur ce point, le Khédive ne tarda pas à éprouver des déceptions. En l'absence de tout budget produit par Ismaïl Ayoub pacha, il est difficile de se rendre exactement compte de ce qui se passa, mais on connaît assez bien la nature des obstacles auxquels se heurta la gestion financière du hokoumdar.

Chaque moudirieh du Soudan jouissait de l'autonomie financière sous réserve de verser à la caisse centrale de Khartoum l’excédant de ses recettes sur ses dépenses. De plus, la région de l'Équateur et du Rohl, qui avail été rattachée à Khartoum après le départ de Sir $. Baker, devait verser à la caisse centrale de la hokoumdaria une redevance annuelle de 1.200 kantars d'ivoire 6}, qui, au taux moyen de 25 livres le kantar, faisait 30,000 livres ou 6ooo bourses ; la moudirieh de Bahr el-Ghazal, récemment créée au profit de Zobéir, devait également verser à Khartoum une redevance de 3000 à 4ooo bourses (“; ces deux régions réunies devaient done contribuer dans la proportion du tiers à la constitution de la redevance que le Trésor de Khartoum avait ordre de verser à celui du Caire. Or, lorsque Gordon fut nommé maamour de la région équatoriale, cette province fut détachée du Soudan, et lorsque Zobéir poursuivit son attaque sur le Darfour, la moudirieh du Bahr el-Ghuzal vit gonfier ses

AS A,, Rog. 17, Arr. Mau Sanieh, n° 5 Mourour, p, 133, Ayoub pacha à Khaici pacha, 14 août 1876.

81 Cf. t, II, 2° partie, p. 609, 603. |

PI Cf, supra, p. 1 et a. |

% Cf. t. IIT, 2° partie, p. 169.

re à dépenses au delà de tonte prévision ; les redevances de ces rÉpions vrai sèrent d'être payées à Khartoum et le Trésor enregistra une perte de 10.000 bourses. : .

Très soucieux de diminuer ses dépenses (f), Ismaïl Ayoub pacha sat commencé par réduire son établissement militaire. C'est ainsi qu'il dr. manda au Khédive la permission d'envoyer à Zobéir un des bataillons qui se trouvaient à Gallabat. Le Khédive l'y autorisa et, comme Zobéir avan accepté de prendre à sa charge l'entretien de cette unité sans diminuer la redevance qu'il payait à Khartoum, il fit observer au hokoumdar qu'il en résulterait pour son budget une économie de nature à lui faciliter le paiement de sa propre redevance au Cairé ®. Ayoub pacha songeait ausu. à remplacer à Gallabat un kaïmakam par un binbachi pour faire 500v piastres d'économie 8} et il fit rejeter par le Khédive le projet de création d’un méglis à Chendi qui eût entraîné de nouvelles dépenses. Ges mesures étaient prises dans la bonne direction, mais lorsque la conquête du Dur. four fut décidée, toute l’économie financière du Soudan se trouva atteinte. Ï fallut, en effet, acheminer vers cette région les bataillons envoyés du Caire et en lever d’autres au Soudan : « Les salaires, les frais de transe" port, la fourniture des chevaux et chameaux et de tous les équipements, manda alors Ayoub pacha au Caire, sont des frais supplémentaires qu doivent certainement être prélevés sur les 30.000 bourses [à verser au Trésor égyptien ] ().»

(M) Ayoub pacha alla mème jusqu’à supprimer le 24 décembre 1873 les allocations qui étaient payées aux ulémas de Berber pour l'entretien des mosquées et leur offrit des terres en échange. Mais les ulémas protestèrent en disant qu’ils passaient tout leur temps dans les mosquées au service des fidèles et du Koran bénit, que les terres qu'on leur offrait ne seraient irriguées qu'après un certain emps et qu'ils ne pouvaient de ce fait compter sur elles pour vivre-(A. A., Reg. 28, Arr, Abd, pièce 217, les ulémas de Berber à la Maïa Sanich, a5 novembre 1874 ; pièces 47, 370, 680, le moudir de Berber au Cabinet du Khédive, 27 novembre, 9 décembre 1874, à janvier 1895).

BY A, AÀ., Reg, 17, Dép, Abd., Khairi pacha au gouverneur du Soudan, 7 mars

O6 À, AÀ., Reg. 22, Arr, Abd,, pièce 355, Ayoub pacha à Khairi pacha, 6 janvier 1874, |

(9 À, A.,Reg. 93, 4rr, Abd. pièce 66, Ayoub pacha à Khairi pacha, 1 4 février 187 À,

MESURES FINANCIÈRES. : 1f13

Une autre cause devait encore accentuer le déficit. Dans l'organisation projetée pour la province équatoriale, il aval été convenu que le gouvernorat du Soudan lui fournirait tous les objets dont elle aurait besoin et que celle-ci lui enverrait, en échange, toutes ses productions : ivoire, ébène, ete., dont la valeur de réalisation serait défalquée des fournitures à elle faites ; si, à la fin de l’année, les comptes ne se balançaient pas, le déficit serait déduit du montant de la redevance payée par le Soudan (1, Or il était bien évident qu'au début, tout au moins, la province équatorule ne produirait à peu près rien, alors qu’elle demanderait beaucoup à Khartoum et, donc, qu'il en résulterait un déficit considérable dans la balance des comptes, déficit qui viendrait en déduction de la redevance. Celle-ei devait être également allégée des sommes que le Khédive prescrisait aux moudiriehs dites riches de la hokoumdaria, de vorser aux moudiriehs plus pauvres du Soudan oriental F),

Enfin il y avait lieu de tenir compte du déficit réalisé dans la perceplien-des impôts. Dans la moudirieh de Berber, par exemple, à la suite de

l'arpontage exécuté en 1287 5), un déficit de 2.346 bourses et fraction s'élail produit annuellement dns la perception de l'impôt foncier. La question avait alors été soumise à la Maïa Sanieh ; mais bien que le moudir eût reçu une dépêche du Conseil privé, en date du 1°” juillet 1873, lui disant de fixer l'impôt sur la base de l'an 1286, plus avantageuse pour Le Trésor, aucun ordre supérieur n'était venu donner force de Joi à

(Cf, supra, D. 14,

M C'est ainsi que la moudirieh de Dongola et Berber avait reçu l'ordre d cjivoyer 1,544 bourses au Soudan oriental, Lorsque celle moudirieh fut rattachée au début de décembre 1873 à la hokoumdaria, aucun versement n'avait encore été eeclué, Au début de 1874, la moudirieh de Berber envoya un acompte de 750 bourses pris sur les recettes de 1289 (cette année financière était close depuis plusieurs mois). Quant au reliquat, qui s’élevait à 794 bourses, Ayoub pacha comptail le prélever sur les receltes de l'année 1 290 et diminuer d'autant la redevance annuelle à payer au Caire (A. À., Reg. 23, Arr. Abd., Ayoub pacha à Khairi pacha, 16 avril 1874). Mais le Khédive n'admit pas ce raisonnement et prescrivit de payer le reliquat sur les arriérés de l’annéo 1289, ce qui lui paraissait d'autant plus facile que les impôts de 1290 commengçaient déjà à entrer dans la caisse de Berber {À À., Reg. 17, Dép. Abd., Khairi pacha à Ayoub patha, a6 avril 1874).

