CHAPITRE TROISIKMF. M
que chez les modernes (Appendice, n° 2); la réponse de Galère ne put parvenir à Constantin qu'environ deux mois et demi après la mort de son père. Pendant ce temps, il s'était fait proclamer et reconnaître Empereur par les généraux, les soldats, les magistrats et les peuples. Pouvait-il , en apprenant la décision de Galère, descendre au rang de César? Sans doute la prudence lui conseillait de ne pas pousser les choses à l'extrême; ttfais elfe lui disait aussi, qu'après s'être compromis comme il l'avait fait, le trône impérial était son unique asile contre la vengeance de Galère ; qu'en se conformant k sa décision il redevenait son sujet; qu'il perdait ses plus fermes appuis, l'opinion publique et la confiance des soldats, car tout le monde déserte bientôt le parti d'un prince qui s'abandonne lui-même. On ne peut imputer au grand Constantin une faiblesse aussi inconsidérée, surtout dans un moment où la révolte de Maxence, qui éclata le 28 octobre a Rome, devait rendre Galère moins exigeant h l'égard du maître des Gaules. La neutralité gardée par ce jlernier entre Galère et Maxence, pendant la guerre qu'ils se firent en 306 et 307, prouve l'indépendance de son pouvoir. S'il n'avait été qu'un lieutenant soumis a l'Empereur, celui-ci aurait-il négligé de le faire entrer en Italie, au moins pour réparer les malheurs de la première campagne? Il n'est donc pas vraisemblable que Constantin ait cessé de prendre dans les Gaules le titre d'Auguste : mais se fût— il contenté pendant quelque temps de celui de iiobilissimus Cœsar, il faudrait encore attribuer au fils plutôt qu'au père l'inscription de Saint-Hippolyte, par la raison que ce dernier ne pourrait avoir porté ce titre seul que pendant quelques mois, tandis que le premier n'en a pu porter d'autre pendant vingt ans. Son père* dans les dernières années, l'avait établi à Arlrs,
en lui confiant le gouvernement particulier des Gaules. C'est probablement vers cette époque que fut placée la colonne de Sainl-Hippolvte. Un chapiteau trouvé tout auprès, peut lui avoir appartenu : brut sur une de ses faces, il parait avoir été appuyé contre un édifice ; le travail barbare de ses trois autres faces s'accorde assez avec l'imperfection des lettres de l'inscription , pour faire regarder le fout comme un ouvrage de ce temps, où la décadence des arts se fit surtout sentir dans les provinces occidentales de l'Empire par la nombreuse émigration à Constantinople des artistes et des ouvriers habiles qu'elles possédaient.
La colonne milliaire trouvée a Saint-Hippolyte , doit avoir été placée originairement sur la voie romaine qui, allant de Ruscino à Salsulis , ne passait pas loin de ce village, probablement près de la station de Combusta. Découverte sous les ruines de cet édifice, après l'expulsion des Sarrasins, le nom de Constantin , si vénéré des Chrétiens, aura engagé quelque pieux ecclésiastique à recueillir dans son église la pierre sur laquelle il était gravé.
Les seuls édifices du département auxquels on puisse attribuer une origine romaine, sont la voûte des bains d'Arles et la grande arche du pont de Céret. M. Joseph Anglada a fort bien déduit, dans son Traite des Eaux minérales, les raisons qui militent en faveur du premier. Quant au pont de Céret, M. de Marca veut, sang en donner aucune preuve , qu'il ait été entrepris vers Tan 1315, par la commune de ce nom. La grande arche de ce pont est, a peu près, un demi-cercle de 45 mètres de diamètre , posé sur des rochers élevés de 2 à 5 mètres au-dessus des basses eaux. Un pareil ouvrage me parait trop excéder les ressources d'une aussi petite ville, pour lr lui attribuer.