WEN-WANG
A la mort de Ou-wang, c'est son fils Hiong-tse ^ ^ qui lui succéda; il est connu sous le nom de Wen-wang ^ ^; c'est lui qui transféra la capitale à Yng fg (1); jusqu'alors, elle avait été à Tan-yang fj ^, comme nous Tavons dit.
En 688, il fît la guerre à la petite principauté de Chen ^ (2), marquisat, dont le titulaire était de la famille Kiang |^. et descendait du fameux Pé-i f^ ^ (3). Le chemin le conduisait à travers la principauté de Teng g|5, dont nous avons parlé précédemment; c'était la patrie de sa mère. Son oncle maternel, le marquis de Ki jIJ, se montra grandement réjoui de son arrivée; il lui fît de grandes fêtes, et le retint quelque temps à la cour. Trois autres neveux, nommés Tchoei-cheng ,|^ $J5, Tan-cheng g|| JJJ et Yang-cheng §| $5, pressaient le marquis de massacrer Wen-wang; il refusa; les neveux insistèrent: la ruine de votre principauté, disaient-ils, viendra certainement de cet homme ; c'est maintenant, ou jamais, le temps de prendre vos précautions ! Le marquis leur répondait : si je commettais ce crime, le plus misérable des mendiants ne daignerait même pas manger mes restes! Les neveux persistaient: si vous ne suivez notre conseil, disaient-ils, vos ancêtres n'auront bientôt plus ni victimes (5) ni sacrifîces; vous-même, quels restes aurezvous à distribuer ?
Malgré les obsessions de ces singuliers parents, le marquis ne voulut jamais consentir à un tel forfait. Wen-wang ne s'en montra guère reconnaissant; il valait ses cousins. En revenant de son expédition contre Chen ^, il fît la guerre à son oncle;
{*) Ce nom posthume Wen si^nfie : "parfait dans la doctrine et la vertu ; " c'est l'i'Xplication donnée par le recueil Che-ki, vol. 1, p. (i : Jg[ SUf M H X lSE Bu
mm]-
(1) La grande géographie, vol. 51. p. 6, donne tou« les détails désirables sur cette viUe de Yng, si souvent mentionnée dans l'histoire de la Chine. Elle se trouvait îi 10 li au nord de Kiug-tcheou fou ^J 7n /RT [Hou-péJ .
(2) Chen = Etait à 20 li au nord de Nan-yang fou iM fSf m [Ho-nan]. (p. Fa., vol. 12, p. 40).
(3) Kiang-yu piao vol. Jlï p. 14. Le nom de Pé-i est écrit difTéremment par divers auteurs; voyez, par exenple, îl l'année 615; là on le dit ancêtre de la famille Yng ^^^ une des branches de sa descendance.
(4) L'expression chinoise est celle-ci : hiué-che JHL "fti c'est-à-dire manducation du sang. Dans ces sacrifices aux ancAtres, il y avait donc effusion et oblation de sang. Le commentaire dit même qu'on offrait aussi le poil de la victime.
mais il attendit encore neuf ans avant de s'annexer la principauté de Teng. Ses cousins ne s'étaient pas trompés sur ses intentions.
En 684, pour la première fois, le royaume de Tch'ou est mentionné dans la chronique Tch'oen-ts'ieou ^ 3^; voici comment Confucius en parle. «Le roi de King ^J, à la 6*' année de son règne, attaque la principauté chinoise de Ts'ai ^ (1), et bat complètement son armée à àSin ^.m Confucius emploie encore l'antique nom officiel King ^J (2) : c'est seulement à partir de 659 qu'il l'appelle Tch'ou J|. Les deux caractères sont équivalents; tous les deux signifient buisson, arbre épineux, broussaille; mais pour Confucius il y avait une différence; le premier nom semblait toujours indiquer le petit domaine d'autrefois, la région sauvage indigne d'être mise au môme rang que les états proprement dits chinois; l'autre nom était pour lui un signe d'ambition; il voulait consacrer les agrandissements qui mettaient l'ancien sauvage au-dessus des voisins chinois si fiers; Confucius répugnait à reconnaître le fait accompli, surtout lorsqu'il enregistrait une victoire do ce sauvage et une défaite du chinois. Le roi de Tch'ou mettant, pour la première fois, la main sur un pays Chinois, donnait un mauvais exemple qui fut imité par d'autres; notamment par le roi de Ou ^, un autre sauvage; à eux deux, ils ont conquis presque tous les états Chinois.
