‹ Histoire du RoussillonChapitre 215 sur 241 · CHAPITRE DIX -HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX -HUITIÈME

origine phénicienne n'a point de fondement; et il faut l'avouer, un peuple navigateur aurait fait un bien mauvais choix, en établissant, dans cette position, une colonie pour protéger son commerce et ses expéditions maritimes. Il est permis d'émettre un doute sur la grande prospérité de cette ville sous la domination romaine; car, Sextus Ruffus, auteur du iv^ siècle, n.'en parle pas dans Ténumération de celles de la première Narbonnaise, tandis qu'il y comprend Maguelonne, Agde, Lodève, Uzès. On peut, au^si, ne pas ajouter foi au luxe de ses monuments dans le moyen -âge , et k la magnificence du palais de ses Comtes , orné de mosaïques. Ruiné par les Rarbares, au yo siècle, le palais, le château, furent rasés jusqu'aux fondements, au xiii^ siècle, par Alphonse II, vengeur de l'horrible forfait du féroce comte Raymond , qui avait fait manger, à une épouse dont il soupçonnait la fidélité, le cœur du troubadour Cabestany, son amant*. Qu'a-t-on trouvé dans les profondes fouilles opérées h plusieurs reprises sur le sol de Castell-Rossellô? quelques misérables débris de poteries, d'un style commun; des monnaies, des médailles, sans valeur; des ustensiles grossiers, à l'usage d'une population peu fortunée.

Elne, bâtie par Constantin, non loin des ruines de l'antique lUibéris, fut, après la chute de l'Empire, la principale ville.de la contrée, jusqu'au xui^ siècle, et le siège d'un Evèché jusqu'au xyu^; mais excessivement maltraitée par les Sarrasins, les Normands, lés Croisés de Philippe-le- Hardi, les Aragonais de Pierre lY, les armées de Louis XI, on doit être émerveillé d'y trouver encore debout la cathé-

1 Le fiiit que noos meationnoos a contrHni , au moins, l'erreur des dates. Gaillanme de Cabestany combattit à la bataille de las Navas de Tolosa, en 1242, et le roi Alphonse II était mort en li06. Ce n'est donc pas lui qui vengea l'humanité d'un acte atroce , an reste . en quelque sorte à la mode an xiii* siècle; car on peut citer la marqnise d'Astorga et Gabriellp de Vergy, qui , i^uitant les légendes de la poésie romane, eurent une seinblahip (tpslinée.

draie, et surtout le cloître contigu , Tun des plus précieux restes de l'architecture du moyen-âge. La dégradation de ses sculptures est due à l'ère de la Révolution, pendant laquelle des mains sacrilèges ont mutilé ce que les Barbares avaient respecté.

Canet a perdu ses salines, son commerce, le château de ses anciens Seigneurs, fiimeux dans nos annales, tombé en ruines.

On fabrique de la poterie, des cuirs, du papier d'emballage, à Thuir, chef-lieu de canton. A une demi-lieue de cette petite ville, on voit les restes du château de Castelnou, antique manoir des Vicomtes, dont la maison, très puissante en Roussillon, a fourni plusieurs illustres guerriers aux armées aragonaises.

Si l'on va visiter la grotte de Corbère, dans le canton de Millas, on sera firappé du bruit d'un torrent qui se précipite dans un abime. On trouve, auprès de Neffiach, des coteaux formés par dès lits de coquilles fossiles, entremêlés de couches de sable et de terre. On montre à Pézilla un autel antique, attribué aux Romains.

A Estagel, dans le canton de Latour, il existe une carrière de marbre, susceptible d'un beau poIi% et a Tautavel, les ruines d'un château-fort, qui comptait encore comme place de guerre en 1640. Non loin de là, sont les restes d'une tour beaucoup plus ancienne, et les rui*» nés des château^ de Qnéribus et de Pierre-Pertuse.

Saint-Paul , chef-lieu de canton , doit son origine à un

1 Pea de contrées de France sont aussi bien ponnves en nriâlés de marbres. Dans le premier arrondissement . Ving ran , Estagel , Tautavel , Baixas , Calce ; dans le troisième, Villefranche et Py , en possèdent des carrières de tonte qualité. Le statuaire de Py. le noir veiné de blanc d'Estagel , le lumachelle des environs de Vingraa , peovent rivaliser avec les plus beaux marbres des Pyrénées. Le rouge et blanc do Villefranche, très anciennement exploité, est si abondant , qu'on l'emploie communément dans les constructions , même chez les fiasses \ïc\ï fortunées . pour euradreraenls de portes et de croisées.

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