LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÈME I
fantastique —
NS ÈSSS
Fonts de Chivy.
Concevreux. M. Édouard Fleury considère cette cuve comme remontant au iv° ou au v° siècle. « Elle est taillée, dit-il (r), dans un bloc considérable de grès compacte et à peine équarri, dans l'épaisseur duquel se voit creusée une.excavation en forme de croix. Elle a : lon-
Cuve baptismale de Concevreux.
gueur, 1" 58 en dehors œuvre, et 1" 10 en dedans; largeur, 1" 57 en dedans et o" 8o en dehors. L’excavation cruciforme a de o" 30 à 0" 35 de profondeur. Lourde et massive, elle était destinée à être déposée,
(1) Antiquités et Monuments du département de l'Aisne, t. II, p. 271. C’est à cet ouvrage, l'un des chefs-d'œuvre de l’Archéologie provinciale, que nous empruntons les dix gravures de fonts baptismaux du département de l’Aïsne,
en vue du baptême par immersion, à l'entrée de la primitive église. Le Catéchumène se plaçait au centre, les genoux pliés, la tête courbée et y recevait l’eau qui s'écoulait par un orifice percé au fond de l'excavation et à l'extrémité droite d’un des côtés étroits de la croix. Sur l’un des plats-bords des côtés longs, on aperçoit, à chacun des deux bouts, deux petites cavités où était scellée l'extrémité bifurquée de deux tiges verticales de fer auxquelles se rattachait, sans nul doute, une autre tige horizontale d'où devait tomber une étoffe, servant à dérober aux yeux des fidèles le Prêtre et le Catéchumène qu'on allait baptiser. » — Corbeny (x s.). — Coucy-le-Chäteau (xu° s.). « Cette
Fonts de Corbeny.
cuve, dit M. Édouard Fleury (1), est à six pans avec réservoir hémisphérique, c’est-à-dire en forme de coupe. La partie supérieure se | décore, aux angles, de masques ressemblant à ceux de quelques modillons de frises ou corniches, anges, personnages d'apparence fantastique, têtes diadémées, animaux s’entre-dévorant, figure féminine audessus d’une main étendue à plat, le tout accompagné de riches rinceaux de feuillages très variés. La cuve repose sur une base centrale et puissante que cantonnent des colonnes à base assez simples, mais à chapiteaux feuillagés et savamment traités. » — Ærlon (xr° s.). —
Cuve d’Erlon,
Jeantes. Fonts romans décorés d’animaux affrontés, entremêlés de
(1) Antiquités et monuments du département de l'Aisne, t. NL, p. 84.