Venons maintenant .au commentaire de Tsouo-k'ieou-ming; voyons comment il raconte ce fait (vol. 5. p. 13). Ngai g, marquis de Ts'ai (694-674), avait pris pour femme une princesse de Tch'en ^; le duc de Si ,g, (3) en fit autant; cette dernière princesse, en se rendant à la cour de Si, passa par la capitale de Ts*ai où était sa sœur aînée; en l'apercevant, le marquis s'écria: voilà la noble soeur de mon épouse ! Il la retint pendant quelque temps à la cour, mais il ne lui rendit pas tous les honneurs dûs à son rang; elle en fut mortifiée; arrivée au pays de Si, elle s'en plaignit au duc son mari ; celui-ci résolut de s'en venger. Il envoya un message à Wen-wang: venez m'attaquer, lui disaitil; j'appellerai à mon secours le marquis de Ts-ai; vous vous lancerez sur sa principauté, vous l'anéantirez. Wen-wang se prêta à cette félonie ; en automne, à la 9* lune, il battit l'armée
(1) Ts'ai = Ktait à 10 li Kud-ouest de Cban>?-ta*ai hioii ^H ^ JS» dans la préfecture de Joii-ïiiiifj: fou ^ ^f- fff (Ho-iianl; le titulaire était de la famille impériale, donc un Ki Jft« (Kianfr-vii pia(), vol. Jl? ]>. S). — {]>. Fa., vol. 12,)). 50).
(2) Kinj; — C'était d'al)ord une des i) provinces établies par le ^'rand Yu laj • (Kditiou impér,, vol. 9, p. 27).
(3) Si = Etait h. 3() li au nord de Si-hien ig» jÇp» dans la préfectur»' de Jou-ninj? fou XtC ^ /ff illo-nanl. Le titulaire était aussi de la branche Ki JE d»^ la famille impériale Tcbeou ^ • (Kiang-yu piao, vol. Jl î p. 16). (p. Fa., vol. 12, p. (>8'.
de Ts'ai à 8in ; il prit le marquis Hien-ou )|^ ^, remmena oaptif et le garda pendant neuf ans avant de lui rendre la liberté.
En 680, Confucius dit sèchement: Les gens de King ^ entrent dans la capitale de Ts'ai ^. Tsouo-k*ieou-ming donne les détails suivants. Le marquis Ts*ai, prisonnier à la cour de Tch'ou, avait toujours sur le cœur sa défaite de Sin; il cherchait le moyen de s'en venger; pour cela, il exaltait la beauté de Si ^, auteur ou cause de sa ruine. Wen-wang donna dans le piège; il voulut absolument enlever la princesse, et la prendre pour femme. Il se rendit donc à la capitale de Si; feignit un grand dîner en l'honneur du duc, et s'empara de la ville en un coup de main ; s'étant ainsi annexé la principauté, il emmena la duchesse Si-koei ,§, ^. Celle-ci eut bientôt un fils qu'on appela Tou-ngao ^ g(. La succession lui revenait de droit. Il ne jouit pas longtemps du trône qui lui fut arraché avec la vie par un de ses frères, le futur Tch'eng-wang j^ J, comme nous aurons à le raconter. Cependant, la duchesse demeurait depuis longtemps à la cour de Wen-wang sans vouloir lui adresser la parole ; il en était très mortifié ; un jour il lui demanda le motif de ce mutisme obstiné; une femme ne peut avoir à la fois deux maris, lui répondit-elle respectueusement; j'aurais dû me donner la mort; je ne l'ai pas fait; comment pourrais-je encore me livrer aux conversations? Wen-wang voulut l'adoucir et la consoler; il partit avec son armée, entra dans la capitale de Ts'ai, mais remit l'annexion à plus tard. Cette expédition eut lieu à la 7® lune (1).