® Année financière commençant le 11 seplembre 1830.

celle mesure, de sorte que les perceptions des. années 1288 et tan ” s'étaient faites sur la base du nouvel arpentage et les comptes de dé années-[à étaient restés en suspens}, Lorsque la moudirich eut été de nouveau réunie à la hokoumdaria, Ismaïl Ayoub pacha proposa à da Mai de considérer l’arpentage de 1287 comme définitif. Sans doute en résul. terait-il une diminution dans les recettes de l'impôt foncier, mais le gou. verneur général veillerait À ce que les particuliers, à -même de payer un impôt plus élevé, fussent taxés en conséquence (). Au Dongola, l'impit sur les dattiers provoquait un mécontentement général. Hussein bey Khu. lifa, on l’a vu, avait en 1286 et 1 287 prescrit de faire un nouveau recensement des dattiers, afin d’asseoir l'impôt-sur une base plus exacte UM, «t. c’est sur elle qu'on basa l'impôt perçu en 1288 et 1289 ; mais lorsque. commença l’année fiscale en cours M), les autorités décidèrent de reven à la base d'imposition de l’année 1285. Cheikhs, omdehs et habitants du kism de Halfa protestèrent aussitôt 5). « Gomme vous le savez, écrivait l'omdeh Ahmed Hassan à la Maïa Sanieh, le kism de alfa est resserre entre les montagnes et le Nil. Les habitants arrivent à grand peine à pouvoir y vivre et ils se répandent un peu partout... Actuellement les gou: verneurs demand: nt le paiement des impôts relatifs aux dattiers sur la base de l’année 1285... Quand les habitants ont pris connaissance de cette mesure, ils ont abandonné leur pays et leurs cultures et sont venus à Halfa soumettre la présente requête. Vous n'ignorez pas que les dattiers [existant en 1285] ont été pour la plupart abattus par les vents et les intempéries, le Nil en a emporté une partie. La plupart des contribuable. de cette époque ont disparu. Si l'on doit percevoir les impôts sur la ba de 1285, on sera obligé de procéder à la vente des biens et les habitants quitteront la région .» À Sekout P),-le cheikh Koueka, après avoir rap

4 Cf, L, HT, »° partie, p. 497 note 7.

OA, À, Roy, 1875, Arr. Maïa Sanieh, pièce aa, p. 88, Ayoub pacha à la Maia Sanieh, 20 avril 1894.

9) Cf. IIT, e* partie, p. 486,

#} L'année 1390, commençant le 10 septembre 1873.

6) À, À., Reg, 20, Arr. Abd., le cheikh Hamza à Khairi pacha, 1" janvier 1874.

(À, À., Reg. 22, Arr. Abd., Ahmed Hassan à Khairi pacha, 11 janvier 1874.

(1 Cf. 1. HT, o° partie, p. 487...

pelé que lors du recensement des dattiers effectué en 1288, les fonetionuaires avaient augmenté le nombre des arbres, et que, sur plainte à lui adressée, [ussein bey Khalifa avait, après enquête, ordonné le redressement de la taxe, le cheikh Koueka, disons-nous, se plaignait de ce que . F'administrateur de la région demandât de nouveou le paiement de l'impôt sur la base du recensement de 1288, « La diflérence entre les deux recensements est très grande, aflirmait-il ; il nous est impossible de payer l'impôt qu’on nous demande ; si l'on maintient l'impôt à ce taux, nous serons obligés de quitter le pays qui sera ruiné (,» Il ne semble pas que ces plaintes aient été écoutées au Caire. Sans doute ne voulait-on pas diminuer les recettes fiscales importantes que le gouvernement de Khartoum tirait de I moudirieh de Dongola. Le même souci d'accroître ses revenus conduisit Ismaïl Ayoub pacha à augmenter Les impôts du markaz de Gallabat, L'administration de cette région, ainsi que celle de la douane de cette ville-frontière, relevaient de son cheikh qui versait annuellement au jouvernement la somme de g.600 tallaris à titre d'impôts prélevés sur ls habitants et de recettes de la douane. Une somme aussi réduite ne suflisait pas à couvrir les dépenses militaires que la hokoumdaria assumait pour assurer la sécurité de la région, aussi Ayoub pacha exprima-t-il l'avis d'augmenter les impôts et de gérer directement la douane pour le compte du Trésor. Mais comme une mesure de ce genre ne pouvait que mécontenter Je cheikh Gomaa, habitué à garder pour lui la majeure partie des recettes, le hokoumdar suggéra de retenir ce cheikh au Cuire, où il se trouvait présentement, et de lui nommer un vékil qui se montrerait plus souple et se contenterait de peu, dans l'espoir d'obtenir plus tard le chiakhat. L'indépendance du cheikh prendrait fin et il relèverait désormats, ainsi que l'administration de la douane, du kaïmakam commandant les troupes de la région P. Le vice-roi approuva la proposition, Le rheikh Gomaa fut retenu au Cuire et le gouverneur général autorisé à lui nommer un successeur (), Ayoub pacha nomma alors à Gallabat le cheikh

u} A À., Reg. 24, Arr. Abd. le cheikh Koucka à la Maïa Sanich, 17 mai 1874.

M A, A., Reg. 23, Arr. Abd., pièce 250, Ayoub pacha à Khairi pacha, 8 mars 1874,

A, A., Reg. «7, Dép. Abd., pièce 275, Khairi pacha à Ayoub pacha, 1€ mars

Saleh, vékil du cheikh Gomaa, qui s’engagea à payer au gouvernemens une somme de 150 bourses en sus de l'impôt fixé 4), Mais comme La région de Gallabat fut, à cette époque, détachée de la hokoumdaria pour être rattachée au Soudan oriental, le gouvernorat général ne bénéficia pas de ce supplément de reccttes.

