DU 13 JUILLET
Nuus, D. Jeronimo José da Malta, par la grâce de Pieu et du saint-siège apostolique, évêque de Macao, l’un des conseillers de Sa Majesté très-lidèle, que Dieu Conserve, etc.,
K tous ceux qui verront ces présentes santé et paix au nom de N. S. Jésus-Clirist, qui est la vérité et la sainteté par excellence.
Il est venu à notre connaissance qu'une lettre que nous a envoyée le très-saint père Pie IX, le 10 mars dernier, a été publiée à Bombay, et il est probable que la même publicité a été donnée à une autre lettre que le très-saint père nous a adressée le 9 mai dernier, et de la(|uellc il ressort avec évidence que nous avons été cruellement calomnié auprès de Sa Sainteté par de fausses informations ; car il lui a été dit qu’en prêchant dans l'Église de N. D. da Gloria de Masagaon à Bombay, nous avions osé tromper notre auditoire en affirmant faussement que nous étions investi d'une licence apostolique, pour exercer les actes pontificaux que nous accomplimes en ce lieu, tandis que nous agîmes uniquement d’après le désir et l'autorisation du prélat diocésain de l'archevêché deGoa. Nous déclarons (|ue le respect dû à la dignité du caractère épiscopal dont notre humble personne est revêtue nous impose le stskt devoir de contredire les auteurs de cette abo-
tninuhie inlriguu ; nous déclarons donc soiâUUüllement par ces présentes, en la présence de Dieu, et à la face du monde entier, que les informations données ont été fausses, injustes et calomnieuses, que nous les repoussons avec la plus juste indignation, nous écriant en môme temps avec le Psalmiste: « lusmn'exerunt in me testes iniqui et mentila est iniquitas sibi. »
Il est vrai que nous tînmes un petit discours dans l'église ci-dessus mentionnée de Masagaon, mais notre langage a été celui qui convient à notre sacré ministère, le langage de la vérité, de la conciliation et de la paix. Nous n’avons pas articulé une seule parole de laquelle on puisse inférer, directement ou indirectement, que nousétions revêtu d’une licence, d’un mandat ou d’une autorité, autres que <îeux fondés sur la permission du diocésain de l’archevêclié de Goa. Kt, afin de prouver la sincérité de la présente déclaration, nous en appelions au témoignage impartial de tous ceux qui nous ont entendu en cette occasion; nous en appelons également au bon sens et à la probité de ceux qui nous counaissent en Asie et en Europe, et (|ui, nous en avons la consolante espérance, ont assez de confiance en notre honnêteté et en notre intégrité pour savoir que nous sommes incapable de bassesse et d’infamie, et de prononcer des mensonges dans la chaire môme de vérité !
Nous sommes convaincu également que le très-saint pèn*. qui nous connaît bien et dont nous respecton.s 4;randement les droites intentions, n’eût pas conçu une semblable opinion sur notre compte, s’il n'avait pas été complètement et honteusement trompé par des hommes qui ne comprennent pas la grandeur et la sain-
Ictê (If sa mission cl qui sont incapablfs de s’élever à sa hauteur. Il faut donc maintenant que nous fassions taire la répugnance que nous ont toujours inspirée les disputes et les controverses, parce que nous estimions qu’elles ne sont pas en harmonie avec la iwsition dans laquelle la grâce de Dieu nous a placé.
Donné en notre résidence à Raia, dans la province de Salsette de Goa, sous notre seing et sous le sceau de nos armes, le 10 juillet 1855.
Lï S. Jeronimo, évêque de Macao.
t*ar ordr(‘ du très-révérend évêque,
CoNÉuo t François Gaétan de Sant.v-.\nna et Gosta. secrétaire.
ClRCULAIKE DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL DKS INÜES I'0RTUGAISE>.
Au trcs-Uluslre François-Xavier Borges, gouverneur épiscopal des diocèses de Cochin elCranganor.
Illustre seigneur.