En 678. (le prince de) King fait la guerre au comte de Tcheng ff^ (2). Ainsi parle Confucius. Tsouo-k*ieou-ming ajoute
(1) Cotlo princessr était de la faniilh' Koei ^Sk' KIU- est peiit-t'-tre ]ilus connue sou** \i' nom de T'ao-hoa fou-jen "^fft 'PE y^ /\ (la dame aux fiours de pêcher, ou belle comme la fleur du pêcher); il y a tout«'s sortes de lét^endes sur son cotnpte. Elle eut des temples et des sacrifices jusqu'en l'année 1S21, sous l'empereur Tat^ koan^' 55 37U î son culte fut aboli, parce que plusieury auteurs lui refusent le titre de «chaste veuve» sous Wquel elle était honorée. Parmi les léf^^'udes populaires qui l'ont rendue célèbre, il y a celle de Lieou-hiang 9pJ [rJ î d'après la(iuelle cette princ'sse emmenée captive au royaume do Tch'ou, y aurait rencontré son mari, captif comme elle; à cette vue, notre héroïne se berait donné la mort, et son époux l'aurait imitée. D'après cet auteur, elle était donc véritablement une «chaste veuve;» mais ce sentiment et ce récit ne sont pas acceptés par tout lo monde. Celui qui veut avoii* tous les détails concernant cette princesse, peut consulter la monof^raphie Ta-pié-chan tche y^ jfij |ij fbj^ vol. 4, pp. 19 et 28; il y trouvera éffalement des poésies il sa louan^çe. Nous avons laissé de côté ces contes plus ou moins vraisemblables, et nous avons suivi les historiens difrnes des confiance.
(2) Tchenfî=La capitale »e trouvait au nord-ouest de Sin-tcheug-bien iSlSO/i^i à 220 li 8ud-ou(st de la préfecturt; K'ai-fonp fou Pg Jf )ff [Ho-nanJ . Ses princes étaient comtes (pé ffljî ils étaient de la branche Ki SE ^^e la famille impériale Tcheou ^» Les habitants avaient des mœurs léf^ères, s'il faut en croire le Livre des vers (che-kini;^ 85) — (Kiang-yu piao, Jli p. 8). — (p. Fa., vol. 12, p. 6).
ce qui suit. En 697, a la 5" lune, le prince de Tcheng, nommé T'ou ^, usurpateur et débauché, avait dû s'enfuir au pays de Ts'ai. En automne, avec l'aide des habitants de Li ;g^ (1), il avait tué le mandarin de cette ville, et s'y était établi. En 680, il avait réuni une armée, et était rentré de force dans la capitale de Tcheng. Wen-wang, qui cherchait toutes les occasions favorables pour attaquer les chinois, ne manqua pas celle-là; il se plaignit de ce que le comte fugitif l'avait averti trop tard de son retour, et envoya une armée contre lui ; la capitale fut prise, mais la principauté ne fut pas encore annexée.
Les autres détails sur ces troubles de Tcheng appartiennent à l'histoire particulière de ce pays. Mais le lecteur voit comment le prince de Tch'ou se vengeait de l'empereur; il lui enlevait ses vassaux, les uns après les autres, pour le forcer à reconnaître enfin son titre de roi.