Eu égard aux déficits constatés dans la perception des impôts, à În formation d'une maamourieh indépendante à l'Équateur et aux dépense accrues de la moudirieh du Bahr el-Ghazal, Ismaïl Ayoub pacha déclara qu'il ne pourrait remettre au Caire qu'une somme de 20.000 bourses; encore conviendrait-il de déduire de cette somme l’excédant des dépenses de la province équatoriale sur ses recettes. Au début de mai 1894,{+ Khédive accepta de réduire à 20.000 bourses le montant de la redevance annuelle à payer par le Soudan ®), Deux mois plus tard, cependant, avant appris qu'il existait dans les caisses du gouvernorat une somme de 1B.ovu bourses en argent, il prescrivit au hokoumdar de la lui envoyer pour l’aflecter aux travaux de construction du chemin de fer du Soudan”. Ayoub pacha répondit du Kordofan, où il se trouvait alors, que l'existant dans la caisse du gouvernorat s'élevait au 29 juillet 1874 à 19.563 bourses 426 piastres et 15 paras et que ces fonds lui servaient à diverses fins : d'abord à payer les dépenses de la maamourieh de l Équateur’ qui, jusqu’à la date du départ du colonel Gordon, s’élevaient à 4.765 bourses ag piastres et 33 paras, somme à laquelle il y aurait lieu d'ajouter les frais d'envoi du bataillon destiné à cette maamourieh, ainsi que L'argent nécessaire au paiement de la solde de ses troupes et des appointements de ses employés. Les fonds du gouvernorat servaient aussi à payer les frais de recrutement des soldats Chaïghié et de leurs montures, l'achat des chameaux, les frais de transport des troupes, armes et munitions envoyées à Zobéir bey, sans compter les traitements des employés et soldats des

(A, AÀ,, Rog. 1895, Avr. Maïa Sanieh, pièce 26, p. 90, Ayoub pacha à Khairi “pacha, a7 avril 1874. Le traitement du nouveau cheikh fut fixé à 1. 500 piastres par mois, alors que son prédécesseur en touchait 2,000,

(M À, A., Reg. 1948, Ordres supérieurs, pièce a3, p. 63, O.S, au gouverneur du Soudan, 8 mai 1874.

O1 A, A., Reg, 18, Dép. Abd., pièce 373, Khairi pacha à Ayoub pacha, 16 juillet

moudiriehs de Fachoda et de Fazogle qui n'avaient pas de recettes. Toutes ces charges, ajoutait Ayoub pacha, ainsi que la pénurie d'argent au Soudan et la difficulté du recouvrement de l'impôt sur les habitants nous laissent croire que ce serait un bienfait de Dieu si cet argent pouvait sullire jusqu'à la date de rentrée des recettes de la nouvelle année (),» De plus, le gouverneur général aurait à déduire de la redevance annuelle ls.sommes que les Finances lui donnaient ordre de payer à des particuliers et qui s'élevaient jusqu'ici à 4.119 bourses 285 piastres el 14 pa-

ras }, En ce qui concerne la maamourieh du colonel Gordon, ce dernier

avait envoyé 300 kantars d'ivoire à Khartoum, mais il ne voulait pas que li hokoumdaria en disposât à un prix inférieur à 30 livres le kantar. Or, lors de la mise aux enchères de cet ivoire, on n'avait pas trouvé acquéreur à ce prix ; pour alléger ses embarras de Trésorerie, Ayoub pacha demanda l'autorisation de vendre ces 300 kantars au prix du jour, ainsi d’ailleurs que 200 kantars d'ivoire récemment confisqués aux commerçants du Bahr el-Ghazal 6, Le vice-roi autorisa la vente de l’ivoire de Gordon, mais difléra celle de l’ivoire confisqué {), Finalement, le 7 septembre 1874, le vékil des travaux du gouvernorat du Soudan envoya au Caire le reliquat du budget de la hokoumdaria pour l’année financière 1290, reliquat qui, déduction faite des dépenses pour la région équatoriale 6), s'élevait à 11.239 bourses ), Nous ne savons d’ailleurs comment il s’y prit pour réunir cette somme que, à la suite de la lettre adressée le 29 juillet 1874: par Ayoub pacha à la Maïa Sanieh, on ne s’attendait guère à voir atteindre un pareil chiffre,

"M Année financière 1291, commençant le to septembre 1874. FA, À., Reg. 25, 4rr, Abd, pièce 343, Ayoub pacha à Khairi pacha, no juil-

- let 1874.

6) A, À., Rog. 25, Arr, Abd., pièce 340, Ayoub pacha à Khairi pacha, 25 juillet 1874.

PA. A,, Reg. 19, Dép. Abd., pièce 80, le Khédive à Ayoub pacha, 18 août 1874.

8} Les sommes dépensées par la hokoumdaria pour la provinee de l'Équateur et qui vinrent en déduction de la redevance annuelle s'élevèrent à 5,419 bourses (A. 4., Reg, 27, Arr. Abd., pièce 464, le vékil des travaux du Soudan à Khairi pacha, 5 octobre 1874),

WA, A., Reg. 27, Arr, Abd, le vékil des travaux à Khairi pacha, 7 septembre 1874.7.500 bourses furent envoyées aux Finances via Dongolaetle roste via Korosko,

Nous sommes moins bien renseignés encore sur la gestion finanriere de la hokoumdaria au cours de l’exercice financier suivant (1), Les avancer À Gordon continuèrent P}, tant pour l'entretien du bataillon destiné 4 3 province que pour satisfaire aux autres demandes de la maamourich +, Ces demandes constantes d'argent jetaient dans de grands embarras la trésorerie de Khartoum qui n'avait pas encore perçu les impôts du 1991 et devait faire face aux dépenses de l'expédition ‘du Dañfour ‘, La hokoumdaria put, ilest vrai, tirer quelques ressourees de l’ivoire con. lisqué aux commerçants du Bahr el-Ghazal ®; mais, en décembre 1854. le Khédive prit une mesure de nature à rompre l'équilibre financier du zouvernorat : il décida que les sommes nécessaires à la construction du chemin de fer du Soudan seraient fournies au maamour chargé de cvs travaux par les moudiriehs de Dongola et de Berber @); celte décision privait la hokoumdaria de la source la plus importante de ses recettes D,

8} Du 10 septembre 1874 au 10 septembre 1875. Le hokoumdar cherehà encurv à pratiquer de petite économies : Rihan agha, ancien sous-moudir de Berber, avait été placé à demi-solde, à la suite de maladie, et tonchait un traitement de mille plastres par mois; il devait subir tous les six mois un examen médical et, après guérison, être réin égré au service. Le gouverneur du Soudan remplaça le traite. lement de Riban agha par des terrains. Celui-ci se plaignit au Caire de cette mesure et produisit un certificat médical attestant qu'il souffrait d’une maladie incurable le rendant inapte au service. Le vice-roi preserivit alors au Ministre des Finance d'appliquer à Rihan agha le traitement habituel réservé aux personnes qui se trou vaient dans le même cas (A. A., Reg, 11, Dép, Maïa Sanieh, pièce 14, p. 11, Khairi pacha au Ministre des Finances, 25 septembre 1895).

