‹ Histoire du RoussillonChapitre 124 sur 241 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

OBSTIRWTIOÎ^S S\3R L\ PfeWODE PRÉCÉDANTE.

Dans la période que nous venons de parcourir, le Roussillon s'était entièrement amalgamé k la Catalogne; en avait adopté les lois, les mœurs, les usages. Réuni k un État plus puissant, son commerce et son industrie acquirent un plus grand développement. La conquête de la Sicile, de la Sardaigne, les expéditions d'Alphonse en Italie, avaient ouvert aux manufactures de drap de la Catalogne et des Comtés, des débouchés avantageux. Leur travail était fort supérieur k celui des fabriques du Languedoc, dont les draps venaient recevoir à Perpignan un perfectionnement, qu'on ne savait pas leur donner. En 1424, on les soumit a un droit d'entrée dans la province, ce qui fut probablement une faute. Pour conserver leurs conquêtes et leur influence en Italie, les Rois d'Aragon, ayamt besoin d'entretenir des flottes, favorisèrent le commerce maritime, qui pouvait seul leur procurer des matelots et des navires. Les guerres des Catalans dans la Grèce, leurs voyages sur toutes les côtes de la Méditerranée et de la mer Noire , leur avaient* fait acquérir, dès le xiv*' siècle, de grandes connaissances en géographie et en navigation , comme le prouvent V Atlas catalan dressé

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en 1574, que Ton voit k la Bibliothèque Impériale de Paris, et Tappel de ce savant, nommé Jacques, que le prince Henri de Portugal fut chercher à Majorque, en 1415, pour lui confier la direction de l'école nautique qu'il établissait a Sagres. Déjk, sous Pierre lY, GoUioure, Saint-Laurent et Canet étaient des ports ou des plages fréquentés par les bâtiments marchands. Ce prince, sentant toute l'importance du Port-Yendres, avait donné des ordres pour son curage. On voit, a cette époque, plusieurs Consuls étrangers résidant à Collioure , qui ne tarda pas à avoir une juridiction consulaire, tout-à-fait conforme k celle établie à Perpignan. Pour faciliter la perception des droits que les marchandises payaient k l'entrée et k la sortie de la province , le roi Martin avait statué que tous les vaisseaux destinés pour le Roussillon, déchargeraient leurs cargaisons k Collioure. La reine Marie leur permit, en 1422, de les déchaîner où ils voudraient, pourvu, dit-elle, qu'on puisse y payer la leude. Elle motiva cette ordonnance, sur ce que la liberté du commerce est clairement stipulée dans les constitutions de Catalogne. Les nolissements se faisaient alors par acte devant notaire, où l'on spécifiait la quantité et la valeur des marchandises expédiées. Par des actes de ce genre, passés devant Vun d'eux seulement ' , on apprend que , dans les neuf mois écoulés de février k novembre 1392, il fut expédié trois mille cent quatre-vingt-dix-neuf pièces de drap, valant trente mille, trente-neuf livres de tern. Le chiffre de ces expéditions serait bien autrement élevé, si nous possédions les actes des nolis passés, durant cette année, par tous les notaires de Perpignan et de Collioure. D'après les nombreux documents qu'on a recueillis, il est bien.

1 Jacques Moliucr, DOtaire à Perpignan.

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