‹ Histoire du Sacrement De BaptemeChapitre 28 sur 445 · LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÈME

M. Joseph Bard a remarqué avec raison que les baptistères acquièrent une importance monumentale toujours plus grande, à mesure que du nord on se rapproche de l'Italie. Ceux du midi de la France paraissent en effet avoir été beaucoup plus nombreux et plus somptueux que ceux du nord. Quant à l'explication qu’en donne M. J. Bard, nous la livrons à l’appréciation de nos lecteurs : « C’est que la foi, dit-il (1), étant plus fervente dans les cœurs du Midi, les hommes de ces belles contrées durent attacher plus de prix aux monuments, gages du bonheur qu’ils éprouvaient d’être chrétiens. »

AmRE-sur-L’Apour (Landes). — Dans la crypte de l’église Sainte- Quitterie, on voit les restes d’un baptistère carré dans lequel on descend par trois degrés. Au gradin inférieur, on remarque une ouverture carrée faite au ciseau, par où l’eau du bassin s’écoulait vers la pente de la colline voisine.

AIX-EN-PROVENCE. — Le baptistère octogone, dédié à saint Jean, est situé entre la cathédrale, le cloître et une construction romaine. Bien que la tradition attribue son érection à saint Maximin, premier évêque d'Aix, il est évident qu'il ne remonte qu’au 1v° ou au v° siècle, dans es parties anciennes qui ont échappé à de funestes réparations. Aujourd’hui, la voûte moderne est soutenue par six colonnes de marbre vert antique et par deux autres en granit, qu’on croit toutes provenir d’un temple dedié au Soleil. Une large nef circulaire règne autour de cette colonnade. Le Chapitre de la cathédrale, installé dans cet édifice depuis le xr° siècle, modifia au xvi° l'architecture primitive. On supprima le second ordre de colonnes superposées ; les autels situés dans les entre-colonnements furent remplacés par d’autres autels en marbre, adossés contre les murs du pourtour et surmontés de tableaux non moins médiocres, représentant les sept sacrements. Des restaurations récentes ont achevé de dénaturer ce curieux édifice. On a recouvert avec les dalles du pavage des inscriptions antiques. Les fonts, cuve octogonale à arcatures, datent du xmi° ou du xrv° siècle.

ANGERS. — Vers la fin de 1878, on a découvert à Angers, en nivelant la place du Ralliement, près de l’emplacement de l’ancienne église

(1) Statistique des basil. de Lyon, p. 8.

de Saint-Maurille, les ruines d’une de ces salles de bains ecclésiastiques auxquelles le Code théodosien fait allusion, et les restes d’une construction de forme octogonale ayant 5 mètres de diamètre. « L'appareil, dit M. G. d'Espinay (r), est en tuffeau, à joints de moyenne largeur ; les pierres sont de forme allongée et posées à plat comme des briques.

Ce singulier mode de construction est employé spécialement aux arètiers ; les portions intermédiaires sont en petites pierres carrées, mais irrégulières. Du côté nord de notre octogone, se trouvait probablement la porte ; du seuil on descendait dans l’intérieur par trois marches. Sous les marches actuelles, qui paraissent avoir été déplacées, on en retrouve d’autres plus anciennes garnies de ciment rouge. Le sol était bétonné. On a ouvert au centre une grande excavation qui n’a amené aucun résultat. Deux murs, entre lesquels on voit encore une sorte de réduit rectangulaire, paraissent avoir jadis relié ce petit édifice octogonal à l’église Saint-Maurille. »

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