® Elles s’élevèrent à 480 bourses entre le 7 septembre et le 5 octobre 1834.

6) C’est ainsi que le 5 octobre 1874, Gordon demanda au RARES l'envoi de 50.000 tallaris, soit 2000 bourses,

(À, AÀ,, Reg, 27, Arr. Abd., pièce 464, le vékil des travaux du Soudan à Khairi pacha, 5 octobre 1874,

(9 437 kantars et 46 rotles confisqués le a8 octobre 1894, 344 kantars 51 rotles ot demi confisqués le a9 novembre 1874 (A. À., Reg, a+, Arr, Abd. pièce 660 ; Rey, 28, pièce 268, le vékil des travaux à Khairi pacha, 28 octobre, ag novembre 1874},

FI A, AÀ,, Reg, , Ordres supérieurs, pièce 73, p. 44, O.$. à Ghahine pacha, 49° décembre 1874.

M En 1878, Ayoub pacha évaluait à 15.000 bourses l’excédant des recettes sur les dépenses pour ces deux moudiriehs (ef, t. LT, 2° partie, p. 583, 584). En 185€. il l'estimait à 17.000 bourses,

: Les recettes des moudiriehs de Dongola et de Berber sont affectées au chemin de fer, écrivait le kaïmakam de la hokoumdaria au Gaire le 1°* juin 1895; celles du Kordofan servent aux transports et nous ne recevons absolument rien de cette moudirieh. La moudirieh de Khartoum s’occupe . également des transports jusqu’au Kordofan, ainsi que du transport du personnel destiné nu Darfour, 8000 bourses ont été envoyées au hokoumdar au Darfour (1, Les recettes qui nous parviennent des moudiriehs de Khartoum et de Sennar ne suflisent pas à couvrir les frais occasionnés par ke Darfour et la région équatoriale et par tout ce qu’on nous demande d'acheter pour ces régions.» En fait les cuisses de la hokoumdaria étaient vides, Pour éviter de demander au Caire un envoi de fonds, le kaïmakam proposa de vendre sur place 800 kantars d'ivoire qui se trouvaient en dépôt dans le magasin de Ja maamourich de l'Équateur et d'utiliser cet argent pour les dépenses de la hokoumdaria , Mais le Khédive n’y consenlil pas. [ précisa que le produit de cette vente devrait rester à la disposition du colonel Gordon #) et ordonna au gouvernorat. général de vivre sur ses propres recettes. « Noris avons la certitude, manda-1-il à Khaled pacha, que le recouvrement des créances des moudiriehs n’a pas eu lieu en son temps, Si ce recouvrement avoit lieu au fur el à mesure, le besoin d'argent ne se serait pas fait sentir, d'autant plus que tous les soldats et bachi-bouzouks envoyés au Darfour reçoivent ici et par anticipation trois mois de solde ainsi que tous leurs équipements et tout ce qui leur est nécessaire, de sorte que le gouvernorat n’a qu'à faciliter leur départ pour l Darfour. En conséquence, adressez des dépêches aux moudirs pour qu'ils procèdent au recouvrement de tous les arriérés des recettes et à leur envoi à la caisse du gouvernorat et pour qu'ils suspendent provisoirement le paiement des traitements des fonctionnaires jusqu'à ce que le ‘recouvrement soit effectué et que les besoins d'argent disparaissent, Vous procéderez alors aux paiements, comme d'usage, après notre autorisation préalable, Nous vousautorisons à emprisonner tout moudir qui témoignerait

1 CL, supra, p. 465,

M'A, A., Reg. 31, Arr. Abd,, pièce a44, le kaïmakam du Soudan à Khairi pacha, 1" juin 1875.

PA, À, Reg. 23, Dép, Abd., pièce 1 01, le cabinet du Khédive au kaïmakam dn Soudan, a juin 1875.

de la négligence et à nous soumettre-son cas pour que nous décidion: des mesures à prendre à son sujet (1),» Aucun moudir ne fut jeté ën prison. mais certains fonctionnaires subalternes furent révoqués @, La mesure sus. pendant le traitement des fonctionnaires était particulièrement sévère +. Si elle fut appliquée dans toute sa rigueur aux maamours el agents de perception, elle dut être mitigée en faveur de certaines catégories de personnel, C’est ainsi que le kaïmakam du Soudan demanda la permission de payer les soldats dont la solde était déjà arriérée de six mois et qui ne touchaient aucune ration #, Dans la province de Dongola, on se remit à payer mensuellement le personnel du service des Pastes, puis Les surseillants, les méharistes et les charpentiers du service des Télégraphes. en. leur retenant toutefois deux mois de salaire; au reste du personnel, on . paya quatre mois de traitements arriérés. Mais, si nous en croyons Îr moudir de cette province, il lui était encore dû quatre et cinq mois et mèmr davantage, « Les fêtes du Ramadan approchent, éerivit-il le. 18 septembre 1895 à Khairi pacha ; nous espérons, avec l’aide de $. À. le Khedive, percevoir les hnpôts prochainement. Eu égard à tout cela, je vous prie de vouloir bien, au cas où vous l’approuveriez, donner des instructions pour que le nersonnel touche tout son dû et que, par la suite, il touche normalement chaque mois son salaire. Ces mesures faciliteraient la

GO) A, A., Reg, a3, Dép, Abd., pièce 105, O.S. au kaïmakam du Soudan, à juin 1875. |

3 C'est ainsi que Makboul agha, un des houkkam du kism du Ni Blanc fut livencié pour sa négligence dans la perception des impôts (A. À., Reg. a9, Dép. Ab, pièce 667, Ayoub pacha au vékil des travaux du Soudan, 7 août 1876). Le naur du kism du Nil Blanc fut lui-même licencié et remplacé par un homme « compétente, mais on ne nous indique pas le motif de son licenciement. Il est probable qu'il commit des malversalions, car une enquête fut ouverte à son encontre (A. A., Ref. a9, Dép. Abd., pièce 557, Ayoub pacha au vékil des travaux du Soudan, 23 juillet 1876).