En 666, Tsouo-k'ieou-ming (vol. 6, p. 9) parle des guerres survenues entre le royaume de Tch*ou et la principauté de K'iuen
(2) ; voici ce qu'il en raconte. Précédemment, le roi de 'ch'ou, Ou-wang ^ J, avait attaqué et vaincu ce petit état. 11 y avait placé comme gouverneur le grand-officier (ta fou ^ ^) Teou-min p^ |^, de la famille princière même. Celui-ci, avec les habitants, s'était mis en révolte ouverte. Ou-wang était venu mettre le siège devant la ville, en avait tué le gouverneur infidèle, et transporté les habitants rebelles dans le pays de No-tch'ou jffi j^ (3). Pour les contenir dans le devoir, il avait mis à leur tête un autre grand-ofïicier (ta-fou) nommé Yen-ngao ^ |j[; mais la tranquillité ne dura pas longtemps. Au début de son règne, Wen-wang, unissant ses troupes à celles de Pa £^, avait attaqué la principauté de Chen ^, comme nous l'avons raconté en 688. Après la victoire, l'armée de Pa ^ eut regret d'avoir servi les intérêts du royaume de Tch'ou, dont elle considérait avec terreur et jalousie les agrandissements successifs. Elle fit donc volteface, prit No-tch'ou, et se mit en marche contre la capitale de Tch'ou. Le gouverneur Yen-ngao avait passé la rivière Yong ^ (4) et s'était enfui. Wen-wang parvint à le saisir et le mit à
(1) Li = C'est Yu-tcheou ^ *)X\^ daus la préfecture de K'ai-fong fou. (p. Fa., vol. 12, p. 5).
(2) K4ueu=La capitale se trouvait au sud-est de ïaug-yaiig ^ ^i dans la préfecture de King-tcheou fou ^J Tn )^ [Hou-pé]. (Kiaug-yu piao, vol. «tî p. 20). Ses princes descendaient de l'ancit^nne famille impériale Chang f^^ comme les princes de Song ^- (g. Fa., tvol. 77, pp. 13. 16. vol. 1, p. 1^).
(3) No-tch'ou = Au sud-est de King-meu tc^heou tPJ P J jtl î sur la rive droite du lieuve Han |||' (Edition impér., vol. 9, p. 12}.
(4) La rivière Yong-choei î^ /fÇ est au sud-est de Kien-li bien ^ ^J J^t h 310 li à l'est de King-tcheou fou, [Hou-pé] ; c'est une branche de la rivière Hia-choei (X ^)- (p. Fa., vol. 21, p. 22).
mort. Sa famille tout entière, voulant le venger, fit cause commune avec les troupes de Pa, qui entrèrent en campagne contre le royaume de Tch'ou, en hiver, à la fin de cette année 676.
En 675, au printemps, Wen-wang conduisit son armée h leur rencontre; mais il fut honteusement battu à Tsin ^ (1). Déconcerté par cet échec humiliant, il retournait à sa capitale, quand Yu-k'iuen ^ ^ le gardien en chef lui en refusa Tentrée ; ce fidèle serviteur ne voulait revoir son prince que chargé de lauriers. Wen-wang fut donc obligé de retourner au combat ; il s'attaqua tout d'abord à la principauté de Iloang ^ (2), et la vainquit à Tsouo-ling f^ ^ (3) ; mais il n'eut pas le temps de prendre sa revanche contre Tarmée de Pa ; il tomba malade en chemin, dans la ville de Tsieou ^ (4), et mourut. C'était à la 6* lune, le jour nommé K'ang-chen J^ ^. Son fidèle Yu-k'iuen l'enterra à Si-che 5^ |^ (5) ; puis il se suicida. On Tinhuma Tié-hoang jg ^, c'est-à-dire devant le tombeau de Wen-wang, pour qu'il fût encore après sa mort le gardien de son roi. La principauté de Hoang ne fut pas annexée ; elle se soumit, ainsi que les gens de No-tch*ou, anciens habitants de K*iuen.
