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Histoire du roi de Bohme et de ses sept châteaux

ui! quaiidjc n'aurois pour monture que 1 âne sophiste ei pédant qui argumenta contre BalaamL.

S Quand je serois réduit à enfourcher

la rosse chatouilleuse qui lil un autre Aksalon de F. Jean des Kntnmmeiire.s

— ou la mule rétive dont l'opiniâtreté infernale compromit iui jour le salut de l'abbesse des Andouillettes et de la douce Marguerite!...

Quand il me seroit prescrit par une loi de l'état — ou par un canon de l'Église — de ne jamais courir une poste que sur la haquenée fantastique de Lénore — ou sur le cheval pâle de l'Apocalypse qui portoit un cavalier nommé la mort!... Hélas! celui-là piaffe à ma porte...

Mais qui diable pourra me dire ce que qu'un cheval pâle?

c'est

Quand je devrois emprunter (pour y aller) l'essor aventureux de l'hippogriffe, me suspendre comme Montgolfier à ime vessie de toile gommée, chassée par le vent, ou me jucher comme Sindbad le marin sur les épaules d'un afrite maudit... J'irai!

Funeste ambition, où prétends-tu me conduire? est-ce à Corinthe?... — Non, Théodore, c'est en Bohëm<\

J'ouvrirai les dyptiques, jépellerai les diplômes, je collationncrai les chartes — je saurai dans quel temps vivoit ce roi de Bohême, et je marquerai la place de ses sept châteaux avec une précision digne de Pausanias, d'Antonin, de Rutilius — de manière à faire mourir de dépit l'exact, ponctuel et soigneux Dodwell, s'il n étoit mort en \ 7\ \ , ce bon Henri Dodwell, quelques jours avant Pâques fleuries.

D'ailleurs, du temps de Dodvell , on s'occupoit si peu du roi de Bohême él <le ses sept châteaux!

Et voilà pourquoi les sociétés marchent lentement. Chaque siècle a ses besoins.

Le besoin le plus pressant de notre époque pour un homme raisonnable qui apprécie le monde et la vie à leur valeur, c'est de savoir la fin de l'histoire du roi de Bohême et de ses sept châteaux.

Moi, je n'ai besoin que d'un cheval : soit nécessité, soit caprice, je n'irai pas en Bohême sans cheval. Une entreprise comme celle-ci vaut bien les frais d'un cheval, et cependant j'ai vu passer vingt souscriptions sans qu'il fût question d'un cheval pour aller en Bohême !

Un cheval ! un cheval !

A horse ! a horse ! my kingdom for a horse !

lUtractation.

Que ferois-je au resle d'un cheval? je n en donnerois pas la coquille univalve — je ne sais si c'est un cône ou un fuseau, une olive ou un sabot, une hélice ou un buccin — je crois que c'est une porcelaine — non, — je ne donnerois pas un fragment de cette petite monnoie du sauvage que la mer roule sur tes plages, pauvre ei heureux insulaire, pour le cheval d'Alexandre qui avoit la tête du boeuf, et rour celui de César qui avoit le pied du bélier .

Ne puis-je voyager sans cheval dans tous les espaces que Dieu a ouverts à l'imagination de l'homme? N'ai -je pas à mon service la voiture commode et obéissante dont il me fît présent, pour toute part de mon céleste héritage, et que j'ai préférée quelquefois aux chars de Pharaon?

Je ne vous dirai pas précisément comment votre carrossier l'appelleroit. Ce n'est pas la désobligeante solitaire de M. Dessein; ce n'est pas le tilbury présomptueux du petit maître. Ce n'est ni la sédiole rapide de l'Italien qui fuit sur deux roues brûlantes, ni le traîneau fumant du Lapon qui glisse en sifflant sur la neige , et disparoît au milieu d'un nuage de poussière glacée.

C'est une voiture à moi, où je dors paisiblement sur les quatre coins, quelquefois seul, souvent accompagné, et que je dirige à mon gré vers tous les points de l'univers.