® Elle fut appliquée par erreur au personnel de la maamourieh de l'Équateur, ce qui provoqua une réclamation du représentant de Gordon à Khartouri (A. À. Reg. 28, Dép, Abd., pièce 338, Khairi pacha au kaïmakam du Sondan, 20 juillet 1875).

M À, À., Reg. 31, dr, Abd., pièce 579, Khaled pacha à Khairi pacha, 9 juillet

ve

que

lâche et ia vie de ce personnel H},» 1 paraît douteux, dans ces conditions, que li hokoumdaria ait pu, en septembre 1875, effectuer un versement substantiel au Caire au titre de la redevance annuelle P),

UM A, A, Reg, 33, 4rr, Abd., pièce 349, le moudir de Dongola à Khairi pacha, 18 septembre 1875. Dans cette moudirich, les réclamations au sujet de l'impôt sur les dattiers continuèrent, Le 18 juillet 1875, notamment, la Maïa Sanieh fut saisie par l'omdeh Tamza Soliman, du kism de Halfa, d’une plainte détaillée, dans laquelle les chiffres qui sont cités différent de ceux que nous avons mentionnés jusqu'iri. Jusqu'en 1278, déclare le plaignant, l'impôt sur les datticers était de à piastre 10 paras pour la qualité supérieure, 35 paras pour la qualité moyenne rt 0 paras pour la qualité inférieure. En 1979, l'impôt fut établi sur la base du dixième et cela dura jusqu’en 1281, En 198o, l'impôt fut établi à raison de 3 à 4 plastres, ce qui provoqua de très vives plaintes ; le vice-roi ordonna alors de revenir à la base du dixième. En 1286 et 1287, l'impôt fut fixé sur cette base. En 1288, il fut fixé sur la moyenne du dixième des deux années précédentes, mais et 1289 la moudirich ordonna d'établir F’impôt sur la récolte de l'année 1288, re qui provoqua de nouvelles plaintes des habitants. On revint alors à la moyenne du dixième des années 1286 et 1287. Mais, tout dernièrement, l'omdeh a été aisé que l'impôt des dattiers doit dire perçu, pour la période 1286-1289, sur la base du recensement de 1287, à savoir 7 piastres 20 paras pour la qualité supérieure, 5 piastres pour la qualité moyenne, 3 piasires 10 paras pour la qualité inférieure, alors que ect impôt a déjà été payé pour ces années-là, Pour 1291, l'impôt sera de 6 piastres, 4 piastres et 1 piastre 80 paras selon la qualité. L'omdeh déclare qu'il est impossible de payer cet impôt et invoque l’état de pauvreté du pays (À. A., Reg. 31, Arr, Abd, pièce 549, Hamza Soliman à Khairi pacha, 13 juillt 1895). En juillet 1876, ce sont Les habitants d’Assouan qui se plaignent de ec qu'on veut, en 1291, les imposer sur la base de l'année 1285 ; or, depuis cette +poque, des dattiers ont disparu alors que d'autres ont été plantés, Les uns ont dune À payer un impôt pour quelque chose qui n'existe plus et se trouvent lésés, landis que d’autres ne paient rien pour ce qu'ils possèdent et sont des privilépiés, Les habitants suggèrent de fixer l'impôt sur le recensement actuel de leurs arbres, tee qui, disent-ils, ne peut en aueun cas nuire aux intérêts de l'État. (A. À., Reg. 10, Arr, Abd., pièce 568, les habitants d'Assouan à la Maïa, 13 juillet 1876.)

® Le Khédive autorisa la hokoumdaria à déduire de la redovanec annuelle cerlines sommes pour tenir compte des pertes subies par elle lors de la destruction du sudd (ef, t, HT, a° partie, p. 596), à savoir : 116 bourses et fraction pour le bateau n° 35 coulé; 32,134, piastros représentant le prix du matériel perdu sur in bateau naufragé; 186 bourses et fraction représentant le restant du prix des barques, felouques et matériel également perdus ; 8,000 -piastres, prix des armes

st du vègne du Khéd, lmaïl, &, LIL m1

Ge n'est point que les traitements payés aux employés du gouverner général grevassent lourilement le budget du Soudan. En décembre 18-14, Kyriakos effendi el-Kommos, bach-kiatib du gouvernorat, touchait 1.900 piastres par mois, et Guirguis eflendi Nakhla, rédacteur, 1000. phastrei seulement, alors que le traitement mensuel de leurs prédécesseurs état de 3000 piastres. Aussi Ayoub pacha demanda--il pour eux, avec l'in. trot du grade de 4° classe, un traitement de 2000 piastres par OTTTTE IF sollieita les mêmes avantages pour fbrabim eflendi, directeur de l'ar. senal de Khartoum, Mohamed eflendi Wahbi, ingénieur en chef du gon. vernorat et Mohamed effendi Moussa, directeur du dépôl des munitions À Khartoum ), : . |

Appelé à son retour au Caire, en 1876, à s'expliquer sur sa gestion

‘financière, Ayoub pacha rappela tout d’abord les raisons qui Pasaient empêché de verser au Trésor la redevance annuelle de 30.000 bourse, prescrite, Puis, comme on lui reprochait de n'avoir pas présenté au Ministère des Finances les budgets relatifs à chaque exercice financier. il

tombées dans le Nil (ef, À. A, Reg. 10, Ordres supérieurs, pièces 2, 8, 4 el ru, 22 septembre 1875).