Ce Yu-k'iuen Si ^ "^ craignait pas d'admonester son prince; sa franchise allait même parfois au-delà des bornes ; un jour, voyant que Wen-wang résistait à ses remontrances, il saisit une épée et s'élança sur lui ; le prince lui accorda enfin ce qu'il désirait. Revenu de son emportement, Yu-k*iuen s^cria ; qu'ai je fait! je me suis servi de cette épce pour efYrayer mon seigneur; c'est un crime ! aussitôt il se coupa les pieds. Devenu ainsi incapable d'aucun autre office, il fut établi gardien en chef du palais. Comme nous l'avons déjà vu dans l'histoire du royaume de Ou 3^, page 41, c'était alors une coutume dans le pays, de prendre peur portiers des hommes perclus des pieds, pour qu'ils ne pussent pas abandonner leur poste. Quant à notre Yu-k'iuen, on ne l'appelait guère que T*ai-pé ^ f|f|, qu'on pourrait traduire par «le bon vieux;» et tout le monde l'estimait comme un sage de
(1) Tftin= Etait il 3 li îl l'ouest de Tche-kianpr bien fx, flC /§j%i dans la ui^me pi:^»fectiire de Kian^'-tcheou fou. (p. Fa., vol. 21, p. 23) — (g. Fa., vol. 78, p. 24).
(2) Hoang = C'est Koang-tcheou p6 JTJ [Ho-nan]. Ses princes étaient de la famille Yng 1^1 comme les rois de Tcli'ou enx-m^mes. (p. Fa., vol. 12, p. 66». Koang-tcheon était dans la préfecture de Jou-ning fou Jx ^ /RT [Ho-nanJ ; depuis la dynastie actuelle, c'est une préfecture de second rang indépendante, un tchcou JT| ^ non un fou }ff •
L'ancienne capitale était il 12 li îl l'ouest de la ville actuelle de Koang-tcheou.
(3) Tsouo-ling = était au sud-ouest de Koang-tcheou 7U j*\ ' dont nous venons de parler. (Edition impér., vol. 9, p. 12).
(4) Tsieou = était au sud-est de .To-tch*eng Çjj JESi antique ville qui se trouvait à 90 li sud-est de Y-tch*eng bien E ÎR Hf» dans la préfecture de Siang-yang fou K /iï [Hou-pé]. (p. Fa., vol. 21, p. 28). — (g. Fa., vol. 79, p. 15).
(5) Si-che = On en ignore l'emplacement.
temps antiques. Avant de mourir, il avait demandé que ses descendants fussent toujours portiers du palais. Wen-wang était capable de comprendre et d'apprécier les services de cet homme loyal jusqu'à l'excès. L'historien fait observer que c'est à la louange de Tun et l'autre, et pour l'édification du lecteur qu'il a raconté ces détails.
Avant de passer au successeur de Wen-wang, il faut noter que la chronologie est ici un peu embrouillée. Le recueil Tongkien Kang-mou, vol. 14, p. 2, dit que ce prince est mort pendant l'été de l'année 675; Tsouo-k'ieou-ming, vol. 6, p. 10, donne cette môme année 675 ; le recueil Li-tai t'ong-ki-piao flS fÇ ]BI? ifi ^, vol. 1, p. 41^ indique l'année 677. Il y a donc un écart de deux ans. De plus, ce dernier recueil ne donne que trois années de règne à Tou-ngao Jg gf, fils de Wen-wang; tandis que Sema-ts'ien lui en attribue cinq. Par ailleurs, tous lès historiens placent la mort de Tou-ngao en 672 ; ainsi le doute repose seulement sur ces deux points, à savoir: la date exacte de la mort de Wen-wang, et par conséquent le nombre exact des années du règne de son fils. Je ne sais s'il y a quelque part des documents capables d'éclaircir la question. Nous avons suivi préférablement la chronologie du recueil Tong-kien kang-mou.