CH. II. LES TROIS ROYAUMES ET LES TSIN
Les limites de chacun de ces 3 royaumes demeurent partiellement incertaines. D'après E. Rocher (Lr Province du Yun-nan, p. 156) les Ou étendaient leur autorité sur les Provinces duKtang- 80U, du Tché'kiang, du Hou-koang et du Kiang-si.
Les Wei gouvernaient le Chan^tong, le Tche-li et le Chen^si. Enfin les IJeouHan régnaient (plus légitimement, dit-on, que leurs compétiteurs de Ou et de Wei), sur le C/ian-si et le pays de l'-tcheou, comprenant le Se-tch'oan, le Koei-tcheou, le Yun-nan, avec une partie du Laos (1).
Homme de guerre habile et administrateur consommé, Tchou^ ko Liang ^ ;g[ ^, ou Tchou K'ong-ming JL 0Q, plus simplement Tchou Sien-cheng (181-234), fut le meilleur conseiller et général de Lieou Pei qui, grâce à lui, s'établit souverain des Chou H an, à Tch'eng-tou, dans le Se-tch'oan. Il combattit le royaume de Ou et celui des Wei, ceux-ci défendus par le Général Se-ma / '^«^S) ^^^ principal adversaire. K^ong-ming (2) fit plusieurs découvertes en matériel, armements ou tactique militaires. On lui fait honneur dçs machines (automates?) nommées "Mou-nicou t'iè-ma 7|c ^ 41 JS|/* "bœufs de bois et chevaux de fer (3).'* Né au Hou-pé et enterré près de Ou-tchang yuen (4) au Se-tch'oan, il est canonisé sous le titre de Ou-heou ^ ^, le marquis belliqueux, martial, guerrier.» Il a depuis 1880 une petite pagode (5) dans Nankin, au bas de Ts'ing-liang chan, auprès du Siao-si hou; une pierre indique l'endroit précis où il serait descendu de cheval.
(l) Cf. Zottoli II, préf. p. IG. Voir aussi la carte dixième de l'ouvrage autographié.
Historical Atlas oj the Chincse Empir*'^ par E. L. Oxenham du Service Consulaire Anglais ; Changhai, Kellj', 18SS. — Nous nous bornerons iï la présente référence aux 22 cartes de cet Atlas qui forme un bref Com2)emlium d'histoire chinoise. Elles seraient toutefois insuffisantes pour la monographie que nous essayons.
(2j Cf. Notes and querifs o)i China and Japan, vol. III, p. 30 et 37. «Le tombeau de K^ong-ming.n — «Mémoires Conc. les Cliinois,» III, pp. OvS A 10 1-. — Mcsn'ys Chincse Miscelhniy, vol. I, p. 118; — et les diverses indications de la Bibliothrca sinica d'H. Cordier, col. 253 et 285. — p. 50, L* Pê-king de M' Favier le représente sur son charriot. Au sud de Trhao-tcJtou (Yun-nan), l'on voit une coh)nne de f€»r, élevée A sa mémoire. (Cf. E. Rocher op. cit. p. 1.59). Il avait été préct^pteur de Tchno-lié ti (-f 221), premier des Heou Han^ et Heou ti, son fils, l'avait nommé Gouverneur du pays de Y-tchrou.
A Se-ma I revient l'honneur d'avoir réuni les Trois lloya urnes en un seul. Il mourut en 251. Son petit-fils Tsin On ti fonda la dynastie des Tsin.
(3) La légende lui attribue aussi l'invention du baguenaudier. Il aurait laissé ce hochet H sa femme pour l'occuper en son absence, lors de ses expéditions belliqueuses.
(4) D'après le ?!| fÇ ^ K ?!l A .K ^ If Trhou-ko Liang est enterré ;\ Ting-kiun chan dans le ^ ^ ^, i ^^ 4* ijjï Chen-si). Le héros avait désiré Mro enterré au Se-tch'oan, d'où est venue l'erreur du P. Gaillard. [Note de l'éditeur].
