LIVRE XVIIT. — ICONOGRAPHIE DU BAPTÈME
Cavalleriis (saint Simon baptisant des convertis), Diepenbeke (B. de sainte Madeleine de Pazzi), Matthieu (B. de Clovis), Rembrandt (B. de l’'Eunuque), etc.
M. Paul Lacroix a donné le fac-similé (1) d’une gravure sur bois du Mirouer historial de France imprimé à Paris en 1516. Clovis est debout jusqu'à mi-cuisses dans des fonts pédiculés; ses reins sont ceints d’un linge. Parmi les personnages qui l'entourent, on remarque cinq évêques crossés et mitrés.
Nous trouvons dans /a Grande Guide des curez de Pierre Milhard, imprimée à Lyon en 1610, une gravure sur bois représentant des fonts dont le couvercle, terminé en forme de coupe, reçoit le flot de sang qui s'échappe du côté du Christ, attaché à une croix dont le pied plonge dans cette même coupe.
La première gravure de la Vita S. Maria-Magdalena de Pazzis, illustrée par Diepenbeke, représentele baptême de la Sainte. Le parrain met la main sur l’enfant que la marraine soutient horizontalement, la tête tournée vers les fonts.
Dans les Ecclesiæ anglicanæ trophæa, gravées par J. B. de Cavalleriis (1583), la 2° planche montre l'apôtre saint Simon prêchant l'Évangile en Angleterre; il tient en main la scie de son martyre et se dispose à baptiser ses auditeurs convertis, dans des fonts circulaires qui se trouvent en plein champ.
Matthieu Greuter a gravé une série fort bizarre intitulée : Schemata septem sacramentorum. Une femme, dont un linge ceint les reins, est agenouillée au milieu d’un bassin peu profond. Un personnage bicéphale, représentant l'union de la matière et de la forme, administre ainsi le sacrement : de la bouche de la tête masculine, part un rayon où on lit ces mots : T'e baptizo in nomine Patris et Filir et Spiritus Sancti, tandis que, du sommet de la tête féminine, jaillit un flot abondant, tombant en cascade sur la tête de la catéchumène qui vient de réciter le Credo dont elle tient la formule dans la main gauche. Le Saint-Esprit plane au-dessus, pour donner à la matière èt à la forme leur vertu sanctifiante, et se trouve entouré, comme les deux têtes, d’une immense auréole.
Bernard Picart a fait des compositions fort estimées qui ont été gravées dans son recueil des Cérémonies et Coulumes religieuses. Voici les titres de celles qui se rapportent à notre sujet : Tome IT,
(1) Vie religieuse et militaire au moyen dge, p. 4.
page 66 : Le baptême catholique; tome IIT, page 267, baptême des Russes; page 260, le baptême des Russes; page 375, baptême des Luthériens d'Augsbourg; page 306, baptême calviniste ; tome IV; page o1, le baptême domestique en Angleterre; page 207, baptême des Mennonites; page 331, baptême des Rhinsbourgeots ; tome Ar page 382, baptême des Lapons. Re Des séries de gravures, représentant les sept Sacrements, ont été publiées par Ph. Galle, d’après Martin de Vos, par C. Müller, etc.
ARTICLE VHI
Sculpture
ARE-sur-L'Apour. — Le P. Minazi voit une scène baptismale dans une sculpture assez énigmatique du sarcophage de sainte Quitterie. (Voir Revue de l’Art chrétien, t. XVIII, p. 139 et 142.)
AMIENS. — À la cathédrale, une arcade des clôtures du chœur représente saint Firmin baptisant Faustinien et Atille. Dans un médaillon voisin, on voit le baptème du père de saint Firmin.
On conserve au Musée d'Amiens une feuille de diptyque en ivoire, provenant du cabinet de M. Rigollot. Elle est divisée en trois compartiments. Le premier représente la résurrection qu’opéra saint Remi d’une jeune fille de Toulouse. La seconde scène figure un miracle raconté par Hincmar. Saint Remi allait baptiser un malade, quand il s’aperçut qu'il n'avait pas de chrême ni d'huile de catéchumènes; il ordonne alors de poser deux ampoules vides sur l’autel et se met en prières ; bientôt les deux vases furent miraculeusement remplis. Les fonts consistent dans une cuve de bois cerclée, garnie d’un drap intérieurement et extérieurement. Le baptême de Clovis est le sujet du troisième compartiment, Clovis est plongé jusqu’à la poitrine dans une cuve dont la profondeur réelle ne peut permettre que l’immersion des jambes. Saint Remi pose la main droite sur la tête du Roi. Un