Il me suffit de faire claquer le pouce contre le médius, ou de frapper trois fois la langue contre le palais, pour la mener de Delhi à Tobolsk, ou pour la renvoyer des Orcades à Chandernagor — et si j'ai mâché quelques feuilles de ce grand coiwolvulus qui donne le bétel: si le suc du pavot, transformé en pastilles solides et parfumées, réveille dans mes esprits la riante famille des songes; si j'ai aspiré dans un long verre le gaz spiritueux et spirituel qui émane des tonnes d'Épernay, ou si j'ai tiré à fréquentes reprises de ma jolie tabatière de Lumloch cette poudre enivrante et poétique dont un mince diplomate du seizième siècle a doté la France... oh ! combien je vous laisse loin de moi, timide Vesta, grave ci modeste Pallas! que j'ai franchi de fois, Jupiter, l'orbe où roulent tes satellites! que j'ai de fois rompu ion anneau palissant, sombre et silencieux Saturne! je me souviens d'avoir touché à une barrière où on lisoit en lettres d'une forme et d'une couleur inconnues sur la terre :

OOTB.OI D'URAinrS.

Dieu ! qu il y faisoit froid !

Ce qu'il y a de commode dans ma voiture, c'est qu'elle est toujours prête. Madame, voulezvous monter? Il n'y a pas un moyeu à graisser, pas une clavette à serrer. Il ne manque pas un boulon. Ne craignez pas les accidents du chemin. Si l'équipage de Cervantes ou de Rabelais, si celui du bénéficiaire de Sutlon ou du doyen de Saint-Patrick a passé par ici — j'ai suivi l'ornière avec tant de soin — ou je m'en suis écarté avec tant d'adresse ! Les fossés sont en vérité profonds comme l'espace. Ils donneroient le vertige à un aigle! Mais la voie est large comme le canal de la Manche , multiplié par toutes les gouttes d'eau de l'Océan. Je verse quelquefois, mais seulement quand je le veux — ou quand vous le voulez — et c'est sur un sable si doux, sur un gazon si souple, si élastique et si frais, que vous n'y regretteriez, je le jure, ni l'édredon moelleux de votre lit de repos, ni la bourre de soie qui enfle vos canapés.

Hier encore , Fanny, les yeux fixés sur cette petite mouche fauve qui domine ton sourcil noir, car il y a trop de danger pour moi à regar-

der plus bas... — Pas plus tard que ce malin, Victorine, les doigts liés aux boucles d'or de tes cheveux flottants... — Dis -moi, traîtresse, qui t'a ainsi décoiffe k

0 Victorine, ô Fanny, que de chemin vous avez fait avec moi sans le savoir!

Mais il s'agit aujourd'hui de choses plus sérieuses. Pour la première fois de ma vie, je me suis avisé d'avoir une volonté fixe, un but déterminé. Je pars. Je suis parti.

— Où allez-vous donc, Théodore?

— En Bohême, vous dis-je! Fouette, cocher!

Convention.

Seulement je n'irai pas sans eux. J'ai de si bonnes raisons pour cela !

L'un, c'est don Pic de Fanferluchio !

L'autre, c'est mon fidèle Breloque.

Le premier m'entretient en secret de oes études de peu de valeur avec Lesquelles on oublie doucemenl de vivre. Il fui le plus assidu des

amis de ma jeunesse. A vingt-cinq ans, je n'avois jamais recherché d'autre conversation que la sienne , et quelle conversation ! L'homme le

plus long, le plus étroit, le quement abtes ses dimenfrottédegrec, mologies, d'ode thèses, de ypothèses,de de tropes , de apocopes — la ent le plus de mots contre une idée, de sophismes contre un raisonnement, de paradoxes contre une opinion — de noms, de prénoms, de surnoms — de titres oubliés et de dates inutiles — de niaiseries biologiques, de balivernes bibliologiques , de billevesées philologiques — la table vivante des matières du Mithridate d'Adelung et de YOnomasticon de SaxiusL.

plus mince, le plus géométri strait dans ton sions — le plus de latin , d'éty nomatopées— dia thèses, d'h métathèses — syncopes et d' tête qui conti

