CHAPITRE SEIZIÈME
. Mort de Louis XVIII. — Charles X lui succède. ^824.
Rétablissement de rÉvéché d'EIne.
Exercices de piété pendant le Jubilé, auxquels la gar- «826. nison fut appelée à prendre part. Nous dirons, pour caractériser Tépoque , que des Missionnaires, parcourant la France , s'efforçaient de ranimer la ferveur éteinte , par trente-six ans d'indifférence et d'irréli^on. A Perpignan, secondés par l'autorité militaire, ils plantèrent, sur le parvis de la cathédrale, un Christ immense, qu'on a placé depuis dans une chapelle intérieure.
Le 10 novembre, le Roi de Naples, la Reine, ses deux i829. filles, la Duchesse de Rerri et la Princesse Christine, destinée au Roi d'Espagne, passent par Perpignan. Ils logent à la Préfecture, et les principaux personnages de leur suite sont répartis chez les habitants. Le Roi voulut voir nos établissements k la citadelle, et, pour mieux juger de la conformation du pays , il monta sur le faite du Donjon*. Le Directeur des fortifications fit placer, sur le clocher, une inscription en mémoire de cet événement.
Premier essai de forage d'un puits artésien au Mas Fraisse, près de Toulouges. Il réussit, quoique ne donnant qu'un mince filet d'eau. Ce succès décida l'exécution d'un grand nombre d'autres dans la plaine et k Perpignan , qui fut doté ainsi de fontaines intarissables, d'un service bien supérieur à celles que projetait M. de Saint-Sauveur en 1780.
Expédition d'Afrique, l'un des actes les plus brillants I850. du règne des Bourbons. Une partie des troupes et des approvisionnements de toute espèce , sont embarqués au Port-Vendres, dont la situation est la plus favorable aux communications avec la côte nord de l'Afrique.
Le S août, on apprend les événements des S8 au 30 juillet : l'abdication de Charles X , la Régence du Duc d'Orléans. Acte d'adhésion de l'armée , qui arbore le
drapeau tricolore. Cette catastrophe ne pouvait manquer d'amener les plus grands désordres. Ceux qui éclatèrent à Paris, eurent du retentissement dans Jes départements , et furent imités par une population turbulente, qu'égaraient les déclamations passionnées des révolutionnaires. . Le pillage du Séminaire, les ornements sacerdotaux de Saint- Jean brûlés sur la place ' publique ; Monseigneur l'Évéque, les autorités civiles, les Dames du Sacré^œur, les Frères de la Doctrine Chrétienne, chassés, menacés de perdre la vie, en furent le résultat : et tous ces excès ne furent point réprimés par la garde-nationale ! Les troupes réglées se virent assaillies , insultées ; il y eut du sang répandu, quand leur patience fut poussée à bout, et lorsque déjà quinze à vingt soldats avaient été blessés.
4831. On doit au Baron Després, ancien Maire de la ville,
la belle fontaine qui orne la place Royale.
48Ô2. Création d'un Musée de Peinture et de Dessin, ainsi
que d'un Cabinet d'Histoire Naturelle, au chef-lieu du département.
4812. Au mois de février, la reine Christine passe à Perpi-
gnan, pour rentrer en Espagne, par la Catalogne.
Le 15 juillet, mort fatale du Duc d'Orléans, prince à jamais regrettable, qui comprenait son siècle, et dont la popularité, toujours croissante, eût, sans doute, fait échouer les projets du radicalisme. Pour donner la mesure de la façon de penser de la majorité du Conseil- Municipal d'alors, nous dirons qu'il refusa de voter, à ce sifjet, une adresse au Roi.
Le 24 août, la Villeneuve, qui célébrait la fête patron* nale de saint Barthélemi , fut inopinément envahie par une crue si forte de la Basse, qu'on eut de la peine à se sauver du rez-de-chaussée aux étages des habitations.