Les diverses missions et évêchés de l’Asie appartiens lient au patronage royal de Sa .Majesté trés-lidèle par un droit incontestahlc et illimité ; or, nous avons été informé que différents ecclésiastiques, dont l’autorité est illégalement établie en ces missions et évêchés, em-
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ploient, conirairement aux principes de la morale et de la droiture chrétiennes, tous les moyens que peuvent leur sugg(*rer l’ambition et une rapacité excessive, pour prendre possession des églises situées dans lesdits évéchés et missions ; ces tiglises ont été fondées au prix lie grands sacrifices et d'immenses dépenses par les Portugais, et depuis plus de trois siècles elles ont été entretenues par la piété des monarques et aux frais du trésor public du Portugal'. Il est venu en même temps a notre connaissance que les ecclésiastiques ci-dessus mentionnés ont transmis récemment aux gouverneurs légaux des évêchés et aux révérends pasteurs, dont ils veulent à tout prix s’assurer les bénéfices, lui Inrf (ipoHtoUqiw, qui, s’il n’est pas apocrjÿbc, a été au moins obtenu subrepticement du vertueux pontife qui occupe la chaire de Saint-Pierre ; ce bref menace de suspension et déclare schismatiques ceux qui sont pasteurs évangéliques légitimes, qui con.servent fidèlement leurs droits et qui d’ici à deux mois n’auront pas reconnu la juridiction et l’autorité contestable et contestée des prétendus vicaires apostoliques ou agents de la Propagande ; il m’appartient donc, en ma qualité de représentant de Sa Majesté très-fidèle dans cette partie du monde, de maintenir et protéger les droits et les prérogatives de la couronne de cette auguste dame ; et il est nécessaire que je rappelle à votre souvenir les faits suivants :
1" Les lettres royales du 5 avril 1652. du 24 mars
' lèallimiation du gouverneur esl en tous points contraire à la vérité. Les églises étaient dans l'abandon le plus complet lors de l’établis.semenl des vicariats apostoliques.
1724 et divers autres diicrets de différentes dates défendant aux sujets portugais* d’exécuter aucune bulle nu rescrit pontifical qui ne serait pas accompagné, de de la permission royale ;
2“ Les principes de l’honneur, aussi bien que ceux que nous enseigne l’Évangile de J. G. .obligent tous les honnêtes gens et tous les bons chrétiens à ne pas livrer la propriété d’un individu à un autre sans le consentement du possesseur.
3" Et enfin la dépêche n® 2,608 du 5 août de l’an dernier, du ministre de la marine et des affaires étrangères, laquelle a été publiée dans le bulletin n* 41 de la même année, déclare que Sa Majesté très-fidéle est fermement résolue à ne pas céder les prérogatives qui lui appartiennent en sa qualité de patronne des Églises d'Asie.
Après tout ce. qui vient d’être dit, j’ai la ferme confiance que Votre Honneur considérera comme nul et sans effet le bref mentionné du 9 mai de l’année courante, et que vous traiterez avec mépris les menaces de ceux qui ont eu l’audace et l’impudeur de l’extorquer, et (|uisont en outre des traîtres et des spoliateurs.
Que Dieu préserve Votre Honneur.
,Nova-Goa, t8 juillet 1853.
Vicomte de Vilh Nova d’Odbem.
.V. B, La même pièce a été expédiée aux gouverneurs et vicairt>s généraux dos évêchés siiffragants attachés à cet archevêché et aux différents missionnaires.
* l.e.s sujets iiii|jliiis iiiix Indes sont-ils eu même teinus sujets portugais?
4RCHEvi!:rHt: np r.oA. — pastoralf*.
I). JoachimdcS. Rita Bothello, évêque élu deCochin, membre du conseil de Sa Majesté très-fidèle, commandeur de Tordre du Christ, vicaire capitulaire et gouverneur temporaire de Tarchevêché de Goa, •
« A tous ceux auxquels il appartient d'avoir connaissance de ces présentes, santé et paix au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
(( Nous avons été officiellement informé, le 4 de ce mois, par le très- révérend Antoine-Mariano Suarez, archidiacre de cette métropole et vicaire général du Nord, qu'une lettre datée du i*' de ce mois, accompagnée d'une copie de l'encyclique attribuée au très-saint père Pie IX, et datée du 9 mai, avait été envoyée au susdit archidiacre par le très-illustre vicaire apostolique de Bombay, et que la même encyclique avait été retournée au ci-dessus mentionné très-illustre vicaire apostolique, en lui signifiant qu’elle ne pourrait être reçue que si elle était transmise par l'autorité compétente. I
(( En même temps, nous avons reçu par la' même voie la feuille périodique appelée Catholic Examiner,
* Nous avions rintention do traduire cette pièce dans son inté> grité ; mais le style en est si ampoulé, si ridicule, si inintelligible en bien des parties, que nous avons été obligé de renoncer à notre entreprise; et de nous borner h en donner les fragments qui peuvent 86 comprendre.