Le second, créature bizarre et capricieuse —

jeu singulier de la Providence qui s'amuse, après avoir moulé un génie sous la forme d'Achille ou d'Apollon, à bâtir avec les rognures échappées à son ciseau sublime un monstre difforme et grotesque — mélange fortuit d'éléments que l'on croiroit incompatibles — accident passager mais unique dans les modes innombrables de l'être — ébauche ridicule de l'homme qui ne sera jamais achevée — être sans nom, sans but, sans destinée, qu'on voit toujours riant, toujours chantant, toujours moquant, toujours gabant, toujours gambadant, toujours disposé à rien faire ou à faire des riens —

Hélas! mon cher Victor, je n'ai pas ta plume d'or et ton encre aux mille couleurs; je n'ai pas, mon cher Tony, la palette plus riche que rare-

en-ciel où tu charges tes pinceaux — et j'essaierois de peindre un nain !

Quand j'eus gagné à la loterie cette principauté d'Allemagne que j'ai perdue ce matin à mon réveil — la peste soit du trotteur! — je donnai à don Pic de Fanferluchio les sceaux de la chancellerie et les clefs de la bibliothèque.

Breloque eut la trésorerie et les petits appartements.

0 vous que la fortune a exposés dans un rang élevé aux regards jaloux de la multitude, et qui n'avez pas lu sans fruit la vie d'Alcibiade, vous pouvez vous adresser à Breloque en toute sûreté. Il coupera la queue de vos chiens.

Non... jamais on n'a éprouvé au même degré que moi... —

Non, Cléobis et Biton qui moururent de fatigue en traînant le char triomphal de leur mère... Non , le sire Gontran de Léry qui expira en dé-

DU ROI DE BOHÈME. I j

posant sa fiancée au sommet de la Cote des deux amants... Non, Euthyme de Locres à qui il n'ariva rien de moins, pour avoir transporté un rocher énorme , destiné à clore les murailles de sa cité — Que dis-je! ce géant qui soutint le monde — Anthée, Épiméthée, Prométhée, on Atlas — je serois bien fâché de me tromper sur son nom, mais je n'ai pas même ici un aimanach —

Aon, personne n'a senti ce que pèse cette vertu compacte et immense , cette idéalité des perfections absolues, cette prototjpie de toutes les facultés innées et acquises, morales et rationnelles, ce -o koùbv de lame et de L'intelligence humaine presque divinisées , dont la supériorité accablante exerce une censure involontaire, mais hostile el perpétuelle, sur la société entière — ■

A moi, Breloque, m'écriai -je, sauve-moi de mon innocence! Dépouille, s il le fout, mon chaste front de cette couronne de pureté timide que les femmes me décernèrent autrefois. — Délivre-moi de cette infaillibilité de mœurs, de

I (i HISTOIRE

cette austérité inflexible, qui finiroient par [n'attirer la haine de tout le genre humain. — Danse, Breloque, danse encore. — Donne-moi des défauts qui ne soient pas des vices , des goûts qui ne soient pas des excès, des manies qui ne soient pas des passions. — Danse, Breloque, danse toujours; — et si tes grelots omissent jamais dans le formidable concert des trompettes du jugement, ne crains pas qu'ils m'avertissent d'un remords !

Breloque fit le saut périlleux.

Pauvre Breloque! sans toi que serois-je devenu!

Quaùrois-je été sans eux, je le demande? La statue informe du Titan, la poupée de l'idéologue, le monstre antropomorphe de Godwin?

Quand l'archange qui coule la figure d'un homme dans les fourneaux de la nature, se fut aperçu de la méprise qui lui avoit fait confondre des éléments si divers — don Pic, Breloque et Théodore — son premier mouvement fut de

rompre l'image, et d'en jeter l<s fragments à iravers l'espace. —

O povero mil Que de siècles nauroit-il pas fallu pour remettre mes molécules constitutives en harmonie, pour raccrocher mes atomes, pour idiosyncraser mes monades, pour rétablir l'adhérence intime et parfaite de tant de surfaces antipathiques entre le myrmidon Breloque et le patagon filiforme don Pic de Fanferluchio?

