‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 21 sur 282 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

les bergers qui faisaient dépaitre leurs troupeaux dans les pâturages publics, dont la République, suivant l'usage, conservait la propriété; soit, enfin, les fermiers qui cultivaient les terres confisquées. Le Roussillon, si voisin de l'Espagne, eut sans doute beaucoup a souffrir des vexations qu'éprouva cette partie de la Gaule a cette époque ; mais, contenu par la proximité de la colonie de Narbonne, et par la ville latine de Ruscino, il est probable qu'il ne prit aucune part aux mouvements qui agitèrent le nord de la province à l'occasion de la conjuration de Catilina. César ayant obtenu , x après son consulat, la province des Gaules, résolut, l'an de Rome 698, de soumettre 50 or. J.- F Aquitaine. 11 nous apprend (Corn., liv. m) que quelques années auparavant, un de ses lieutenants, L. Yalérius Préconinus, avait été battu et tué, et le Proconsul L. Manilius forcé de se retirer, en abandonnant ses bagages. Dans la guerre contre les Aquitains, P. Cramer, son lieutenant, fut chargé de venger ces affronts. Il marcha à cette expédition avec une armée composée de douze cohortes, d'un corps de cavalerie et d'auxiliaires, sans compter un assez grand nombre de volontaires de Toulouse, Carcassonne, Narbonne et des pays circonvoisins, qu'il avait expressément appelés auprès de lui. Les succès de Cramer assurèrent, pour quelque temps, la tranquillité de la province; mais cet état de calme ne fut pas de longue durée : la guerre civile qui éclata entre César et Pompée ramena les armées romaines en Roussillon. Vers l'an de Rome 705, AfFranius, lieutenant de Pom- /,o a?, j.-i pée, s'était emparé des défilés des Pyrénées qui conduisent des Gaules en Espagne. César ordonna à son lieutenant Fabius de prendre avec lui les trois légions qui avaient hiverné dans les environs de Narbonne, et de chasser l'ennemi de ces postes importants; il le suivit

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bientôt lui-même avec le reste de ses troupes; et, après sa savante et glorieuse campagne contre AflYanius et Pétricius, ayant congédié les soldats de leur armée nés en Espagne, il renvoya les autres a travers la Narbonnaisë jusqu'au Var, où ils furent licenciés. Poussant ensuite jusques à Cadix, pour recevoir la soumission de Varron et des cités espagnoles , il revint par mer à Tarragone ; il prit la route de terre pour se rendre à.Narbonnc, et de là devant Marseille. Ce fut à l'époque de ce voyage qu'il donna l'ordre d'élever simplement un autel auprès des trophées érigés ving-trois ans auparavant par son compétiteur. II traversa le Koussillon une seconde fois, pour aller combattre les (ils de Pompée. Vingt-sept jours lui suffirent pour se rendre de Rome a Cordoue. Aiin de se distraire des ennuis de ce long voyage, il en lit la description dans un petit poème, où nous trouverions sans doute quelques détails sur notre pays , si ses vers étaient parvenus jusqu'à nous.

César avait divisé les Gaules en deux provinces : l'une se composait des pays qu'il avait conquis; l'autre était l'ancienne province romaine. Dans la première, le tribut était personnel; dans la seconde, on l'avait établi sur les terres. César ne négligea rien pour s'attacher les Gaulois, dont il voulait se servir pour se rendre maître de Rome. Lorsqu'il y eut réussi, il lit entrer dans le Sénat un grand nombre de ses principaux habitants. C'est alors, vers l'an 707, qu'il envoya les vétérans de la 10e légion renforcer la colonie de Narbonnc.

Situé sur la limite méridionale de la province, le Roussillon ne prit qu'une part très indirecte aux divers événements qui, faisant passer le pouvoir d'une faction à une autre, finirent, après environ vingt ans de discordes, de combats, de malheurs et de crimes, par élever Auguste

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