OA, À., Reg, 17, Arr, Maïa Saniek, n° 5 Mourour, p. 133, Ayoub pacha à ha Maïa Sanich, 14 août 1876. En réponse, le Khédive demanda au gouverneur général de lui présenter des propositions concernant les postes de la hokoumdari. sans y faire entrer les grades (A, À, Reg. 148, Dép, Maïa Sanieh, Khairi pacha à Ayoub pacha, 25 août 1876), Dans les provinces, certains employés se plaignaient de la médiocrité de leurs traitements, C’est ainsi que Mohamed Abd cl-labiu, peseur de la chouna à Korosko, se plaignait de ne gagner que 2.000 piastres et fraction, alors qu'il devait payer à la moudirich d’Esneh une roksa s’élevant 4 1.000 piastres par an. De plus la moudirich lui avait demandé de payer la rohkss pour deux années et l'empéchait de faire le pesage commercial, Il faisait observer qu'il y avait quatre catégories de roksas, allant de 260 piastres à 1,000 piastres et qu'elles étaient en rapport avec Les bénéfices et les recettes. Comme il n'avail d'autre revenu que son salaire et versait à L'État toutes les recettes provenant du pesage, il demandait à ne payer que a5o piastres pour sa roksa. Si cette mesure n’était pas acceptée, Mohamed Abd el-Rahim ne verrait pas d’inconvénient à ce que” le gouvernement lui supprimât son traitement et l’autorisât à prélever, pour son compte, la moilié des rocetles du pesage, à L'exemple de ec qui se faisait dans les autres centres de pesage. (A. À., Reg. 30, Arr. Abd, pièces 484, 485, Mohamel Abd el-Rahim à la Maïa Sanieh, 19 avril 1875.)

repondlit qu'après sa nomination au poste de hokoumdar, il avait dû se rudre au Fleuve Blanc pour y détruire le sudd; peu après son retour à Khartoum, il était parti pour Le Darfour, où il était resté près de deux ans, en suile de quoi ilétait venu en Égypte ; le temps lui avait done manqué pour s'occuper personnellement du budget. D'autre part, les mouvements sontinuels que les événements avaient imposés parmi les soldats et les “mployés, avaient encore compliqué l'élaboration des arrangements finanviers. Comme chaque moudirich présentait annuellement aux Finances les comptes de ses recettes et de ses dépenses, ces documents sullisaient, ns son opinion, pour faire connaître le montant général des recettes et des dépenses de la hokoumdaria, et il demanda à être relevé de l’obligahon de présenter pour celle-ci un budget distinet M,

Ismaïl Ayoub pacha aurait pu ajouter que le Soudan souffrait d’une extrème pénurie de commis ®) et que les travaux de “ORRAURE s’en trouvaient presque paralysés (#), La maamourich de l'équateur, la prosuce du Darfour étaient dans le même cas. Le hokoumdar avait éerit à maintes reprises au Ministère des Finances à ce sujet sans recevoir jamais aucune réponse , En octobre 1876, Ayoub pacha informait la Maïa Sanich que les 48 commis nécessaires au Darfour n'avaient pas été envoyés du Caire au complet ; que ceux qu’on avait envoyés furent trouvés naples à ces travaux et qu'on dut, en conséquence, transférer certains “onnnis des moudiriehs du Soudan à celles du Darfour aux fins d’entreprendre les travaux requis. Actuellement la hokoumdaria demandait 6 : “ommis pour la moudirieh de Facher, 35 pour celle de Dara, sans compter

M A, À,, Reg. 17, Arr, Maïa Sanieh, pièce 5 Mourour, p. 133, Ayoub pachaà la Maïx Sanich, 14 août 1876, . 4 Il appert des lettres échangées entre la Maïa Sanieh et le gouverneur général sa sepiombre 1876 qu'à cette époque la hokoumdaria n'avait pas oncore faute de commis dressé l’état des objets et articles qu'elle avait fournis aux régions du Darfour, de l'Équateur ou autres, et dont la contrevaleur en produits de ces régions ne Ini ail pas été payée (A. À., Rog. 13, Dép, Maïa Sanieh, p.24 et 30, la Maïa à Ayoub pacha, 21 septembre, 26 octobre 1876).

PAS A., Reg. 31, drr, Abd., pièce 497, le kaïmakam du Soudan à à Khairi pacha,

1" juillet (Bus.

4 À, À., Reg. 31, Dép. Abd, pièce 39, le hokoumdar au vékil des travaux du Soudan, 17 août 1876. DS

les commis dont les services étaient nécessaires dans les moudiriehs 4. Soudan. L'Égypte ne pouvant lournir aucun employé, le hokoumd: demanda au Ministère des Finances de désigner 4 où 5 commis, DIET une connaissance approfondie des travaux de comptabilité, qui séraiwn envoyés à Khartoum dans le but d'exercer à ces travaux les étudiant. ,: les fikis de bonne volonté. Gette proposition revenait à créer au Sondes une école de comptabilité qui formerait des élèves, lesquels seraient en. suite distribués entre le Darfour, l’Équateur et les diverses branches 4: l'administration du gouvernorat général, pour permettre de terminrs les travaux en souflrance M), Le projet fat approuvé par le Khédive qu preserivit au Ministère de l’intérieur d'envoyer au Soudan les cinq rommi demandés ©,

h. — LES POUVOIRS ADMINISTRATIFS DU HOKOUMDAR. | |

Le gouverneur géréral du Soudan jugeait que ses pouvoirs étaient tro: limités en matière d’admimistration. Aussi, dans une leltre datée du 4 septembre 1876, exprima-t-il le désir d’être autorisé à prendre ut” décision dans certa nes questions sans avoir besoin de soumettre chaqur cas particulier à l'autorité compétente, Il rappela que cette autorisation avait déjà été accordée à son prédécesseur Giaffar Mazhar pacha, par une décision du Gonseil privé en date du 26 juillet 1870, approuvée par Son Altesse, que celle solution libérale avait alors été motivée par le fat que les provinces soudanaises ne pouvaient, en raison de leur éloignement. être assimilées aux autres régions de l'Égypte, et il fit valoir que Le nuxiu. tien de cette autorisation était nécessaire si l’on voulait épargner des difMicultés considérables à l'administration de ces provinces.

Les demandes présentées par Ismaïl Ayoub pacha étaient au nombre de six.

Fa première avait trait au transfert d’un employé à un poste supérieur,

OA A,, Reg. 17, Arr. Maïa Sanieh, pièce 14 Mourour, p. 119, Ayoub pachaa la Maïa, a6 octobre 1876.