(5) Tchou-ma yen §£ ^ flg, pagode de bonzesses, prés do Siao-si hou. Dans l'intérieur de la pagode, se trouve le ^ ® |S ^ S 3 "temple du maniuis belliqueux Tchou-ko*' — Il descendit de cheval (Tchou-ma) au coin marqué par une pierre — Il conseilla à Ou Ta ti de choisir Nankin pour capitale, à cause de sa situation, du bon/on^-cAoef etc..
s I. ROYAUME DE OU, 8UEN K'IUEN. , 37
PETITE STÈLE DANS LE TEMPLE DE TCHOU-KO LIANG À NANKIN PRÈS DE L'ÉTANO SIAO-SI HOîJ.
La stèle date de 1881, le 16 de la 12® lune : elle donne le motif pour lequel Sié Wei-nong ^ ^ JS natif de Ts^tuen^tsiao hien ^ |fc JH (au Ngan-hoei), alors (1881) maître des lettrés au Tsuen-king chou-yuen "^ M M-t^ ^ ^» bâtit ce temple. Il avait son habitation près du Siao-si hou ij> W ^ î ^^ lui ^i* ^^ jour que la colline située devant cet étang avait nom Tchou-ma pou |{ J&IJj^ (colline de la descente de cheval), parce que Tchou-koLiang, d'après la tradition, y était descendu de cheval. Très zélé pour honorer les anciens saints de sa religion, Sié Wei-nong ordonna d'y bâtir un temple à Tchou-ko Liang, malgré l'incertitude de l'arrivée historique de ce personnage à Nankin (vers 222-257). En effet, disait-il, les vertus et la fidélité de Tchou-ko Liang envers son prince méritent bien qu'on lui offre partout des sacrifices, à plus forte raison, à Nankin où il est peut-être venu. Han Pi-yuen $? 5S3 TÈ' T^^'^'ou hien j^ ^ J^, composa donc les chants de réception et d'adieu adressés à Tesprit de Tchou-ko Liang, ainsi que le récit de la construction du temple, et les écrivit sur cette stèle (Ph. XXII).
Par ordre de T'sao rs'ao T^ |g, et aidé de son frère Swen Tch'é jgg ^, le général Suen K'iuen |g ;^, avait (198), au profit du royaume de Ou, pacifié la province de Nankin. Avec le concours de Tcheou Yu f^ I^t, il s'empara du pays de Kiang-tong '*est du Kiang.^' Vainqueur de ses deux rivaux de gloire, Tchang Fei ^ ^ et Koan Yu ^ Jj^ (cf. in/'ra), ces braves mais infortunés généraux de l'empereur Heou ti (second des Han postérieurs), il se fit élire roi (équivalemment empereur) et vint de Ou-tch'ang (Hou^Koang) à Yng-t'ien fou Ij^ JiJ^^ la ville de Nankin, assignant à sa dynastie le nom, désormais célèbre, de Ou (1).
Il ne faut pas l'oublier : en 221, le potentat du royaume de Wei n'avait reconnu à Suen K'iuen (le futur Ta ti) que le titre de Ou heou ''marquis de Ou.'' Le même suzerain de Wei lui conféra l'année suivante, par un décret solennel, celui de roi (en fait, prince) de Ou, Ou wang ^ï, titre qui fut étendu, comme généralisé, en 229, le titulaire s'afTranchissant lui-même, et secouant toute relation de vassalité. Son frère aîné Suen Tc/i'é ^^, avait été massacré par un des domestiques de la famille Hiu Kong W/M (200)i quand il recueillit sa succession politique. En 211, il avait transporté sa modeste capitale à notre Mo^ling et, pour la
(1) «During the tirae of the Three Kingdovis^ about A. D. 250, the old Kingdom of \Vu formed a part of the iiew Kingdom of Wu founded by Snn-kueii whose capital was at Nanking » Notes on the history of SoO'Chou^j by Rev. P. Parker, Chin. Recorder. 1885, vol XIV. p. 269.