‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 76 sur 282 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

premier d'Ausone, le second d'Elne. Adélaïde, l'une de leurs filles, se maria à un Seigneur nommé Jean Auriol; l'autre, Ingerberge, fut Abbesse de Saint-Jean-Baptiste de Ripoll. Peu de princes ont donné, par leurs libéralités envers les églises, plus de preuves de leur piété que ce Comte. Cependant, quelques historiens, ne sachant comment expliquer la perte des droits chimériques qu'ils lui avaient attribués sur le Comté de Barcelone , ont imaginé qu'il en Ait exclu k cause de son irréligion. D'autres ont donné de sa prétendue exclusion un motif plus extraordinaire : c'était, disent-ils, un bégaiement et une difficulté tels, qu'il ne pouvait parvenir à prononcer une parole qu'après avoir frappé quatre ou cinq fois du pied contre terre, comme font les chèvres, habitude d'où lui était venu le surnom de Cabréta. Bofarull a rendu toute explication inutile, en démontrant qu'il n'eut de droits que sur le Comté de Cerdagne, qu'il obtint en effet. Quant à celui de Bésalu, Miron, frère d'Oliba et de Séniofred , paraît en avoir eu la jouissance après la mort de ce dernier; il obtint, peu de temps après, l'Évéché de Girone, et mourut en 984. Oliba joignit alors à ses autres États le Comté de Bésalu, consistant : 1° en un petit district au midi des Pyrénées ; 2° le Vallespir, composé k peu près des trois cantons de Prats-de-MolW, Arles et Céret; 3° le Comté de Fenouillèdes, dont les cantons de Sournia, Latour et Saint-Paul formaient la plus grande partie. Le Vallespir appartenait déjà au Comté de Bésalu, en 950; il parait avoir été distrait du Comté de Roussillon en même temps que le Gonflent, à la mort de Miron, frère de Vuifred-le-Velu, en 895. Le Fenouillèdes était, suivant Dom Vaissette, un démembrement de l'ancien Comté de Narbonne, effectué à peu près à la même époque. Ces trois petits pays, quoique souvent

désignés sous le nom de Comtés, n'eurept probablement jamais de Comte particulier ; mais on voit quelquefois un Vicomte de Vallespir, toujours un Vicomte de Fenouil* lèdes et un Viguier du Confient.

Oliba-Cabréta avait voulu, en 981, agrandir ses États de tout le Rasés; mais vaincu par le Comte de Carets* sonne Roger Ier, dans une bataille sanglante, où la vie» toire fut disputée avec le plus grand acharnement , il obtint de son rival la paix et la cession du Capcir. L'an 988 , touché par les exhortations de saint Romuald , alors retiré au monastère de Cuxa , il abandonna ses États, et fut prendre l'habit monacal au Mont-Cassin , où il mourut deux ans après. Il aurait pu faire choix de Cuxa : ce monastère possédait alors plusieurs personnages illustres, attirés par la célébrité justement acquise de cette retraite sous la sage direction de l'abbé Guérin. Parmi ces pénitents, on avait vu mourir en 987, Pierre Urséole, ancien Doge de Venise. Saint Romuald n'y finit pas ses jours. On raconte, qu'au bruit de son prochain départ, répandu dans la contrée, les habitants, inconsolables de le perdre pour toujours, résolurent de le tuer, afin de conserver au moins ses reliques. Romuald, prévenu de leur dessein, contrefit l'insensé, et évita ainsi le sort que lui préparait l'étrange piété des habitants du pays. Oliba, en se retirant au Mont-Cassin, laissait des enfants en bas-àge; mais rien ne put l'arrêter dans l'exécution de son projet : il partit après avoir confié l'administration de ses États a sa femme Ermen garde.

VWïMft ou GV31VKÏ.I).

Vuifred succéda à Oliba , son père , dans les Comtés de Berga, de Cerdagne, de Confient et dans le Capcir. De

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