CHAPITRE DIXIÈME
duit des aides de Collioure, et pour tout ce qu'on retirerait de Villefranche , des .autres villes et villages , soit des Ecclésiastiques, soit des Nobles qui avaient trempé dans la révolte, et que le Roi retirerait les sommes déposées pour payer toutes les indemnités ; que, cependant, pour subvenir aux dépenses communales, le Roi donnerait annuellement aux Consuls trois cents livres de tern, prises sur les versements faits k la Banque par la ville. Dans une charte datée du château de Perpignan, le 12 des calendes de février 1530, Jacques en son conseil, mais sans assistance d'un tuteur, fait quelques dispositions pour la distribution de ces indemnités. Dans une autre charte donnée k Majorque le 12 des calendes de mai 1551 , k la prière d'un Consul et de deux Députés de Perpignan , qui lui représentent que, vu la guerre contre les Génois, la ville ne peut subvenir k toutes ses dépenses sans établir un impôt (taUium, sive questiam), qu'il serait peu opportun de créer dans ce moment, le roi Jacques ordonne que, sur l'argent remis k la Banque pour les indemnités, on fesse k la ville, tous les ans, un prêt de mille livres, qu'elle remboursera lorsque, les indemnités étant payées, elle jouira du produit de ses aides. Par une autre charte donnée k Majorque, la veille des calendes de novembre 1552, k la prière des Consuls de Perpignan, il rappelle de l'exil le jurisconsulte Saquéti, condamné avec onze autres personnes, exceptées comme lui de l'amnistie générale accordée k tous les révoltés par son oncle Don Philippe. Enfin, on trouve une transaction faite le 6 des calendes de mai 1539, entre le roi Jacques de Majorque, les Consuls de Perpignan , les administrateurs de la Banque de cette ville, les habitants de Collioure, Villefranche et autres lieux, ayant pris part k la rébellion. Elle nous apprend que la somme totale des indemnités a payer, avait été de
1 19.320 livres, 6 sols, 6 deniers de tern ; qu'à l'époque de la transaction , 1 18.921 livres, 10 deniers et ift avaient été soldés, au moyen : 1° de 36.050 livres, 12 sols, 2 deniers et 7t , provenant de la vente des marchandises saisies à Majorque, sur des Perpignanais, par Don Philippe ; 8* de 81.370 livres, 8 sols, 8 deniers, retirés de la Banque, et 3° de 1.500 livres, fournies par les Juifs. Le Roi fait rémission de ce qui lui reste dû, ainsi que des intérêts auxquels il a droit de prétendre, à raison du retard des paiements. Les Consuls , de leur côté , abandonnent ce qui peut être dû aux aides de la ville par les gens du Roi. On promet, réciproquement, de ne se rien demander, ajoutant que ceux qui doivent leur quote-part de l'imposition, seront tenus de la solder.
Après avoir rétabli Tordre dans le Roussillon , le tuteur du jeune Roi s'empressa de terminer la guerre avec les Génois, qui inquiétaient le commerce majorcain. C'était la suite de la part que les galères de Sancho avaient prise à l'expédition du Roi d'Aragon contre les Génois et les Pisans, maîtres d'une partie de la Sardaigne. Le traité qui la fit cesser fut conclu le 21 janvier 1327, dans la salle du conseil , au château de Perpignan , par le jeune Roi, avec l'assentiment de son oncle Philippe. Le 1er octobre 1327, toujours assisté de son tuteur, il prêta foi et hommage au roi Jacques d'Aragon ; et, après la mort de celui-ci, arrivée un mois plus tard, il s'acquitta du même devoir à l'égard d'Alphonse, son successeur. Il se rendit, à cet effet, à Barcelone, accompagné de son frère Ferdinand ; de Bérenger, évêque d'Elne ; de Don Pedro de Penouillet, vicomte (Tille, et d'Aymar de Mosset. Ils assis- 1528. tèront à la cérémonie, qui eut lieu le 25 octobre 1338. Le Roi, âgé de quatorze ans et demi, prête hommage, sans être assisté de son tuteur, comme cela avait eu