E PITRE
dèrant bien toutes les maximes de régner de ce grand Monarque , ses bontés presque divines , et V amour paternel qu'il avoit pour ses peuples, il le puisse véritablement imiter.
J'espère , Monseigneur, que cet échantillon suffira pour faire juger par avance du reste de l 'ouvrage. Je me persuade même qu'on ne le verra point sans admirer que , sous les ordres du plus puissant ministre qui ait jamais été > on ait agi dans une matière aussi délicate qu'est celle-là y avec tant de fidélité , avec tant de désintéressement , et avec tant d'amour pour le prince et pour l'Etat. Car > après tout , je crois pouvoir dire que c'est un exemple qui n'en a point eu de pareils avant le ministère de votre Eminence. Non-seulement elle a toujours porté le Roi à s'instruire parfaitement des choses dont la connoissance lui étoit nécessaire ; non-seulement elle lui a souvent représenté combien il lui étoit important de s'attacher de bonne heure aux fonctions de la royauté , mais encore elle ma sollicité moi-même de m' acquitter soigneusement de mon devoir. Combien de fois m'at-elle dit que je n'avois rien de plus important à faire , que de gagner sur l'esprit du Roi qu'il s'appliquât bien aux choses qu'il faisoit , et qu'il s'appliquât aux choses sérieuses? En vérité , Monseigneur , je ne crois pas qu'il y ait vien déplus beau ni de plus glorieux pour votre
Vllj EPI T RE.
Eminence ; et je suis trompé > si ceux qui écriront Vhistoirede votreviè n'ont peine à y trouver un endroit qui mérite mieux leurs éloges que celui-là. Pour moi , Monseigneur, j'avoue que je préfère de beaucoup à toutes les grâces que je pouvois jamais recevoir, la liberté que j'ai toujours eue de donner au roi ces instructions , qui vont maintenant paroître aux yeux de tout le monde ; et de toutes les obligations que j'ai à votre Eminence , il n'y en a pas une qui me touche si sensiblement que celle-là , ni pour laquelle je publie plus volontiers que je suis ,
Monseigneur f