FA, AÀ,, Roy, 148, Dép, Maïa Sanieh, pièce 15, p. 81, Khairi pacha à Ayoub pacha, 31 octobre 1876 ; Rog. 11, Dép. Maïa Sanieh, pièce 93, p. 166, Khain pacha au Ministre de l'Intérieur, 31 vetobre 1876.

sun la procédure actuelle, la question devait être soumise au Ministère

des Finances, puis à celui de l'Intérieur qui la renvoyait ensuite au Minis-

wre des Finances chargé de faire connaître au gouverneur général la décision - prise. En raison de cette navette et de à grande distance qui

“pare l'Égypte du Soudan, la procédure était longue, et, pendant ce

anps, Pemployé transféré encourait plus de fatigues et de responsabi-

lié, sans jouir du traitement correspondant à ses nouvelles fonctions.

Un tel état de choses pouvait, au dire du hokoumdar, amener l'intéressé

refuser une promotion dont l'intérêt pour lui tardait à se faire jour». La seconde demande se rapportait aux rations payées aux soldats en-

snyés en mission, Lors de son départ, le soldat touchait la ration du mois en Cours ; Mais sa mission durait parfois plusieurs mois, au cours desquels, faute de provisions dans les lieux éloignés où il se rendait, la ration ne pouvait plus lui être payée. Or, selon les dispositions de la loi sur l’armée, lr$que le mois s’écoulait sans que la ration aflérente à ce mois fut servie, clle-ci ou sa contrevaleur ne pouvait plus être remise au bénéficiaire.

. Îen résultait que les soldats sédentaires étaient plus favorisés que ceux

qui encouraient les fatigues du voyage au service du gouvernement, ce

qui n'était guère conforme à l'esprit de la loi. Le gouverneur général demandait en conséquence à ce que cette réglementation ne fût pas appliqiée, :

Be troisième point soulevé par Ismaïl Ayoub pacha avait trait aux dons, ls que pelisses et sommes d'argent, faits aux cheikhs des tribus et aux vnehs des villages à titre de récompenses. Pour être eflicaces, ces dons devaient être accordés au moment où les intéressés se présentaient devant le gouverneur, « Mais, écrivait le hokoumdar, si l’on suspendait cette remise et si l’on renvoyait les cheïkhs les mains vides, nantis seulement de la promesse que le don leur serait fait après avoir été soumis à l’autonié compétente et approuvé par elle, une pareille mesure les mécontenlyail et réduirait leur activité en même Lemps qu'elle les rendrait honlux en présence de leurs semblables, ce qui nuirait grandement à l’ad-

ninistration publique.» Le gouverneur général désirait done êlre dispensé de solliciter l'approbation préalable de l'autorité centrale en cette matière,

Il désirait de même être autorisé à accorder des allocations aux gens qui

s'enrôlaient dans l'armée, an ovdre supérieur l'ayant d'ailleurs habiles à accepter | es nouvelles recrues sur cette base.

Le cinquième point se rapportait aux réparations apportées chaque année aux bâtiments de P'État avant L’ époque des pluies. Si le devis af. férent à ces réparations devail ê être soumis au service compétent on Égypte et approuvé par lui, « des mois s’écouleraient et les pluies auraient alor accompli leur œuvre dévastatrice au Soudan, entraînant ainsi la perte des biens et des matériaux du. gouvernement». Cela était particulièrement vrai du Kordofan, où les bâtiments étaient construits en boue. I y avant done lieu, disait le hokoumdar, d'autoriser le goüvernorat général à ordonner l'exécution de ces travaux après examen du devis y aflérent, sans attendre LADpAUER du Caire.

Enfin le sixième et dernier point avait trait à l'élaboration du budget, el [smaïl Ayoub pacha demandait, on l’a vu, que le Ministère des Fi. nances se contenlâl des comptes en recettes et dépenses fournis par les moudiehs,

L'examen de ces demandes montre comment les affaires administratives étaient étudiées et réglées en Égypte. Les six questions soulevées par le gouverneur yénéral ayant des répercussions financières, furent d’abord, comme 1l se devait, soumises à l’examen du Ministère des Finances, qui fournit son avis à la Maïa Sanieh (), Celle-ci l’envoya pour examen au Conseil privé®?, Lorsque ce dernier eut fourni son avis, }r Khédive examina à son tour la question, fit ses observations et donna des directives {) au vu desquelles le Conseil privé prépara la décision à soumettre à l’ approbation du vice-roi (5), L'ensemble de ces documents permet ainsi de suivre les diflérentes étapes de l'étude à laquelle il fut pro-

(À, À., Rog. 1943, Départ Bureau du Soudan au Ministère des Finances, 5° partie, pièce 36, p. 37, Ismaïl Saddik pacha à la Maïa Sanieh, 12 octobre 1876.

(9 A, AÀ., Reg. 11, Dép. Muïa Sanieh, pièce 46, p. 167, Khaïri pacha au Conseil privé, 26 octobre 1876.

VA, A., Reg, 51, Dép. Meglis Khoussoussi, pièce 34, p. 120, lo président du

Conseil privé à la Maïa Sanich, 31 octobre 1876.

M A. À. Reg. 11, Dép. Maïa Sanieh, pièce 57, p. 180, Khairi pacha au Conseil privé, 7 décembre 1876,

1 À, À., Reg, 51, Dép, Meylis Khoussoussi, pièce 41, p. 149, le Conseil privé à Khairi pacha, 15 décombre 1876.

a Et dé et d'attribuer à chacun des organes consultés la part qui lui revient dans la décision finale.

‘Sur le premier point, le Ministère des Finances fut d'avis d'autoriser le gouverneur général à À accorder à toule personne nommée à un poste le laitement prévu pour ce poste, « à la condition de s'assurer au préalable de l'aptitude de ce candidat à le remplir et d’en ‘informer ensuite les Finances». Le Khédive, toutefois, fit une objection. « Il est à observer, dit-il, que cette autorisation peut entraîner une promotion ou un transfert immérité de cerlaines (pnQunes au détriment d’autres personnes, el cela par l'octroi aux premières d’une augmentation de traitement assez élevé, alors qu’il existe d'autres fonctionnaires dont le traitement serait assez rapproché de celui du poste vacant et qui seraient aptes à le remplir. D'autre part, le transfert n'implique pas l'octroi, au nouveau titulaire du poste, du grade de son prédécesseur, car les traitements des lonctionuaires ne son£ pas basés sur le grade, ce dernier n'étant octroyé que par un ordre supérieur. Quant aux militaires, leurs traitements sont calculés d'après leur grade et aucun d’entre eux ne peut être promu à un grade supérieur qu'après soumission de son cas au Ministère de la Guerre qui adopte à son égard les mesures conformes aux règlements.» En conclusion, le Khédive déclarait qu'il serait plus approprié de fixer à l’autorisation sollicitée par le gouverneur général une limite qu'il serait {enu de ne pas dépasser,

Cette dernière phrase montre la répugnance du vice-roi à accorder sans restriction l’extension de pouvoirs sollicitée par le gouverneur général, Ayoub pacha, on l’a vu, avait demandé l'autorisation de procéder à l’avenir aux mutations et transferts de moudirs nécessités par les besoins du service. Et comme il jugeait que, pour diriger certaines’ moudiriehs, notamment celles du Darfour, il fallait des hommes jeunes, actifs et compétents, il avait été conduit à les choisir parfois parmi des fonctionnaires ou des officiers d’un rang peu élevé ; sa tendance très nette était de procéder presque uniquement à un avancement au choix, Le Khédive y mit un frein, en rappelant que l'ancienneté de service constituait pour les fonctionnaires un droit à l'avancement et son avis fut naturellement incorporé dans la décision finale du Conseil privé.