Heureusement l'ange praticien y regarda deux fois, trois fois, y revint encore, s'accoutuma d'abord à tolérer, puis à aimer son modèle. 11 alla même jusqu'à lui confier une émanation de ce souffle de bonté dont les anges sont avares , et imprimant fortement le pouce à l'extrémité du nez de son mannequin encore inanimé, pour parvenir ta le reconnoître un jour à ce méplat original : — Va, lui dit-il, sois Théodore. — Et mon père pleura de joie sur un berceau.

Démonstration.

Si cependant, par hasard, cette fiction ne vous convenoit pas... car je ne vois aucune difficulté à déclarer que c'est une fiction...

Si vous êtes du nombre de ces esprits positifs qui ne se contentent que de vérités absolues, et qui ne recevroient pas une idée frappée au coin de Montaigne et de Platon sans lui taire subir L'épreuve du tréljuchet...

Si vous faites plus de cas d'une bonne addition que d'une similitude et même que d'une comparaison...

Eh , mon Dieu ! vous n'avez qu'à parler!

Il faut seulement s'entendre sur un point de départ, c'est-à-dire sur le calcul de Dioclès de Smyrne qui représente l'esprit de l'homme par le nombre Mille.

Ci , valeur reçue en compte 1000.

Passons à l'analyse :

Soit Théodore , ou mon imagination. 0.

Soit don Pic de Fanferluchio , ou ma mémoire \ .

Soit Breloque, ou mon jugement. . . 999.

Je n'ai pas besoin de faire la synthèse devant vous; mais vous pouvez la vérifier facilement

Dl KOI DE BOHÈME. 21

avec votre professeur de mathématiques, avec votre intendant , ou avec votre blanchisseuse. —

Je pose hardiment le total \ 000.

Ce qui signifie identiquement : l'auteur de V Histoire du roi de Bohême et de ses sept châteaux; car l'esprit est tout l'homme, el c'est de ces trois facultés, l'imagination, la mémoire et le jugement, que se compose (à moins qu on n\ ait changé quelque chose) la mystérieuse trinité de notre intelligence, dans des proportions assez irrégulières , comme vous le voyez, et qui peuvent souffrir des modifications si multiples que la rencontre de deux ménechmes intellectuels sera probablement l'événement le plus inattendu de l'autre monde, et celui qui ajoutera le pins au charme piquant de notre future Palingénésie.

Quelle incroyable variété de physionomies' quelle inépuisable* source d harmonies et de contrastes! que dames qui seroni étonnées de n'avoir pas volé lune à L'autre! que d'affections qui se révolteront contre le joug que leur a l'ail

subir une trompeuse sympathie ! que d'admirations détrompées! que de modesties rassurées trop tard! que de grands hommes j'ai vus, et, il m'en coûte de l'avouer, qui arriveront là , négativement timbrés de trois zéros, à la barbe de Dioclès !

Breloque ne s'est pas réservé d'autre plaisir pour les trente premières myriades de siècles de l'éternité.

(Dbiectian.

— Eh, monsieur, je vois ce que c'est! encore un mauvais pastiche des innombrables pastiches de Sterne et de Rabelais... —

Mauvais, cela vous plaît à dire... et puis, que diable vous faut-il si vous ne voulez pas des pastiches?

Oserois-je vous demander quel livre n'est pas pastiche, quelle idée peut s'enorgueillir aujourd'hui d'éclore première et typique.'...

(Dalgarno réduisoit toutes les idées primitives à six, et don Pic de Fanferluchio prétend qu'il y avoit du luxe.)

Oserois-je vous demander, dis-je, quel auteur est procédé de lui-même comme Dieu, si ce n'est l'auteur inconnu qui s'avisa le lendemain de l'invention des lettres...

C'étoit peut-être Enoch; mais son livre ne s'est pas retrouvé —

C'étoit peut-être Abraham; mais le Jezirah est apocryphe, et le Saint-Esprit le balaya, comme les faux évangiles, de la table du concile de Nicée —

C'étoit peut-être Mercure , autrement Hermès ou Trismégiste; mais il n'est pas plus question de cette particularité dans Apollodore que dans le père Gautruche.

