CHAPITRE NEUVIÈME. JGI
I^s États accordèrent, à cet effet, un subside appelé bcmatge, établi pour la première fois en 1211 : il était réparti sur les biens meubles , en proportion du nombre de paires de jbœufs et de tètes de bétail que chaque contribuable possédait. Nuno ayant souscrit la trêve et le subside pour le Roussillon, la Cerdagne et le Gonflent, s'engagea volontiers dans cette expédition, et fut nommé l'un des juges des discussions qui pourraient s'élever au sujet du partage des terres dans les pays conquis. Ce Comte venait d'augmenter son patrimoine des Vicomtes de Fenouillèdes et de Pierrepertuse , qui lui avaient été données en fief, au mois d'octobre 1226, par Louis VIII, roi de France, ^226. et dont la possession lui fut confirmée par saint Louis, en juillet 1228, toujours sous la condition de les rendre au Roi de France, dans le cas de guerre entre ce prince et le Roi d'Aragon.
Nuno partit pour la conquête de Majorque, k la tête d'un corps nombreux, composé de ses vassaux : il fut un des Seigneurs qui s'y distinguèrent le plus. La flotte étant arrivée en vue de la capitale, il fut chargé, avec Raymond de Moncade, de côtoyer l'ile pour choisir un lieu propre au débarquement : ils se décidèrent pour le port de Sainte- Ponce. A peine débarqué, le Comte eut à combattre les Maures qui, dans cette première action, perdirent quinze cents hommes. Pour se venger de leur défaite, ils ne tardèrent point à livrer une bataille générale aux Chrétiens. Comme on ne s'y attendait que pour le lendemain , chacun aurait voulu rester à l'arrière-garde. Après de longs débats , elle fut dévolue k Nuno ; mais l'excellent poste qu'il prit inspira une trop grande sécurité k ses troupes. Attaquées k l'improviste, elles fléchirent d'abord; mais ranimées par l'exemple et les reproches de leurs plus braves guerriers, qui leur représentent la honte dont elles
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TODt se coofrir sous les yem da Roi, elles s'arrétenu tiennent ferme; et, par one résistance opiniâtre, elles donnent le temps k Jacques de Tenir à leur secours arec sa garde. Cette troupe d'élite, réunie aux Roussillonnai&» enfonce Tenoemi et le met en fuite. Après cet éclatant succès, on assise la capitale. Un aqueduc qui amenait de l'eau a la ville passait à travers le camp des Chrétiens, ailxquels elle était indispensable. Les lilaures envoyèrent cinq mille fantassins et cent cavaliers pour s'emparer d'une hauteur d'où l'aqueduc se dirigeait vers le camp. Ces troupes firent une coupure au canal et en détournèrent l'eau. Nuno fut détaché, avec trois cents cavaliers, pour déloger les Maures. Il y réussit après un combat sanglant, où les Infidèles perdirent cinq cents hommes et leur général, dont la tête fut lancée dans la ville. Les principaux habitants de File, atterrés par ce revers, se soumirent et envoyèrent des provisions au camp; le Roi Maure lui-même proposa de capituler. Nuno, chargé do traiter, le détermina à rendre la ville sous certaines conditions, que le conseil du Roi refusa d'admettre. La défense opini&tre des assiégés et les pertes des Chrétiens, firent souvent repentir ces derniers de n'avoir pas suivi l'avis du Comte de Roussillon. La ville fut enfin prise d'assaut ^1220. le 31 décembre 1229. Cet exploit termina glorieusement l'expédition commencée le l^^" septembre. Le Comte de Roussillon avait voulu, avant de s'embarquer, assurer la tranquillité de ses États pendant son absence, en terminant ses différends avec Pierre de Fenonillet. Ce Seigneur, allié des Albigeois, avait perdu la Vicomte de ce nom. Possédant encore des terres en RoussUlon, dans le Yallespir, le Confient et le Capcir, il voyait avec peine Nuno profiter de ses dépouilles, dont l'avait gratifié le Roi de France. Pour s'en venger, il avait ravagé les terres du