‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 103 sur 282 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

fier de ses forces, il refusa d'obéir. Pierre, de retour de sa visite , sort de Figuères , k l'entrée de la nuit , avec cent quatre-vingts chevaux, et arrive avaiit le jour sur lesf troupes assiégeantes; découvert par les gardes avfeiu&es, il fond sur Pertnemi, le met en dértmte,4 ravitaille lé château, et feit un grand butin en armes et chevaux. Il paraît, à la vérité, qu'il dut cet éclatant succès à ce que Guillaume de Canet, reconnaissant la bannière de l'Infant, se retira avec les siens,' et ne prit aucune part au combat. Le 27 juillet de Vdlnûée suivante, 4276, Jacques Ier, dit le 4276. Conquérant, mourut àt Xativa.

Durant toute la période que nous venons de parcourir, le Roussillofc ne cessa de faire partie intégrante delà Catalo* gne. Cependant, comme il fut presque toujours ou l'apanage de Saneho et de son fils, ou gouverné en particulier par l'un des fils de Jacques , il ne parait pas qu'il ait envoyé des députés' aux Gortés dé Catalogne ; et l'on voit qu'il continua à* se régir d'après les usages de Perpignan, et qife la monnaie de cette ville1 eut toujours cours dans le pays, concurremment avec celle de Barcelone. Celle-ci éprouva ptesîeurs changements : le sol de quem ou qua* tem, de 44 au-ndarc d'argent, de 11 l/« deniers dé fin, fut remplacé, le 6 dés cal. de janvier 1221 , par le sol doVtméar Ae 88 atf marc, A cfctte monnaie succéda celle dite de fera, dont nous pjariérbns dans un autre chapitre. Elle' fut établie' paruftédit du 1" août 1258, et confirmée dâas la sttfte par une constitution" (tes Cortéfe tenues à Barcelone eb 1290. On trouve quelquefois,' dans les chartes de cette époque, utiè monnaie1 dite jàcàaisè, (tw lieu de Jaeca, en Aragon, où elle se fabriquait.1 Dans le principe, le sol de' tern était de même valeur -q*« le sol jaccais. Le 3 août 1273, Jacques Ier ordonna de stipuler dans lé Rousôillon en monnaie dé Barcelone, permettant cependant d'effectuer

les paiements en monnaie melgorienne ou tonte autre* Nous voyons dans les actes de ce temps, que le sextariu* était encore la mesure des grains ; la charge ou saumata, celle du vin. Outre le revenu de leurs domaines, les Rom percevaient des droits de passage (leudes) k certains points. Aussi, voit-on les rois Pierre II et Jacques Ier assujettir les marchandises k passer par Collioure et Banyuls, pour aller en Catalogne; par Estagel, pour aller vers Saint- Paul, Alet et Umoux. Dans des cas extraordinaires, les Gortés de Catalogne accordaient au Souverain la levée d'un impôt appelé bouatje, dont nous avons déjà parié. Le gouvernement de ces trois Rois d'Aragon fut très favorable au Roussillon. Nous avons dit ce que Perpignan et Saint-Laurent-de-la-Salanque durent à Pierre II ; plusieurs autres communes firent, sous ces princes, les premiers pas vers leur émancipation.

Les expéditions de Jacques Ier contribuèrent k donner aux Catalans et aux Roussillonnais, le goût de la navigation et du commerce. L'existence de plusieurs moulins k foulon , que les actes de cette époque nous indiquent dans les vallées du Tech et de la Tet, prouvent que les manufactures de drap étaient nombreuses dans la province. Les Juifs, qui se jettent partout où il y a quelque spéculation k faire, affluèrent dans le pays; mais le Gouvernement se trouva bientôt obligé de mettre un frein k leur usure. Par une constitution faite aux Cortés de Tarragone, en 1228, il leur avait été défendu de prêter k un taux plus élevé que vingt pour cent. On dut renouveler cette défense en 1240, quoique les Chrétiens ne pussent prêter qu'k douze. On trouve une constitution de Jacques Ier, faite aussi k Tarragone en 1235, dans laquelle ce prince, permettant aux Juifs et aux Sarrasins de se convertir au Christianisme, et même les y engageant , leur défend , sous peine de

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