SUR
M. JEAN DE GAZANYOLA.
La famille de Gazanyola était fort ancienne. Nous ne remonterons qu'à Pierre Gazanyola, le premier dont l'existence est bien constatée par des actes publics, et qui vivait à Pia en 1276. Les archives de cette famille portent dix-sept générations, entre lui et l'auteur de l'ouvrage que nous publions. A cette époque, riches bourgeois, puis Bourgeois honorés , par lettres-patentes du 5 juillet 1650, les Gazanyola furent anoblis, avec le titre de Chevalier, par ordonnance de Louis XIV, du mois de mai 1695, dans la personne de Jérôme de Gazanyola. Le Roi, après une énumération des titres de ce dernier à sa bienveillance, ajoute : « Et pour les services importants « qu'il nous a rendus , depuis longues années , dans nos « armées de Catalogne et ailleurs. » Il serait inutile d'entrer dans le détail des positions honorables occupées par
XII NOTICE SLR M. JEAN DE GAZANTOLA.
les chefs de cette famille, souvent premiers Consuls de la ville de Perpignan.
Jean-Hyacinthe-Eudal-Joseph de Gazanyola, naquit le 16 mars 1766, de François - Xavier de Gazanyola, et d'Eudale Bou de Villenouvette ; il fit ses études au collège des Oratoriens, à Pézénas, la philosophie et une année de droit, à l'Université de Perpignan. Élève, en 1785, à l'École Royale d'Artillerie de Metz , il s'y trouvait officier de cette arme, en 1791, lors de l'arrestation de Louis XVI à Yarennes. Les événements qui suivirent, et le serment qu'on exigea de l'armée, et qu'il refusa de prêter, le décidèrent a émigrer. Reçu dans le corps de la Noblesse française , qu'organisa le Prince de Condé , il fit neuf campagnes avec les armées autrichiennes et russes, pendant les guerres de la Révolution. En 1801, voyant que ce n'était plus pour le rétablissement des Bourbons, mais pour leurs propres intérêts, que combattaient les Puissances étrangères , il quitta le service , et se retira en Espagne, près des frontières de cette France, sa patrie, vers laquelle il n'avait cessé de tourner les yeux. En s 'éloignant du Prince de Condé, il reçut un témoignage flatteur de son estime , l'attestation que , dans toutes les affaires, il s'était comporté avec honneur, zèle et courage. Arrivé en Catalogne, au mois de juillet 1801, il vécut honorablement, tirant parti de ses connaissances