‹ Histoire du RoussillonChapitre 213 sur 241 · CHAPITRE DIX-HiymÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HiymÈME

qu'on est forcé de suivre , pendant six lieues , en venant de Mont-Louis. Dominée de très près par trois montagnes escarpées et d'une grande hauteur, elle n'en est pas lûoins susceptible d'une bonne résistance , par la disposition de ses ouvrages , et par la difficulté d'amener du canon sur des emplacements, d'où ils pourraient avoir quelque effet. Enveloppée d'un mur, flanquée de tours en 1092, on ignore l'époque précise de l'application du système bastionné, et des couloirs couverts qui régnent sur presque toute son enceinte. On trouve, dans les mémoires de % de Yauban, qui visita cette place en 1679 et 1680, qu'en 1668 on rétablit les murailles, détruites avant le traité des Pyrénées; mais, «comme font les singes des actions des hommes, c'est-à-dire, en gâtant beaucoup de choses. ».I1 ne changea point le tracé des six fronts, quoique défectueux, se contentant d'ajouter des tenailles aux courtines du côté de la rivière, et des redans sur les portes; mais il prescrivit, au nord, à 200 mètres au-dessus de la Tet, sur la croupe de la montagne de Betlloch, la construction d'un fort, qui fait la principale défense de la place. On a récemment établi, entre ce fort et la ville, une redoute casematée, qui, en assurant les communications, bat avec avantage les débouchés des vallées, et les points sur les* quels pourrait s'établir l'assiégeant.

Cette place fut remise a Louis XI en 1462; Jean II y rentra en 1475. Assiégée peu de temps après, elle se rendit aux Français, sous M. du Lude. Elle ne subit pas, en 1642, le sort des autres villes du Roussillon; et ce ne fut qu'en 1654, que le prince de Gonti s'en empara, après dix jours de tranchée ouverte. Les Espagnols n'y entrèrent, en 1795, que par la trahison ou la lâcheté du commandant du fort , qui n'attendit pas même qu'on tirât le canon hisse sur la montagne d'EmbuIla, à neuf

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cents mètres de distance. Un mois après, Dagobert ayant enlevé successivement les camps de la Perche et d'Olette, poursuivit les Espagnols jusqu'aux portes de Villefranche, qui les sauva. De ces événements, rapidement esquissés, nous conclurons, contre l'opinion vulgaire, que, malgré sa situation, au fond d'un entonnoir, cette place a beaucoup d'importance ; et Vauban la jugeait telle , lorsqu'en 1685, ayant à proposer la suppression d'un grand nombre de postes militaires, que l'état des finances ne permettait pas d'entretenir, il préférait sacrifier Mont-Louis, récemment créé, d'après ses plans, regardant Villefranche comme la clef de la vallée de la Tet.

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