‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 173 sur 282 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

à Barcelone, où, le 4 novembre 1 493, il ordonna, tant de sa propre autorité, que de celle qu'il tenait des Cortés, de frapper dans cette ville et à Perpignan, une monnaie dite principal, au titre et du poids des ducats de Venise, et des croate et demi-croats au titre de 1 1 l/t deniers, à la taille de 72 croate au marc , dont le coin devait être celui des anciennes monnaies d'or pour les principats, et celui des anciens croate pour les nouveaux. 11 veut, dans cette ordonnance, que le principat ait cours pour 12 croate; qu'on ne puisse foire, qu'au poids, un paiement considérable en argent, et quel qu'il soit en or; qu'on ne soit tenu à recevoir en billon que la valeur du quart d'un croat. Il ordonne, en même temps, que les carlins et les parpaillotes cessent d'avoir cours en Roussillon dans quatre mois : les premiers étaient des carolus frappés sous Charles VIII, valant 10 deniers ; les parpaillotes, une monnaie déjà usitée en Languedoc en 1431 (D. Vaissette). Le 9 juillet 1493, il nomma Gouverneur du Roussillon, Louis, fils de Bernard d'Oms, dont nous avons vu la fin tragique, et pour Capitaine-Général dans les Comtés , D. Henri Henriquez, son cousin-germain. De ces deux nominations, la première récompensait dans le fils les services du père ; par la seconde, il témoignait son affection à ses nouveaux sujets. Le 30 mars 1496, il permit de fabriquer, k Perpignan, de \\$$. la monnaie de billon, de la matière et du poids qu'il plairait aux Consuls. Les concessions du Domaine de la Couronne faiteô par les Rois de France, avaient probablement été annulées, puisqu'on voit, en 1495, le Procureur-Royal concéder une prise d'eau sur le canal de Perpignan , donné à cette ville en 1488 par Charles VIII. Mais le Roi d'Aragon, ne voulant pas priver cette cité fidèle d'une faveur qu'elle avait obtenue d'un Gouvernement illégitime à ses yeux , confirma en 1504 la donation faite en 1488.

320 JIISTOIRE DU ROUSSILLON.

La paix, que la restitution des Comtés à l'Aragon semblait assurer pour long-temps entre la France et l'Espagne, ne fut pas de longue durée. Ferdinand ne pat voir sans jalousie la rapidité des conquêtes de Charles VIII. Voulant empêcher ce Prince d'affermir sa domination en Italie, fl conclut, le 31 mars 1495, un traité avec la République de Venise , le Pape , l'Empereur, le Duc de Milan. Par suite de cette alliance, les Âragonais, indépendamment de leur contingent à l'armée formée pour s'opposer à l'invasion du Royaume de Naples par Charles Mil1, devaient attaquer le Roussillon. D. Henri Henriquez rassembla, a cet effet , vers la mi-novembre , quatorze cents lances et un corps d'infanterie a peu près d'égale force, auprès d'Opol; pénétra jusqu'à deux lieues de Carcassonne, et revint par Tuchan , emmenant soixante prisonniers, vingt mille bêtes à laine , et quatorze cents bêtes k corne <m juments. Cette expédition devait attirer en Roussillon des représailles : pour s'en garantir, on résolut , Salses n'étant pas tenable, de fortifier Claira, que l'on regardait comme très avantageusement placé pour couvrir le pays. Dès le commencement de janvier 1406, Don Henri marcha sur Caladroy : le gouverneur, soit lâcheté, soit corruption, rendit ce château, sans le défendre, à Jean de Leyna, commandant l'avant- garde. Pendant cette expédition, un corps français de sept cents fantassins, cent hommes d'armes et cent cinquante che vau-légers , entrait dans la Salanque par le grau de Leucate, et enlevait quinze cents têtes de menu bétail; mais quelque cavalerie, sortie de Perpignan , renforcée par celle qu'on avait placée dans les châteaux de la frontière, lui (it lâcher la plus grande

1 I). Vierre. Pelpas, Porpignanais , commandait on Italie la cavalerie légère espafDuIr Ami et compagnon du grand capitaine (ionsalve île Cordoue. il se diFtingua dao< cette anpagne. et tniinii.i trloriciKt'incnt sa \w à la ha taille <!•: H avenue..

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