CHAPITRE NEUVIÈME
Comte; mais, sentant l'impossibilité de rentrer dans son patrimoine, il crut prudent, pour conserver les domaines qui lui restaient, de renoncer en faveur de Nuno à ses droits sur la Vicomte. C'est, du moins, ce qu'on peut inférer de l'acte du 1«" juin 1229, par lequel Pierre, pour indemniser le Comte des torts qu'il lui avait faits, ainsi qu'à ses vassaux, lui cède, avec l'approbation de sa mère Ave, tous ses droits sur la Vicomte de Fenouillèdes. Nuno termina aussi, en 1231, quelques discussions qu'il avait avec les habitants de Montpellier. Il s'était élevé des différends d'une nature assez compliquée entre Nuno et les Comtes de Foix, père et fils, au sujet de plusieurs châteaux de la Cerdagne et du Donnézan : il en était résulté une guerre assez vive, qui finit par un traité conclu le 28 septembre 1225, sous la médiation de Raymond, vicomte de Cardone, et de Bernard, évéque d'Elne. Il y fut convenu qu'on ne réclamerait rien de part et d'autre k raison des dommages éprouvés ; que les châteaux de Quérigut, de Soir et le Donnézan, resteraient sous la dépendance féodale du Comte de Cerdagne; que chacun garderait ceux des châteaux en litige dont il se trouvait en possession, moyennant quoi le Comte de Foix serait tenu à l'hommage envers Nuno, pour ceux de ces châteaux que cette clause lui adjugerait, et que, du reste, ils ne pourraient plus être agrandis ni même réparés.
Il existait entre le roi Jacques et le comte Nuno, des discussions sur des objets d'une toute autre importance. Le dernier, se fondant sur la substitution faite par son grand-père Raymond-Bérenger IV, et la donation â son père Sancho, par Alphonse II, prétendait â la suzeraineté de la ville et du pays de Carcassonne , au domaine des Trencavel, k la Vicomte de Narbonne, â la Provence, au Comté de Milhaud. Le Roi, de son côté, lui demandait Collioure,
le Vallespir, le Capcir, la vallée de Prades. Heureusement pour le Comte, qui était le plus faible, Jacques le voyant sans enfants, et se trouvant son héritier naturel, consentit facilement k terminer les différends k l'amiable. H choisit pour son arbitre Guillaume de Gervera, moine de Poblet; le Comte prit pour le sien Lopez Dias de Haro, seigneur de la Biscaye. Ges deux arbitres s'adjoignirent Hugues de Montlaur, maître du Temple ; et les trois juges décidèrent que le Comte garderait le Roussillon et les pays qu'il possédait dans le voisinage; que le Roi lui payerait une somme d'argent pour le reste. Après cet accord, conclu en mai 4255, le Comte partit pour l'expédition qui eut lieu cette année contre l'île d'Yviça. Il fut l'un des deux chefs de l'armement dirigé par Guillaume, archevêque de Tarragone, à qui Jacques avait donné les deux îles d'Yviça et de Formen tera , à condition qu'il ferait tous les frais de l'expédition. En octobre 1256, il assista aux Cortés d'Huesca. Il suivit, en 1258, le Roi d'Aragon à la conquête du Royaume de Valence, dont la capitale fut prise le 28 décembre de cette année. Ges diverses expéditions avaient apparemment dérangé les finances de Nuno, et l'obligèrent à vendre à saint Louis, pour vingt mille sols melgoriens, en 1259, le château de Pierrepertuse, acquis précédemment de Guillaume , qui en était le Seigneur. 4241. Dans son testament, du 17 décembre 1241, Nuno donne tous ses États au Roi d'Aragon ; ordonne de vendre tous ses biens pour payer ses dettes et réparer les injustices qu'il avait commises ; il fait quelques legs à Dona S&ncia. sa fille naturelle ; laisse k sa femme Thérèse Lopez, tous les biens qu'il possède dans les Royaumes de Castille et de Léon, du chef de sa mère; il veut, en outre', qu'on lui restitue sa dot, qui était de six mille maravédis, ei désigne pour sa sépulture le cimetière des Hospitaliers de