Qui s'avisa de tracer pour la première fois... sur le sable —

Ou sur un rocher —

Ou sur une brique —

Ou sur une tabella d'ivoire enduite de cire

\ terge

Ou sur toute autre surface naturelle ou plastique, mais pénétrable et tenace —

Ou sur une feuille de papyrus —

Ou sur la membrane du placenta d un quadrupède —

Ou sur de la bouillie de chanvre ou de lin, de coton onde soie, de paille ou d'ortie, étendue, aplatie et desséchée —

Avec un roseau aiguisé —

Ou un burin pointu —

Ou un crayon de métal friable —

Ou im fragment de pierre colorée —

Ou une plume d'oie —

De tracer (j'en étois là) quelques Lignes verticales ou horizontales — de bas en haut ou de haut en bas — de droite à- gauche ou bien <1< gauche à droite — ou même de gauche à droite et de droite à gauche alternativement, cérame cela se pratiquoit dans le Hunstropheduti —

Et de s'écrier dans une langue qui est morte avant le déluge : Exegi monumentuml

Celui-là (écrivain original, je te salue!) n'écrivit cependant, selon toute apparence, que ce qu'on avoit dit avant lui; et, chose merveilleuse! le premier livre écrit ne fut lui-même qu'un pastiche de la tradition , qu'un plagiat de la parole !

Une idée nouvelle, grand Dieu! il n'en restoit pas une dans la circulation du temps de Salomon — et Salomon n'a fait que le dire d'après Job.

Et vous voulez que moi, plagiaire des plagiaires de Sterne —

Qui fut plagiaire de Swift —

Qui fut plagiaire de Wilkins —

Qui fut plagiaire de Cyrano —

Qui fut plagiaire de Reboul —

Qui fut plagiaire de Guillaume des Autels —

Qui fut plagiaire de Rabelais —

Qui fut plagiaire de Morus —

Qui fut plagiaire d'Érasme —

Qui fut plagiaire de Lucien — ou de Lucius de Pau-as — ou d'Apulée — car on ne sait lequel des trois a été volé par les deux autres, et je ne me suis jamais soucié de le savoir...

Vous voudriez, je le répète, que j'inventasse la forme et le fond d'un livre! le ciel me soit en aide ! Condillac dit quelque part qu'il seroit plus aisé de créer un monde que de créer une idée.

Et c'est aussi l'opinion de Polydore Virgile et de Bruscambille.

Déclaration.

Au reste, on conviendra que je n ai pas affiche du moins la prétention insensée drue neuf dans le métier le plus fastidieuse! nent usé qu'on puisse exercer au inonde, celui, diroit Rabelais, de sophistiqueur de pensées et de grabeleur de mots.

Vous chercheriez inutilement pendant cent ans un titre qui révélai plus naïvement le plagiai que ces lignes ingénues :

fcjietoin*

îru roi fcc Ooljcme

et

îtf ses sqrt ctycttmur.

À peine ont-elles frappé vos yeux que trois ou quatre idées subites jaillissent tout armées d'autant de cases de votre mémoire, comme Minerve de la tête de Jupiter, chargées d'insignes, de blazons, de plans, de devis; ceintes de remparts, de glacis et de contrescarpes ; hérissées d'ouvrages à cornes et de bastions —

Ah! ahî dites-vous, j'ai vu cela quelque part, dans Olaùs Magnus, dans Rudbeck, dans Sterne peut-être...

Une dernière case s'ouvre, celle de la réflexion, et il en sort une idée plus intelligente, plus nette, plus lucide, qui vous dit d'un ton sardoniqiie en haussant légèrement les épaules (ô divine Entéléchie, les épaules d'une idée!...)...

« Mais c'est cela, c'est absolument cela! c'est dans Sterne! ce n'est qu'un pastiche. » Et puis elle rentre avec dédain... Merci, madame!

Et pourquoi pas un pastiche?...

Il m'étoit si aisé de dissimuler cet emprunt d'une imagination épuisée, en disant, par exemple :

3)IS 8!B3 2QÎ11Ï iïDia^:s:o3333,

ou mieux encore :

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