CHAPITRE QUlNZliHB
mes, dont trois mille de cavalerie, investit Salses. Le lendemain, le château d'Opol est sommé, et sa garnison, composée de soixante-douze hommes, commandés par un lieutenant, se rend sans tirer un coup de fusil : renvoyé à Perpignan, le commandant fut condamné k mort, et exécuté, en punition de sa lâcheté* Toutes les troupes espagnoles s'étant concentrées dans la capitale, les Français s'emparèrent de Rivesaltes, de Claira, de toute la Salanque, et établirent leur camp au Mas de la Garrigue, poussant des détachements dans toutes les directions. Estagel se rendit, le 17, à un de ces partis; un autre, fut battu, le 22, par des troupes sorties de Perpignan. On ne savait rien du siège de Salses, commencé le 10 juin; on en reçut des nouvelles ;le 1er juillet, par une voie assez extraordinaire. Un petit chien barbet, appartenant à un soldat de la garnison de Salses, arriva h Perpignan, et courut trouver la femme de son maître, restée dans cette ville. Celle-ci, en rendant à ce petit animal les caresses qu'elle en recevait, s'aperçut qu'il portait un collier artistement arrangé, où l'on trouva deux lettres , l'une pour le Comte de Toralta , l'autre pour le Gouverneur de la citadelle. D'après leur contenu, le siège, commencé le 10 juin, n'avait pas lait de grands progrès; les premières batteries, placées trop loin sur la montagne , et plus tard rapprochées de la place , n'avaient pas produit un grand effet ; les Français avaient perdu beaucoup de monde par le feu des assiégés, qui ne couraient aucun danger. La maîtresse du chien ftit récompensée par l'Évêque et les deux Généraux. La garnison de Perpignan avait reçu un renfort de cinq cents hommes d'infanterie et de trois cents chevaux ; de plus, on ne négligeait rien pour mettre la place en état. On commença par abattre, le 27 juin, l'église de Saint-Matthieu ; on détruisît
ensuite le couvent des Capucins, dont la position, soi» les murs de la ville, pouvait en gêner la défense. Cependant, le 9 juillet, les Français, après avoir battu le fort de Salses de quatre batteries, armées chacune de treiie pièces de canon , tentèrent un assaut infructueux : ils y perdirent six cents hommes. Mécontents de l'effet de leur artillerie, ils travaillèrent, dès le lendemain 10, à une mine, et, par son explosion, ils parvinrent le 10 il ouvrir une large brèche. La garnison, fort affaiblie, capitula le 90, et fut conduite prisonnière à Narbonne. Toutes les forces espagnoles ne s'élevant pas à douze mille hommes, étaient concentrées à Perpignan , abandonnant la campagne aux Français. Ceux-ci envoyèrent, le 23 , un détachement sir Baixas : quelques soldats s'y trouvaient en garnison ; ik refusèrent de se rendre avant d'avoir obtenu la permission d'envoyer un des leurs à Rivesaltes, pour s'assurer de l'existence d'un parc de neuf pièces de canon, dont on pouvait se servir contr'eux. En ayant acquis la certitude, la garnison se rendit, sous condition d'être renvoyée a Perpignan. Le Comte de Santa-Coloma, vice-roi de Catalogne, arriva le lendemain , k la tête de vingt mille hommes. Les Français, après avoir mis à Canet, dont ib s'étaient emparés le 26, une garnison de deux cents hommes, évacuèrent le Roussillon, ne gardant que cette place, Rivesaltes, et les châteaux de Salses et d'Opol. Lear retraite fut célébrée par de grandes réjouissances à Perpignan. Mais l'agglomération des soldats castillans et catalans, sur un même point, ne tarda pas a faire éclater l'antipathie qui divisait les deux nations; et, le 29 juillet, les choses en vinrent au point, dans la ville et la citadelle, que, malgré tous les efforts du Vice-Roi, qui se portail partout où les esprits paraissaient les plus échauffés , ri quoiqu'il fit exposer dans toutes les églises le Saint-