CHAPITRE QUINZIÈME
renforcé la garnison par mille Toulousains , ayant k leur tête l'un des Gapitouls , qui , voyant qu'on ne bougeait pas en Roussillon, y fit lui-même une rapide irruption; pénétra jusqu'en Ampourdan, et se retira chargé de butin. La paix entre François l^ et Charles- Quint fut conclue le 17 septembre 1544. Le dernier siège 4844. ayant démontré qu'il était indispensable d'ajouter quelques ouvrages aux fortifications de Perpignan, on se h&ta de les entreprendre : cependant, les travaux faits k la porte d'Elne, ainsi qu'au château, pour le transformer en citadelle, ne furent commencés qu'en 1552; Nous apprenons, par un acte de 1557, qu'il y avait, k cette époque, une espèce de poste établie en Roussillon : un jardinier était chargé de fournir les chevaux k Perpignan. En 1542, Sébastien Casenove, damoiseau, avait l'entreprise des postes royales, et logeait les courriers k Salses et a Perpignan. L'article 10 d'une constitution des Corts de Monçon en 1542, nous apprend qu'on exportait encore beaucoup de draps de Perpignan pour la Sicile. Dans les premiers jours de septembre 1548, l'Infant Don Philippe, s'étant embarqué k Roses pour aller k Gènes, et de Ik k Bruxelles joindre l'Empereur, prit terre k Collioure, et vint k Perpignan; mais il ne resta que quelques jours en Roussillon. Ce Prince était Lieutenant-Général de son père en Catalogne ; et c'est en cette qualité, que, sur la demande des Corts tenues k Monçon en 1555, il ordonna que, dorénavant, les nouveaux anoblis dans le Diocèse d'Elne, continueraient k payer la dîme au même taux qu'avant leur anoblissement. Jusqu'alors le taux de la dime était, dans ce Diocèse, de Vio ^^ '^ récolte pour tous les nobles, anciens et nouveaux. La province eut, cette année, beaucoup k souffrir du débordement des rivières; la Tet em- 4553. porta les quatre arches septentrionales du pont de Perpi-
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gnan , et la Basse renversa pareillement deux arches du pont situé k l'extrémité de la rue de l'Ange, par lequel la ville communiquait avec les Tanneries. Le i^ janvier 4556, Charles-Quint abdiqua la couronne d'Espagne, et son fils Philippe II lui succéda. En 1560, la peste, qui ravageait le Languedoc, pénétra en Roussillon. Les premiers lieux infectés furent : Salses , Torreilles , Canet. Elle disparut bientôt; mais, comme on ne prit aucune précaution , elle sévit de nouveau en 1565 : elle avait sans doute cessé le 27 février 1564, jour où le Roi écrivit aux Consuls, pour leur enjoindre de fidre allumer des feux dans divers endroits de la ville ; de purifier les maisons qui avaient été pestiférées; de n'y pas laisser rentrer pendant quarante jours les habitants qui s'étaient absentés, et de faire £atire de fréquentes décharges d'artillerie par les pièces placées sur les remparts de la ville , de la citadelle et du château. Les pirates barbaresques continuaient k infester la Méditerranée. Pour engager les particuliers k faire des armements contr'eux , Philippe II , k la prière des Corts tenues en Catalogne en 1564, renonça au droit d'un cinquième, qui lui revenait sur les prises faites par les vaisseaux armés en course contre les Infidèles, le maintenant, toutefois, sur celles que feraient les navires dont les équipages étaient k sa solde. Boffarull nous apprend que Pierre lY d'Aragon avait créé, en 1571, pour la Noblesse de Catalogne , un Ordre de Chevalerie , sous l'invocation de Saint-Georges , et qu'il lui avait donné une règle particulière. Le chef-lieu de cet Ordre devait être le ch&teau d'AIfama ' : on l'établit k Perpignan en 1562.
1 Cette inttitntion afait pour but de fomiliarieer les Noble* avec les exercices de la die* ▼alerie , au moyen de joutes et de toornois. qui devaient atoir lieu tons les ans k des époques déterniaées. Telle est l'origine de ces Confréries de St-Georges, qui serormèrent deux siècles après dans les principales villes de la (^talogne.