La question des rations servies aux soldats fut réglée comme le désirait

le gouverneur général. En ce qui concerne les dons aux cheikh et au: omdchs, les Finances furent d'avis de restreindre les pouvoirs du he. koumdar à la distribution des pelisses seulement. Après avoir entendu 1, : explications d’Ismaïl Ayouh pacha, le Conseil Dxirn jugea autrement et proposa de l’autoriser à délivrer les gratifications pécuniaires qu'il juyreront appropriées, quitle à présenter aux Finances tous les quatre mois un état des allocations ainst distribuées. Le Khédive décida de son côté qu'il conviendrait de « déterminer [à l'avance] les quantités à remettre dans chaque cas suivant les circonstances». Le gouverneur général it alors valoir «qu'entre temps et en attendant la présentation.de la liste et Hi réglementation de ces dons, 1l y aurait sûrement lieu de récompenser ccrtains cheikhs», et le Conseil privé proposa en définitive au vice-rs d'autoriser le hokoumdar à remettre des dons en argent à eeux qui te mériteraient, jusqu'à concurrence d’une somme globale de 30 boursrs par an.

Le Ministère des Finances ne fit pas d’ Shicétion au paiement Toile tions aux personnes s’enrôlant dans l’armée. Le Khédive prescrivit toute. fois au gouverneur général de dresser tous les six mois une liste des ré crues et d'indiquer les régiments et les bataillons auxquels elles seraient

affectées, en même temps que les gratifications qui leur seraient payées.

En ce qui concerne les réparations à faire aux bâtiments de État , les Finances décidèrent que les moudirs établiraient un devis détaillé «1° chiflré du travail à exécuter ; ce devis serait ensuite revu par l'ingénieur en chef du gouvernorat ct « lorsque le gouverneur général se serait assure de la nécessité et de l’inportance, des travaux à entreprendre, il en autoriserait l'exécution» ; il informerait ensuite le Ministère des Finances de sa décision et produirait les pièces justificatives à l’appui ; à Pachèvement des travaux, le devis final serait envoyé aux Finances pour révision des comptes. Telle serait la procédure à suivre pour les réparations à lurv aux bâtiments anciens, mais lorsqu'il s'agirait de constructions nouvelles, le hokoumdar devrait, comme par le passé, solliciter l'autorisation préalable de Son Altesse. Le Khédive approuva ces propositions ; il y attarha toutefois une condition. Comme il était dû par les habitants du Soudun une somme considérable d'argent au litre des arriérés d'impôts, il décida que les réparations, ainsi que les constructions nouvelles, seraient payées,

on pas sur les recettes de l'année en cours, mais sur les avriérés des années précédentes, Son but était évidemment de stimuler l'activité des moudirs et du gouverneur à percevoir ces arriérés. Cependant Ayoub pacha u’eut pas de peine, semble], à convaincre le Conseil privé qu’une pareille condition ruinerait l'économie du projet, car, après avoir dit que le gouverneur devrait € prendre grand soin de réunir ces arriérés, afin d'avoir à sa disposition les sommes requises pour les travaux à entreprendre», le Conseil ajouta : « Mais comme il peut arriver parfois qu’il uit lieu de procéder d'urgence à certains travaux, alors que la somme réunie des arriérés d'impôts ne suffirait pas à couvrir la dépense, le gouwerneur général sera alors autorisé à prendre le montant requis sur les sereltes du gouvernorat, à charge pour lui de le retourner après perception des arriérés ci-dessus mentionnés.»

Il restait enfin la question de la présentation du budget. Sur ce point, le Ministère des Finances fut intransigeant. Le gouverneur général devrait demander à chaque moudirieh de lui transmettre « un état de ses employés portant indication de chaque poste, du traitement y afférent, et de la nature du travail entrepris par son titulaire, de même qu'une liste des dépenses de la moudirieh et une liste de ses recettes. Une fois ces Listes examinées ef approuvées par le gouverneur général, ce dernier fcrait dresser un état général qu'il enverrait aux Finances avant le commenvement de l’année. Cet état général serait revu par les Finances puis soumis à Son Âltesse. Après approbation par Elle, il serait mis en vigueur, “e qui, permettrait aux Finances de s’en inspirer dans la révision des romptes qui lui seraient transmis, Au cas où il serait nécessaire, après l'approbation de ces listes, de nommer de nouveaux employés ou soldats, 1! serait plus approprié de dresser les listes requises et de les transmettre pour approbation st la situation permettait d'adopter ce procédé, Dans le cas contraire, et si les exigences du service et la bonne marche de l’admiistration faisaient un devoir au gouverneur de procéder d'urgence à ecs nominations, Son Excellence serait autorisée à le faire, quitte à en informer les Finances sur le champ. Ge dernier Ministère, après en avoir pris -ronnalssance, les sournettrait à Son Allesse pour qu'elle approuve ces mesures complémentaires de l'arrangement précédemment élablis. Le Khédive sanctionna cette réglementation, en précisant toutefois qu'il y

1130 IMSTOIRE DU. RÈGNE DU KHÉDIVE ISMAÏL. a ——# ————————————— .— ————"" °/ un

aurait lieu d'élaborer le budget par moudixieh ; de plus, ce budget desrant être divisé en deux parties, l’une se rapportant aux traitements des four. tionnaires civils avec indication de leurs postes, l’autre à ceux des mil. {aires avec indication de Lous détails y afférents.

Le document final élaboré par le Gonseil privé sur les six demandes présentées par le gouverneur général du Soudan, tue approuvé par le Khédive le 5 janvier 1877 (1. .

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