CHAPITRE XXXVL
Du CALVINISME AU TEMPS DE LoUIS XIV.
20 II est affreux sans doute que l'Église chrétienne ait toujours été déchirée par ses querelles, et que le sang ait coulé pendant tant de siècles par des mains qui portaient le Dieu de la paix. Cette fureur fut inconnue au paganisme. Il couvrit la terre de ténèbres, mais il ne l'arrosa guère que du
25 sang des animaux; et si quelquefois, chez les Juifs et chez les païens, on dévoua des victimes humaines, ces dévouements, tout horribles qu'ils étaient, ne causèrent point de guerres civiles. La religion des païens ne consistait que dans la morale et dans les fêtes. La morale, qui est com-
30 mune aux hommes de tous les temps et de tous les lieux, et les fêtes, qui n'étaient que des réjouissances, ne pouvaient troubler le genre humain.
L'esprit dogmatique apporta chez les hommes la fureur des guerres de religion. J'ai recherché longtemps comment
35 et pourquoi cet esprit dogmatique, qui divisa les écoles de