CHAPITRE TROISIÈME
nous les présenter comme peu propres à défendre les pays où elles étaient établies, contre les attaques des ennemis intérieurs ou extérieurs. 11 y avait sept ans que les cent raille vétérans de S) lia avaient couvert l'Italie de leurs nombreuses colonies, lorsque Spartacus, à la tête de cent vingt esclaves mal armés , réussit à exciter parmi ces malheureux un soulèvement, qui fit éprouver de sanglantes défaites aux armées, et donna de vives inquiétudes au gouvernement de Rome. Plus tard, et dans la Narbonnaise, on voit, cinquante ans avant Gordien, Maternus, à la tête de quelques déserteurs et d'une bande de brigands recrutés dans les prisons et parmi les esclaves, dévaster impunément les campagnes, et piller les villes les plus opulentes de cette province, peuplée de colonies militaires. Quelques années après la mort de ce prince, on voit encore un parti franc traverser cette contrée sans éprouver la moindre opposition. Quant a Narbonne, dont la courageuse résistance durant la guerre de Sertorius, avait conservé la province à la République, on pourrait inférer d'un passage de Mêla (liv. 2, c. 5) que déjà de son temps, elle était plus propre à illustrer qu'à défendre la contrée à laquelle elle donnait son nom.
Un écrivain moderne veut que le cippe de Saint-André ait été élevé par les soldats de la légion décumane de Narbonne : mais rien ne prouve qu'il y ait jamais eu une légion Decumana Narbonensis ; et des soldats, pour prendre le titre de Decumani Narbonenses, auraient dû appartenir à nne légion de ce nom , et non a la dixième, placée momentanément en garnison à Narbonne.
Le savant Muratori prétend que ces mots Decumani Narbonenses indiquent dans les trois inscriptions où il les a trouvées, les Publicaiits de la Narbonnaise. Et, en effet, nous savons, parCicéron, que les fermiers des dîmes
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perçues par l'État s'appelaient Decumani. Appien nous apprend que le Gouvernement accordait aux particuliers des terres de peu de valeur, pou nu qu'ils s'obligeassent à payer la dime. C'est sans doute sous cette condition que les champs decumates, dont parle Tacite (de- Moribu* Germanorum), étaient possédés par des Gaulois. Plusieurs peuples tributaires payaient aussi la dime. On voit César t Hirtius) imposer à un peuple de Sardaigne, qui avait pris parti contre lui, un tribut du huitième de la récolte, au lieu de la dime qu'il payait auparavant. Enfin, Asconius Pedianus, qui écrivait sous Néron, nous dit (Com. de Divi€) que l'État affermait les dimes, les péages, les pâturages publics aux principaux Publicains, citoyens romains, qui prenaient ces fermes par spéculation. 11 est évident que sous les Empereurs, l'État affermait les dimes qu'il percevait sur certaines terres. Pourquoi les fermiers qui, suivant Asconius, étaient les premiers des Publicains, auraient-ils cessé de prendre le nom de Decumani, que leur donne Cicéron, et qui pouvait être considéré comme une qualification distinguée dans leur classe? La seule interprétation raisonnable qu'on puisse donner aux mots Decumani Sarbonenscs, au moins pour l'inscription trouvée à Saint-André, étant celle que propose le célèbre archéologue italien , je l'adopte d'autant plus volontiers que les Publicains, entreprenant quelquefois la réparation des chemins ' , on peut supposer que les Décumans de la Nar-
1 l.es Nanripfi. fermiers ou entrepreneurs d'ouvrages public*, étaient des Publicains, Minant Anonius J*édianus. Or, on voit dans Onophrius Panvinus, une inscription funéraire érigée par sa femme à un certain Cn. Cornclxo Miueo Mancipi vue Appur.TiciU (Annal., Iiv. 3) nous apprend que Cor tu ion fut chargé de faire, réparer les chemins d'Italie, en tort mauvais état, fraude. Nancipum et incurid Magutratuttm, commission qu'il remplit. moins dans l'intérêt du public, que pour le malheur des coupables, contre lesquels il sévit avec vigueur. On voit dans llrrgier (liv. 1", c. 17) une inscription trouvée à Médina, en K>|>agnr, oii Ikimitien dit avoir terminé un chemin commencé par son pire et resté inachevé pai le mauvais vouloir (1rs Ihil.ltr:*m< . qu'il punit par <le< atiieiid«'>> , ri en les déclarait nir jpabb"- 'l'fMiifi ;mi. mi rmpbu.