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DU DÉPARTEMENT

N» 25 , Cet aperçu, d'une époque déjk ancienne, exige, à cause

(paoeus). de son importance, quelques additions, que nous donnerons brièvement.

Les arrosages du bassin de la Tet, sont, depuis peu« considérablement accrus, notamment par l'élargissemenl

du canal de DaU, à Prades, et la création de celui de Vinça, en prolongement du canal de Marquixanes, ainsi que d'un autre, alimenté par la rivière de Nyer, affluent de la Tet. On ne cesse , en outre , de réclamer, dans la partie haute , des concessions , que l'autorité parait disposée k accorder. En général, ce serait au grand détriment de l'irrigation de la plaine, bien autrement productive, et au mépris des droits acquis par des inféodations séculaires. Quoi qu'il en soit, vu le parti que l'industrie parvient tous les jours à tirer des moindres sources et filets d'eau, nous n'exagérons pas en portant la totalité de l'arrosage du bassin de la Tet, à 15.000 hectares.

Celui du Tech s'est aussi considérablement accru, par la construction d'un canal sur la rive droite, fertUisant la vaste plaine comprise entre cette rivière et TAIbère, contrefort inférieur de la chaîne des Pyrénées. On va même, sous peu, en former un second; de sorte que Tarrosage de la vallée du Tech sera de 2.600 hectares , au moins, et la, on n'a pas dépassé la limite de l'extension qu'on peut lui donner, vu le volume des eaux , lors de l'étiage.

Quant au bassin de l'Agly, il ne s'élève pas au-delà de 1.600 hectares, et n'est guère susceptible d'un accroissement d'arrosage.

On peut donc évaluer k 18.000 hectares , y compris l'irrigation de quelques cantons par de petits cours d'eau, la surface arrosée du département, dont la totalité des terres en culture ne dépasse pas 58.000 hectares. On conçoit toute la puissance d'un semblable élément d'action fertilisante, avec le concours et sous l'influence d'un soleil ardent.

Il existe dans le Roussillon, une législation spéciale pour là répartition des eaux des divers canaux , formée

des dispositions générales sur cette matière, mais modifiées par les usages établis, et, en quelque sorte, un droit coutumier. Elle fixe les surfaces qui ont le privilège de l'irrigation , les heures de l'arrosage dans chaque canton , les dimensions des œils, conformément aux titres, les largeurs et la hauteur des franc-bords au-dessus du sol du canal. Elle y proscrit le pacage et restreint les passages à des points fixes. jEUe règle le partage proportionnel des eaux, en cas de pénurie; elle prononce des amendes contre les infractions. Ainsi, l'arrosage est protégé par la coutume et les règlements, ce qui n'empêche pas, cependant, l'introduction de nombreux abus, l'intérêt privé^tant toujours ingénieux pour se soustraire aux plus sages dispositions. Toutefois, le Roussillon jouit depuis huit siècles, par le patriotisme, la sagesse du gouvernement de ses Comtes et des Souverains aragonais, d'un système d'irrigation parfaitement entendu, et d'un Code réglementaire inconnu dans toute autre partie de la France.

Ajoutons quelques notes historiques sur les trois principaux canaux de la plaine du Roussillon (Corbère, Thuir et Perpignan). Ils ont remplacé l'unique, la Sequia real de Tohyr, créé dans la première moitié du xii^ siècle , détruit au commencement du xv^^. Les dates portées au tableau , sont celles des chartes royales , qui ont , k la même époque, autorisé des établissements distincts pour les terroirs de chacune de ces localités.

Le canal de Corbère, d'abord rétabli dans le lit même de la partie supérieure de l'antique sequia, passait, vis-à-vis Rodés, de la rive droite a la rive gauche, et rentrait à la droite après un trajet de i .950 mètres, au moyen de deux pontsaqueducs, dont l'inférieur portait le nom historique de pont des Sarrasins. Ces ponts furent ruinés par les inondations, et en 1727 on transporta le canal sur la rive

droite , en opérant des travaux prodigieux dans la gorge de Rodés. A la vue de ce canal taillé dans le roc , porté sur des murs de soutènement de 50 à 35 mètres d'élévation , on éprouve un sentiment d'admiration pour un si hardi projet, conçu et exécuté par un simple particulier. La ville de Perpignan a fait l'acquisition de ce cours d'eau par acte du 10 mars 1857.

Le canal dit ruisseau de las Canals ou de Perpignan , n'a pas offert dans son établissement autant de difficultés à vaincre, d'obstacles à surmonter. On remarque, toutefois , dans son parcours , un plus grand nombre d'ouvrages d'art, des aqueducs sur plusieurs torrents, deux tunnels ayant 2 mètres de largeur et 570 mètres de longueur ensemble, un pont-aqueduc de vingt-et-une arches et 296 mètres de long. Malheureusement , sa prise d'eau , dont l'organisation solide avait coûté 60.000 francs , au moins, en 1854 et 1855, battue par l'action perpendiculaire du eourant dans les grandes crues, n'a pu résister, quoique fondée sur le tuf, et la tête du canal est menacée d'une complète destruction , qu'on ne préviendra qu'à grands frais.

Le canal de Thuir n'offre rien de remarquable dans son cours. Il franchit celui d'IUe au moyen d'un aqueduc, et passe au-dessous de celui de Corbère.

L'établissement des canaux du Roussillon peut être cité comme modèle d^économie et de simplicité. De faibles barrages , aisément destructibles , dérivent les eaux dans l'ouverture de la tête du ruisseau. Renversés par les fortes crues, on les rétablit à peu de frais, après l'écoulement. Ces déplacements successifs, sont trop souvent nécessités par les changements du lit même du torrent : il en résulte des éboulements, des déchirements aux rives, qui rendent de plus en plus difficile le rattachement solide des barrages.

La répartition de détail des arrosages s*opère aussi imparfaitement par des œils, dont on altère la dimension, et des vannes, qui laissent des vides tels, que les pertes sont très considérables. Il ne serait pas moins important de remédier à ces abus^ qu'a la fragilité des barrages, par des dispositions plus coûteuses, sans doote, mais qui auraient pour effet la sûreté de l'introduction des eaux , et la conservation , ainsi que la juste répartition du volume introduit. (L'Edileur.)

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