du 2 juillet, et on nous a donné le press^mt avis de nous tenir en garde contre ladite encyclique, qui porle le titre de bref apostolique, et qui n’est ni revêtue ni corroborée par le beneplacito de la Reine trés-fidèle, lequel est absolument nécessaire pour prouver que le bref ne contient rien qui porte préjudice aux droits de ladite reine, non -seulement en sa qualité de souveraine du Portugal et de ses autres domaines, mais encore comme administratrice perpétuelle et défenseur de la milice de l’ordre de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Nous soupçonnâmes immédiaUunent que ledit bref était apocryphe et faux. »
Ici, M. l’évêque élu de Cochin indique en termes presque incompréhensibles les motifs de ses soupçons, il cite à tort et à travers les anciens usages, les droits des chapitres, les actes des Apôtres et le concile de Trente, et il ajoute ;
« C’est pourquoi nous ne pouvons souffrir ejue les droits de notre juridiction ordinaire soient troublés et envahis, et nous enjoignons à nos sujets et irès-cbei-s frères de ne pas se soumettre à des supérieurs étrangers en conséquence de ce bref apostolique , tant que nous ne connaîtrons pas les résolutions définitives de notre auguste Reine, louchant cet événement si étrange et inattendu. »
Puis l’intrus, après avoir déclaré que le décret c;rc^ssivement détestable et apoci'yphe, qu’on veut donnei* comme mandat légitime du souverain pontife, n’est publié que dans des vues ambitieuses et afin de favoriser l’usurpalion, dit :
€ Nt)us avons nombreux et puissants .motifs pour
liaiiter que le prétendu bref ait été signé par le saintpére, dont les éminentes vertus demeurées pures ei sans taches dans des temps critiques et agités ont attiré les cœurs de ses ennemis eux-mêmes, et qui par des moyens doux et agréables a éloigné la barque de saint Pierre de tous lesp(>rils et l’en a délivrée. Or, en •'.onsidérant la nature des qualités édifiantes et exemplaires qui ont brillé dans toute la ligne de conduih! du souverain pontife ( que Dieu le conserve longtemps), on reconnaît évidemment qu'il n’a pas pu consentir à la rédaction d’un bref qu’on essaye séditieusement de lui attribuer et qui tend à dépouiller la couronne de Portugal de ses droits. »
Vient alors un panégyrique de la manière dont h*
Portugal a acquis ces droits au prix de sacrifices immenses en tous genres, et de l’usage (]u’il en a fait de temps immémorial ; le prétendu évêque élu ordonne ensuite que le bref soit considéré comme nul et non avenu, /wrce qu'on ne pourrait s'y soumettre sans violer tnanifestement et île la manière la pbis criminelU‘ les droits sacrés du patronage de la très-auyuste reiue de Portugal, et il termine ainsi qu’il suit :
« Tous les gouverneurs épiscopaux, vicaires généraux et curés soumis à notre juridiction métropolitaine, •
à Bombay et en d'autres lieux où le 'bref apostolique sera présenté, continueront l’exercice de leurs fonctions. au mépris de ce qu’essayeront de leur insinuer les ennemis du patronage royal ; dans la ferme conviction que notre souverain pontife Pie IX, qui est le prototype et le modèle de tout droit et toute justifle. ne dédaignera jias de nous reconnaître comme des en-
fnnts exlraordiuairunient obéissants, lorsqu'il sera informé de la vérité, que nous invoquons en faveur de notre cause; le saint-père reconnaîtra également alors que nous sommes ses véritables sujets en vertu de la pureté de notre foi, de notre orthodoxie, de notre attachement étroit et de notre humble dévouement à la très-sainte personne de celui qui est heureusement en ce jour le vicaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la terre.
« l’our conclusion, nous ordonnons que notre présente circulaire soit expliquée par les curés des différentes paroisses, les dimanches et fêtes pendant la grand’ messe. Ils conserveront avec soin l’original de In pièce, qui a été transcrite au livre des décrétales ; et ils nous feront savoir immédiatement que nos ordres ont été exécutés et accomplis.
« Donné en notre résidence épiscopale de Betim, le 21 juillet 1855. sous notre sceau et sous celui des armes du très-illustre et très-révérend chapitre.
Li'vêqm élu de Cochin.